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Infrastructure et équité : l’urgence de réhabiliter la route Keur Martin – Diohine – Toucar – Wakhal Diam

Infrastructure et équité : l’urgence de réhabiliter la route Keur Martin – Diohine – Toucar – Wakhal Diam Spécial

Route Keur Martin – Diohine – Toucar – Wakhal Diam : ce n’est pas seulement du bitume, c’est l’accès à l’école, au marché et aux soins ; c’est un impératif de justice territoriale. 

Dans le débat sur le développement au Sénégal, les infrastructures routières sont souvent perçues comme de simples ouvrages techniques. Pourtant, dans les zones rurales, elles constituent un déterminant central du progrès économique et social. La route Keur Martin – Diohine – Toucar – Wakhal Diam illustre parfaitement cette réalité. 

Son état de dégradation avancée limite fortement l’intégration économique des territoires qu’elle dessert. 

Pour les producteurs agricoles, les difficultés d’écoulement des récoltes entraînent des pertes évitables, tandis que l’augmentation des coûts de transport réduit la compétitivité des produits locaux. Chaque hivernage accentue l’isolement de ces localités, décourage l’investissement et fragilise des revenus déjà précaires. Cette situation va à l’encontre des ambitions nationales en matière de souveraineté alimentaire et de développement des filières locales. 

L’impact de cette route défaillante se mesure également sur le plan social. Pour de nombreux élèves, l’accès régulier à l’école reste conditionné par l’état de la voie. Retards, absences répétées et parfois abandons scolaires trouvent leur origine dans cet enclavement. Comment promouvoir l’égalité des chances lorsque l’accès au savoir dépend de l’état d’une piste rurale ? 

La question de la santé est tout aussi préoccupante. Une route impraticable complique l’accès aux postes et centres de santé, retarde les évacuations sanitaires et peut, dans certaines situations, mettre des vies en danger. L’équité en matière de santé ne peut être dissociée de la disponibilité d’infrastructures de base fiables et durables. 

Ce dossier n’est pas nouveau. La route Keur Martin – Diohine – Toucar – Wakhal Diam a fait l’objet, au fil des années, d’annonces et d’engagements institutionnels répétés. Pourtant, sa prise en charge effective tarde encore à se concrétiser dans les programmations budgétaires. Cette situation alimente un sentiment d’abandon au sein des populations concernées, qui ne réclament ni privilèges ni traitements de faveur, mais le respect de leur droit fondamental à la mobilité et au développement. 

En tant qu’élu local, témoin des réalités du terrain, je considère que l’investissement dans cette infrastructure relève d’un choix stratégique. Il s’inscrit pleinement dans les orientations de la Vision Sénégal 2050, fondée sur l’équité territoriale, la cohésion nationale et le développement inclusif. Désenclaver Keur Martin, Diohine, 

Toucar et Wakhal Diam, ce n’est pas favoriser une zone au détriment d’une autre ; c’est corriger une inégalité structurelle et permettre à ces territoires de contribuer pleinement à l’économie nationale. 

Investir dans cette route, c’est investir dans l’agriculture, l’éducation, la santé et la dignité humaine. C’est surtout rappeler que le développement ne se décrète pas uniquement dans les stratégies nationales, mais se construit aussi à partir d’infrastructures de proximité, concrètes et essentielles. 

Car, en définitive, cette route n’est pas un luxe. 

Elle n’est pas uniquement du bitume. 

Elle est l’accès au marché, à l’école et aux soins. 

Guy Martial Diagne 

Ingénieur en Génie civil 

Conseiller municipal à Diarrère depuis 2022 

Membre de la Coalition Diomaye Président – Élection présidentielle 2024 

Vice-coordinateur de la Coalition PASTEF – Élections législatives 2024 (Commune Diarrère) 

Directeur de campagne adjoint Coalition PASTEF – Élections législatives 2024(Département de Fatick)

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