Le président du parti Sunu Natangué Réew, Maïssa Damel Fall, est sorti de son silence pour interpeller le président de la République Bassirou Diomaye Faye sur la situation politique du Sénégal et les tensions présumées avec son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une déclaration au ton ferme, il a également appelé le peuple sénégalais à se mobiliser pour défendre les institutions républicaines, notamment à travers une présence à l’Assemblée nationale.
Dans son intervention, Maïssa Damel Fall a rappelé les positions défendues par son parti depuis sa création, affirmant que toute personne aspirant à diriger le Sénégal doit porter le pays « dans ses tripes, dans ses veines et jusque dans les replis de son cœur ». Selon lui, les deux premières années du régime actuel ont été marquées par des pertes de temps et un manque de hauteur dans l’exercice du pouvoir.
Le leader politique estime que le président Bassirou Diomaye Faye doit désormais démontrer qu’il « habite pleinement sa fonction » en tant que garant des institutions et de la stabilité nationale. Il considère que la rupture avec son ancien Premier ministre ne peut se limiter à un simple limogeage, mais doit se traduire par une gestion responsable des tensions politiques qui, selon lui, menacent l’équilibre du pays.
Revenant sur une déclaration faite le 20 juillet 2025, Maïssa Damel Fall affirme avoir interpellé les autorités après des informations faisant état de groupes qui chercheraient à acquérir des armes. Il appelle ainsi l’État à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver la sécurité nationale et empêcher toute tentative de déstabilisation.
Faisant référence à la crise politique de 1962 au Sénégal, il met en garde contre un retour aux divisions du passé, estimant que le Sénégal doit au contraire poursuivre le renforcement de sa démocratie.
Dans son adresse au peuple sénégalais, le président de Sunu Natangué Réew a insisté sur le rôle des citoyens dans la préservation des institutions. Il a invité les Sénégalais à manifester leur soutien à la République et à défendre les valeurs communes du pays, notamment à travers une mobilisation autour de l’Assemblée nationale.
« Être Sénégalais, ce n’est pas simplement une carte d’identité. Être Sénégalais, c’est un comportement et une détermination à défendre la République », a-t-il déclaré.
Maïssa Damel Fall a également critiqué le parti Pastef, qu’il accuse de manipulation politique. Revenant sur ses anciennes déclarations, il affirme avoir qualifié autrefois Ousmane Sonko de « Premier ministre président » puis de « Premier ministre opposant », dénonçant ce qu’il considère comme une confusion entretenue dans l’opinion publique.
Tout en estimant que le peuple sénégalais « n’est pas dupe », il avertit que toute tentative de manipulation politique pourrait être sanctionnée dans les urnes lors de l’élection présidentielle de 2029.
Une sortie qui relance le débat politique car cette prise de parole intervient dans un contexte politique marqué par des interrogations sur les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien chef du gouvernement, ainsi que sur l’évolution du climat politique au Sénégal. Les prochains mois pourraient ainsi être déterminants pour la stabilité institutionnelle et l’avenir du débat démocratique dans le pays.
M. Touré
