Dans la commune de Médinatoul Salam 2, où vivent 29 659 habitants sur une superficie de 310 km², l’agriculture et l’élevage restent les principales activités économiques. Selon le maire, Modou Seck, 80 % de la population tire ses revenus de l’agriculture, 12 % de l’élevage, 4 % du commerce et les 4 % restants d’autres métiers.
« L’agriculture et l’élevage sont étroitement liés : l’agriculteur possède souvent des animaux, et l’éleveur pratique également l’agriculture. Pourtant, chacun cherche à protéger ses intérêts, ce qui provoque parfois des tensions », explique le maire. Pour favoriser une meilleure cohabitation, il a pris des mesures fortes, notamment un arrêté interdisant l’arrivée des éleveurs transhumants dans la commune à partir du 15 janvier. Des séances de sensibilisation et des débats sont également organisés régulièrement pour la gestion des conflits, avec la participation des agriculteurs et des éleveurs.
Par ailleurs, Modou Seck appelle l’État à repenser la campagne de commercialisation de l’arachide. Selon lui, l’ouverture des frontières à des opérateurs étrangers, notamment chinois, permettrait de dynamiser toute la chaîne agricole, de créer des emplois dans les zones rurales et de faciliter la vente des récoltes pour les producteurs. « Aujourd’hui, le gouvernement protège les usines au détriment des paysans, alors qu’il serait plus judicieux de soutenir les 5 à 7 millions d’agriculteurs qui travaillent avec leurs familles », insiste-t-il.
Le maire propose aussi de renforcer les coopératives agricoles communautaires, de former les producteurs et de leur laisser plus de marge de gestion. Il plaide pour la mise en place de deux saisons agricoles, la construction d’usines de transformation et la signature de conventions avec des partenaires pour l’achat des récoltes. Selon lui, ces mesures permettraient aux paysans de mieux valoriser leurs productions et d’éviter de longs déplacements pour vendre leurs produits.
« Les autorités initient souvent des formations pour les producteurs… sans véritable suivi », regrette Modou Seck, qui souhaite voir une politique agricole plus inclusive et pragmatique pour le développement durable de la commune et du département de Kaffrine.
Mamadou Ndiaye
