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« Assemblée nationale : Tacku Wallu dénonce un “coup de force institutionnel” et interpelle le président Diomaye Faye »

« Assemblée nationale : Tacku Wallu dénonce un “coup de force institutionnel” et interpelle le président Diomaye Faye » Spécial

Lors d’une conférence de presse tenue ce week-end à Dakar, les députés du groupe parlementaire Tacku Wallu Sénégal ont vivement dénoncé ce qu’ils qualifient de « grave dérive institutionnelle » à l’Assemblée nationale. Face aux journalistes, les responsables du groupe d’opposition ont accusé la majorité parlementaire de vouloir imposer, dans « la précipitation », le retour de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, en violation du règlement intérieur et de la Constitution.

Prenant la parole au nom du groupe parlementaire, les responsables de Tacku Wallu ont présenté cette sortie médiatique comme « un exercice républicain d’alerte » destiné à informer les Sénégalais sur ce qu’ils considèrent comme une menace contre les institutions. Selon eux, les événements récents à l’Assemblée nationale pourraient « jeter le trouble dans le pays » si le processus engagé n’est pas stoppé immédiatement.

Les députés de l’opposition ont notamment contesté la démission de Malick Ndiaye de son poste de président de l’Assemblée nationale. D’après eux, cette démission n’a pas respecté les procédures prévues par le règlement intérieur de l’institution. Ils soutiennent que seule une constatation officielle du bureau suivie d’une information de l’Assemblée plénière pouvait valider une telle décision.

Mais le principal point de friction demeure la situation parlementaire du Premier ministre Ousmane Sonko. Les députés de Tacku Wallu estiment que la Constitution sénégalaise interdit à un membre du gouvernement d’exercer simultanément un mandat parlementaire. Ils rappellent qu’au moment de son élection comme député lors des législatives de 2024, Ousmane Sonko occupait déjà les fonctions de Premier ministre.

Selon leur interprétation des articles 54 de la Constitution et 123 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le chef du gouvernement aurait implicitement renoncé à son mandat de député en choisissant de rester à la Primature après les élections. « Un député devenu membre du gouvernement est considéré comme démissionnaire de son mandat parlementaire s’il ne fait pas de choix dans les délais prévus », ont-ils insisté.

Les responsables de l’opposition jugent ainsi « illégal » tout retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Ils dénoncent également une « manœuvre politique » menée dans l’urgence, après des convocations transmises par WhatsApp aux membres du bureau de l’Assemblée nationale.

Dans un ton grave, les députés de Tacku Wallu ont lancé un appel solennel au président de la République Bassirou Diomaye Faye. Ils lui demandent de saisir le Conseil constitutionnel afin qu’il se prononce sur la légalité du retour d’Ousmane Sonko au Parlement. Pour eux, le chef de l’État doit jouer pleinement son rôle de garant des institutions et éviter ce qu’ils qualifient de « coup de force institutionnel ».

« Le Sénégal a toujours été un État de droit respecté pour la solidité de ses institutions. Nous refusons qu’une situation politique personnelle fragilise l’Assemblée nationale », ont conclu les députés de Tacku Wallu Sénégal, appelant à la préservation de l’équilibre institutionnel du pays.

Mamadou Touré 

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