La 25ᵉ session des Assises économiques annuelles du Mouvement des Entreprises du Sénégal (MEDS) s’est ouverte ce jeudi 10 septembre au King Fahd Palace, autour d’une thématique au cœur des enjeux économiques et géopolitiques actuels : « Transition énergétique mondiale et recomposition géoéconomique : quelle stratégie de souveraineté, de valorisation des ressources et de transformation structurelle pour le Sénégal ? ».
Prenant la parole à l’ouverture de cette rencontre, le président du Haut Conseil du Dialogue social (HCDS) a salué la constance et la persévérance du président du MEDS, Mbagnick Diop, ainsi que l’ensemble des membres de l’organisation, qui ont su maintenir la régularité de cet important rendez-vous économique depuis sa première édition.
Selon lui, les recommandations issues des Assises ont toujours constitué une matière précieuse pour accompagner les politiques publiques. Ces contributions, élaborées à partir des analyses de grands experts et universitaires sénégalais, sont également enrichies par l’expérience pratique des principaux acteurs du secteur privé national.
Pour le président du HCDS, cette démarche illustre pleinement l’engagement du MEDS en faveur du partenariat public-privé et sa contribution à la réussite des projets et réformes engagés pour le développement du Sénégal. Il a notamment relevé la pertinence des thèmes choisis à chaque édition, lesquels restent étroitement liés aux enjeux du moment et au contexte de mise en œuvre des politiques publiques.
L’énergie, nouvel enjeu de souveraineté
Abordant le thème de cette 25ᵉ édition, le président du HCDS a souligné sa parfaite cohérence avec la Vision Sénégal 2050, particulièrement sur la question de la souveraineté de l’État dans ses différentes politiques de développement.
Dans un contexte mondial marqué par de profondes mutations, l’énergie, a-t-il estimé, ne peut plus être considérée comme un simple secteur économique. Elle constitue désormais « un instrument de puissance, de compétitivité et de souveraineté ».
Cette réalité revêt une importance particulière pour le Sénégal, désormais engagé dans une nouvelle phase de son histoire économique avec l’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières. Une opportunité historique qui, selon M. Fally Seck, s’accompagne d’une responsabilité tout aussi importante.
L’enjeu, a-t-il insisté, n’est pas seulement de mesurer les volumes de pétrole et de gaz qui seront produits. Il s’agit surtout de déterminer l’usage qui sera fait de ces ressources et leur capacité à provoquer une véritable transformation structurelle de l’économie nationale.
« Que voulons-nous faire de ces ressources ? », a-t-il lancé, invitant à réfléchir à leur transformation en usines, emplois, infrastructures, compétences et entreprises sénégalaises plus fortes, mais également en électricité compétitive, en agriculture moderne et en capacités industrielles.
Transformer la rente en développement durable
Derrière ces interrogations se trouve, selon lui, la question fondamentale de l’impact des ressources naturelles sur les conditions de vie des populations. La richesse issue du pétrole et du gaz doit ainsi être mise au service d’un développement durable et inclusif, capable d’améliorer concrètement le quotidien des Sénégalais.
Le président du HCDS a également replacé ces enjeux dans le contexte géopolitique international, marqué notamment par les tensions entre l’Iran et les États-Unis ainsi que par la guerre russo-ukrainienne. Ces crises ont contribué à accroître les incertitudes sur les marchés internationaux et à accentuer les pressions sur les prix de l’énergie.
Monsieur Fally Seck a ainsi évoqué les fortes hausses enregistrées sur les marchés internationaux, avec une progression de 61 % du prix du gasoil et de 69 % de celui du supercarburant, selon les données citées dans son intervention. Une situation qui pèse particulièrement sur les économies dépendantes des importations de produits pétroliers.
Pour le président du HCDS, ce contexte international démontre toute la pertinence du thème retenu par le MEDS. Il invite le Sénégal à penser dès maintenant une stratégie énergétique et économique permettant de renforcer sa souveraineté, de mieux valoriser ses ressources naturelles et surtout de faire de la transition énergétique un véritable levier de transformation structurelle de l’économie nationale.
