Un atelier national de restitution consacré aux vulnérabilités climatiques et aux dynamiques de mobilité s’est tenu ce mardi dans la capitale sénégalaise, marquant une étape clé dans la mise en œuvre du projet EMBRACE. Cette initiative vise à renforcer la résilience des communautés, en particulier celle des femmes, face aux effets croissants du changement climatique.
Organisée avec la participation de représentants des institutions publiques, des collectivités territoriales, de la société civile et des communautés locales, la rencontre a permis de partager les résultats d’une étude participative menée dans plusieurs régions du pays, notamment Kolda, Kédougou, Matam, Tambacounda et Thiès.
Les travaux présentés mettent en évidence une intensification des phénomènes climatiques extrêmes, tels que les sécheresses, les inondations et la variabilité des précipitations. Ces aléas affectent directement des secteurs essentiels à l’économie locale, notamment l’agriculture pluviale, l’élevage et la pêche artisanale.
Dans ces zones, déjà marquées par des fragilités socio-économiques structurelles, ces perturbations contribuent à accentuer la précarité des ménages, tout en exerçant une pression accrue sur les ressources naturelles.
L’étude souligne également le caractère différencié des impacts du changement climatique selon le genre. Les femmes, fortement impliquées dans la gestion des ressources naturelles et les activités de subsistance, demeurent confrontées à des contraintes importantes, notamment un accès limité aux ressources productives, aux services financiers et aux mécanismes de prise de décision.
Dans ce contexte, le projet EMBRACE propose de renforcer les capacités d’adaptation des femmes, en valorisant leur rôle dans les stratégies de résilience communautaire et en soutenant leurs initiatives locales.
Les dynamiques de mobilité constituent un autre axe central de l’analyse. Selon les conclusions de l’étude, la migration apparaît, pour de nombreux ménages, comme une réponse aux contraintes environnementales et économiques.
Toutefois, comme l’a indiqué le coordonnateur du programme, Lawali Abdoulaye Hassan, « l’enjeu est de transformer la mobilité en une stratégie d’adaptation planifiée, plutôt qu’en une réponse contrainte aux effets du changement climatique ».
Parallèlement, certaines populations restent confrontées à des situations d’immobilité forcée, liées à l’insuffisance de ressources, ce qui limite leurs capacités d’adaptation.
L’atelier a permis de valider les principales conclusions de l’étude et de recueillir les contributions des différentes parties prenantes. Les échanges ont notamment porté sur l’intégration des dimensions de genre et de mobilité dans les politiques publiques d’adaptation climatique.
Le projet EMBRACE, lancé en 2025 pour une durée de trois ans, s’inscrit dans une logique de recherche-action. À ce titre, ses interventions seront progressivement ajustées en fonction des besoins exprimés par les communautés bénéficiaires.
À l’issue des travaux, plusieurs orientations stratégiques ont été formulées. Elles portent notamment sur le renforcement des capacités locales, l’appui aux initiatives économiques sensibles au climat et la promotion de cadres de concertation inclusifs.
Les participants ont également insisté sur la ضرورة de consolider les partenariats entre acteurs publics, organisations de la société civile et partenaires techniques et financiers, afin de garantir une mise en œuvre efficace et durable des actions envisagées.
La tenue de cet atelier marque ainsi le lancement officiel du projet au niveau national et ouvre la voie à une meilleure prise en compte des interactions entre changement climatique, genre et mobilité dans les politiques de développement au Sénégal.
M. Touré
