Pour le Sénégal, Pays de la Teranga, Terre de démocratie et de stabilité institutionnelle, l’heure est venue de restaurer pleinement son image et son attractivité sur la scène internationale à travers une diplomatie plus résiliente, plus crédible et davantage orientée vers les enjeux économiques.
Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude économique, la recomposition des alliances géopolitiques et la forte concurrence entre nations pour capter les investissements directs étrangers, le Sénégal se doit de projeter une image de stabilité, de cohérence institutionnelle et de maturité politique. Cela suppose la mise en place d’une gouvernance apaisée, inclusive et fédératrice, portée par un gouvernement d’union nationale composé de personnalités reconnues pour leur maturité politique et leur solide expertise.
Le choix d’hommes et de femmes d’Etat présentant un background institutionnel et économique de premier ordre constituerait un signal fort envoyé aux partenaires internationaux (bailleurs de fonds, investisseurs, etc). La confiance des marchés repose avant tout sur la prévisibilité, la stabilité réglementaire et la qualité de la gouvernance publique. Sans ces fondamentaux, les flux d’investissement ralentissent, le coût du financement augmente et la compétitivité nationale s’affaiblit.
Le Sénégal doit ainsi retrouver sa position de référence en Afrique de l’Ouest, en réaffirmant son statut de place forte diplomatique, de hub économique régional et de destination privilégiée pour les capitaux internationaux. Il en va de notre crédibilité souveraine, mais également de notre capacité à soutenir durablement la croissance, l’emploi et la transformation structurelle de notre économie.
Par ailleurs, à titre personnel et en toute modestie, je recommanderais à l’Etat d’initier un dialogue stratégique avec le secteur privé, principal moteur de la création de richesse et de la valeur ajoutée nationale. Une attention particulière devrait être accordée au secteur industriel dans toute sa diversité, véritable levier de souveraineté économique, de compétitivité et de résilience productive, sans pour autant oublier le secteur des services, qui représente environ 60 % du PIB.
Aujourd’hui, un climat d’incertitude et d’anxiété économique persiste au sein du tissu entrepreneurial national. Les industriels, les PME, les investisseurs locaux ainsi que les acteurs financiers ont besoin de visibilité, de stabilité fiscale, de sécurité juridique et d’un cadre réglementaire rassurant pour engager durablement leurs capitaux. Sans confiance, il n’y a ni investissement massif, ni création d’emplois soutenue, ni industrialisation effective.
Un dialogue structuré et orienté vers des solutions concrètes permettrait de désamorcer les tensions, de restaurer la confiance et de repositionner le partenariat public-privé comme pilier central de la relance économique nationale. La croissance durable ne peut être portée uniquement par l’Etat ; elle repose nécessairement sur une synergie forte entre action publique et initiative privée.
Face aux tensions persistantes dans la sous-région, notamment autour de la situation au Mali, le retour progressif de notre pays frère au sein de la CEDEAO constitue un enjeu majeur pour l’équilibre sécuritaire et économique régional.
Dans cette perspective, le Sénégal, en raison de son positionnement diplomatique et de son rôle traditionnel de médiateur, pourrait utilement contribuer aux efforts de stabilisation, au renforcement du dialogue régional ainsi qu’à la préservation des intérêts communs de l’espace communautaire.
Alassane LY - B&F
