La capitale sénégalaise a abrité, ce mercredi 6 mai 2026, la quatrième édition du Forum international de Dakar sur l’environnement, l’économie verte et le climat, une initiative de Actions Citoyennes sur le Climat (ACC), en collaboration avec plusieurs partenaires techniques et financiers.
Placée sous le thème « Transition écologique, finance verte, sécurité alimentaire, pastoralisme et gouvernance climatique : quels défis pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre ? », cette rencontre d’envergure a rassemblé plus de 500 participants venus d’horizons divers, notamment des institutions publiques, du secteur privé, des ONG, du monde académique ainsi que de la société civile
Dans un contexte marqué par une aggravation des effets du changement climatique, les intervenants ont dressé un constat préoccupant : l’Afrique de l’Ouest et du Centre fait face à une convergence de crises environnementales, économiques et sociales. La dégradation des ressources naturelles, la perte de biodiversité, l’insécurité alimentaire et la fragilisation du pastoralisme constituent autant de défis urgents à relever.
Le forum a ainsi offert un cadre d’échanges pour mieux comprendre ces enjeux, identifier des solutions locales et promouvoir une approche intégrée du développement durable.
Prenant la parole, le président de l’ACC, Ousmane Kandé, a souligné l’importance de fédérer l’ensemble des acteurs autour de la transition écologique.
Selon lui, ce forum constitue un espace scientifique et citoyen visant à sensibiliser, mobiliser et proposer des réponses concrètes face aux impacts du changement climatique. Il a insisté sur la nécessité de repenser les modèles de développement, en favorisant une transition écologique juste, inclusive et adaptée aux réalités africaines.
Il a également rappelé que les pays africains restent confrontés à un déficit de financement climatique, malgré les opportunités offertes par la finance verte, les marchés carbone et les partenariats publics-privés.
Dans une intervention engagée, Khady Camara, écoféministe et présidente de l’Association Vacances Vertes, a mis en lumière les inégalités face aux impacts climatiques.
Elle a rappelé que les femmes, particulièrement en milieu rural, sont en première ligne face aux effets du changement climatique, tout en étant des actrices clés de la résilience communautaire.
Plaidant pour une approche écoféministe, elle a appelé à :
● Une meilleure accessibilité des financements climatiques pour les femmes
● La promotion de l’agroécologie
● Le soutien aux circuits courts
● L’intégration des femmes dans les politiques climatiques
« La transition écologique doit être juste, sinon elle ne sera ni viable ni durable », a-t-elle martelé.
Représentant le ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique, Malick Ba a mis en avant le rôle stratégique de la formation dans la transition écologique.
Il a souligné que les métiers verts constituent une opportunité majeure d’insertion professionnelle pour les jeunes, à travers :
■ L’intégration des compétences vertes dans les programmes de formation
■ Le développement de filières liées à l’économie circulaire et à l’agroécologie
■ La digitalisation des parcours de formation.
Pour lui, la transition écologique représente non seulement un impératif environnemental, mais aussi une opportunité économique et sociale pour le Sénégal et le continent africain.
Au-delà des échanges, le forum a mis en évidence la nécessité de renforcer la gouvernance climatique, encore jugée fragile et insuffisamment inclusive.
Les participants ont plaidé pour :
● Une meilleure coordination régionale
● Une implication accrue des jeunes et des femmes
● Des institutions plus fortes et transparentes
● Des politiques publiques intégrant les solutions locales
Cette quatrième édition du Forum international de Dakar confirme la volonté des acteurs africains de reprendre l’initiative face aux défis climatiques.
Au terme des travaux, un consensus se dégage : l’Afrique ne doit plus subir les effets du changement climatique, mais devenir un acteur majeur de la transition écologique mondiale, en s’appuyant sur ses ressources, ses savoirs et sa jeunesse
Moussa Diba
