La rédaction
L' ISEG SUR LA LISTE NOIRE DES ÉCOLES PRIVÉES SUPÉRIEURE : Quand le populisme et l'approximation sont érigés en règle de gouvernance éducative.
Tel un coup de massue, l'information est rendue publique: L'ISEG fait partie des établissements supérieurs du pays sur liste noire. Donc non habilitées à donner des enseignements. Loin de nous l'intention d'être l'avocat du diable pour défendre l'indéfendable. Pas question également de denier à l'État son rôle régalien de définir la politique éducative de la nation et d'en fixer les règles. Toutefois, il est des démarches et des méthodes qui nous paraissent assez radicales, cavalières et légères pour être tues.
C'est un secret de polichinelle, depuis plus de 40 and l'ISEG a, comme d'autres établissements supérieurs privés, contribué à la formation de plusieurs générations de sénégalais. Ils n'en finissent pas de valoir à la nation de grandes satisfactions. Rien que dans le domaine de la communication, ils sont nombreux les journalistes et autres Communicants, anciens de l'ISEG, à faire la fierté de la nation. L' On nous objectera, sans nul doute, que le problème ne se situe pas à ce niveau. Que c'est une question d'application de règles qui régissent le fonctionnement des établissements privés supérieurs du pays. Si c'est le cas, des interrogations s'imposent: Pourquoi avoir attendu plusieurs décennies de fonctionnement de l'établissement pour revenir remettre en cause sa légalité ? Que valent les certifications de savoir de plusieurs générations d'étudiants de l'établissement devenu s des fonctionnaires d'un État qui en arrive à vouloir les réduire à leur plus simple expression ?
Une publication teintée de populisme
En attendant que des réponses soient apportées à ces deux principales questions qui ne souffrent d'aucune impertinence, il y'a de de s'apitoyer sur la nature de la démarche suivie par la direction de l'enseignement supérieur. En lieu et place d'une publication humiliante et dégradante d'initiatives prises par des Sénégalais de jouer leur partition citoyenne dans le développement de la nation, un État, solidaire et soucieux du sort de ses citoyens aurait agi d'une manière beaucoup plus souple et responsable. Celle d'adopter la posture de l'encadrement et de l'assistance à la régularisation. Elle serait serait beaucoup plus appropriée pour ne pas balafrer la crédibilité et l'honorabilité des entrepreneurs qui ont cru devoir investir dans l'éducation.
Il est indéniable que depuis un certain temps, le ministère de l'enseignement supérieur est dans une zone de turbulences. Elle reste marquée par des démissions en cascade et des dysfonctionnements interminables. Faudrait t-il nécessaire que que l'ISEG soit l'agneau du sacrifice, la source de diversion d'un acte humiliant teinté d'une bonne dose de populisme et d'approximation dans l'approche? La question mérite d'être posée.
Makhary Gueye citoyen sénégalais
Inondations à Dakar : Abass Fall Fall et tout le Conseil municipal expriment leur solidarité agissante aux familles endeuillées
La Ville de Dakar est plongée dans la consternation après les décès enregistrés à Grand-Yoff, Hann Bel-Air et aux Parcelles Assainies, à la suite des fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale ces dernières heures.
Dans un communiqué, la municipalité présente ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes et exprime sa solidarité à l’ensemble des populations durement affectées par les inondations.
Face à l’ampleur de la situation, la Ville de Dakar assure avoir pleinement mobilisé ses équipes et ses moyens techniques et logistiques. Ces dispositifs sont déployés sur le terrain, notamment en appui aux communes touchées, afin de contribuer à l’évacuation des eaux et de porter assistance aux populations sinistrées.
Dans ce contexte particulièrement difficile, la municipalité appelle les Dakarois à faire preuve de la plus grande vigilance et à renforcer les gestes de solidarité envers les personnes en difficulté.
« Dans l’épreuve, Dakar reste unie, solidaire et mobilisée », souligne la Ville.
JOJ Dakar 2026 : la BNDE et la Fondation Abdou Diouf Vertu unies pour un rendez-vous historique
La Corniche de Dakar a vibré au rythme de la jeunesse ce 4 octobre 2026.En prélude aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, premier événement olympique en Afrique, une grande randonnée citoyenne a été organisée par la Fondation Abdou Diouf Sport et Vertu avec le soutien de la BNDE.
Selon M.Mamadou Faye, Directeur Général de la BNDE, cette mobilisation est un symbole fort : "Dakar 2026 est bien plus qu'une compétition.C'est la preuve que l'Afrique peut accueillir le monde.La BNDE, banque citoyenne, se devait d'être aux côtés de la jeunesse pour porter ce rêve."
M. Moustapha Tall, Président de la Fondation Abdou Diouf Sport et Vertu, a salué cet élan collectif: "À travers cette marche, nous voulons transmettre les valeurs de notre parrain, le Président Abdou Diouf : le sport, la vertu, la solidarité et l'engagement citoyen. Avec la BNDE, nous marchons ensemble pour que Dakar 2026 soit une réussite pour tout le Sénégal et toute l'Afrique."Une marche citoyenne qui résume l'esprit des JOJ : Unis pour la jeunesse, unis pour l'Afrique.
Par Alioune ndiaye
And Setal Sunu Tefes: Une marée citoyenne à la plage de l'Unité 15.
Succès populaire ce dimanche 4 octobre 2026 à la plage de l'Unité 15 des Parcelles Assainies. La deuxième édition de l'initiative citoyenne << And Setal Sunu Tefes», portée par *Go Faye, a tenu toutes ses promesses.Placée sous le parrainage du Roi des arènes, Modou Lo, l'opération de nettoiement a rassemblé une foule diverse et engagée : habitants de la localité, sportifs, lutteurs et personnalités politiques, dont le député Thierno Alassane Sall*.
Parmi les lutteurs présents, Gora Sock et Papa Sow ont mouillé le maillot aux côtés des jeunes des Parcelles.De l'Unité 15 à Diamalaye, ils ont ratissé le littoral pour débarrasser le sable des déchets plastiques et solides qui menacent la santé et la sécurité des usagers. "J'ai vu des sportifs se blesser à cause de tessons et de ferrailles abandonnés sur la plage.Il fallait agir", explique Go Faye, initiateur du mouvement.
Après 8 tonnes collectées lors de la première édition, le cap est désormais plus haut. Pour cette année, les organisateurs visent entre 20 et 30 tonnes de déchets.Un défi rendu possible grâce au soutien des habitants et des partenaires qui ont mis à disposition pelles, râteaux, camions et engins de nettoiement.
Très engagé, le parrain Modou Lo a participé lui-même au ramassage, donnant une forte visibilité à l'action citoyenne. De son côté, Go Faye s'est félicité d'une mobilisation qui transcende les clivages : "Au-delà des partis politiques ou des associations, ce sont les Parcelles qui se sont levées pour leur environnement."
Par Alioune Ndiaye
Inondations partout après les fortes pluies: Malal Diallo Pith appelle au déclenchement du plan ORSEC pour sauver les JOJ
Face à la multiplication des inondations dans plusieurs quartiers de Dakar, Malal Diallo Pith lance un appel solennel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour le déclenchement du plan ORSEC. Pour lui, la situation exige une mobilisation immédiate et exceptionnelle des moyens de l’État afin de protéger les populations, mais aussi de préserver le bon déroulement des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026.
Alors que la capitale sénégalaise fait face à d’importantes difficultés liées aux eaux pluviales, l’inquiétude grandit à l’approche et pendant cette période de compétition internationale. Les JOJ constituent un rendez-vous majeur pour le Sénégal, avec la présence attendue de délégations, d’athlètes, d’officiels et de visiteurs étrangers.
Pour Malal Diallo Pith, il ne s’agit donc plus seulement de gérer les conséquences des inondations, mais d’anticiper leurs répercussions sur les infrastructures, les sites de compétition, les axes routiers et la mobilité dans la capitale. Il estime qu’une intervention coordonnée de l’ensemble des services concernés permettrait de réduire les risques et d’éviter que les fortes pluies ne perturbent davantage les activités liées aux JOJ.
Son appel s’adresse directement au chef de l’État afin que les moyens disponibles soient rapidement mobilisés, notamment pour l’évacuation des eaux, le pompage des zones sinistrées, la sécurisation des principaux axes et l’assistance aux populations affectées.
À travers cette démarche, Malal Diallo Pith invite les autorités à faire de la lutte contre les inondations une priorité immédiate, dans un contexte où Dakar est sous les projecteurs du monde entier. Pour lui, la réussite des JOJ passe aussi par une capitale accessible, sécurisée et capable de faire face aux intempéries.
Le déclenchement du plan ORSEC, selon cet appel, permettrait ainsi de renforcer la coordination des interventions et de mettre en place une réponse à la hauteur des enjeux humains et organisationnels auxquels Dakar est confrontée.
Assane Dia appelle Diomaye Faye à renouer le dialogue avec les « Leaders Fondateurs Authentiques »
À l’occasion d’un point de presse tenu dimanche 4 octobre 2026 dans un hôtel de la place, Assane Dia, leader fondateur de la Coalition Diomaye Président et coordonnateur départemental de KIIRAAY Les Patriotes Républicains à Guédiawaye, a appelé le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye à renforcer le dialogue avec les « Leaders Fondateurs Authentiques ». Il estime que ces acteurs historiques doivent davantage être associés à la conduite du projet politique et à la mise en œuvre de l’Agenda de Transformation Sénégal 2050.
Dans une déclaration placée sous le signe de la fidélité et de la reconnaissance, Assane Dia est revenu sur la présidentielle du 24 mars 2024, qu’il présente comme l’aboutissement d’un long processus de mobilisation politique et citoyenne.
Selon lui, la victoire de Bassirou Diomaye Diakhar Faye n’aurait pas été possible sans l’engagement de militants et responsables qui, durant les périodes de répression et de fortes tensions politiques, auraient continué à porter le combat pour le changement.
« Au moment où M. Bassirou Diomaye Diakhar Faye était en prison, au moment où le Pastef était dissous, les Leaders Authentiques et Historiques étaient sur le terrain », a notamment déclaré Assane Dia, soulignant ainsi le rôle qu’il attribue à cette coalition dans la conquête du pouvoir.
Le leader de la Coalition Diomaye Président a également rappelé la rencontre des Leaders Fondateurs Authentiques avec le président Faye au lendemain de son élection et la réception organisée le 6 avril 2024 au King Fahd Palace.
Pour Assane Dia, ces rencontres constituaient un signe de reconnaissance de l'apport des acteurs ayant accompagné le projet politique jusqu'à son accession au pouvoir.
Il regrette toutefois que cette dynamique de concertation n’ait pas, selon lui, été suffisamment maintenue. Il appelle ainsi le chef de l’État à renouer rapidement le dialogue avec les responsables concernés.
« Nous suggérons au Président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE de recevoir très bientôt, à son retour de voyage, les Leaders Fondateurs Authentiques », a-t-il plaidé.
Abordant la création de KIIRAAY Les Patriotes Républicains, Assane Dia a tenu à préciser que cette initiative, selon lui, ne vise ni à diviser les forces politiques proches du chef de l’État ni à alimenter les rivalités internes.
Au contraire, il considère que la nouvelle structure doit contribuer à élargir la base sociale et politique du président Faye.
Il a notamment salué l’arrivée de maires et d’autres responsables politiques souhaitant accompagner l’action du chef de l’État.
« La politique est une affaire d’addition », a-t-il déclaré, avant de souhaiter la bienvenue à tous ceux qui adhèrent aux valeurs portées, selon lui, par le président Bassirou Diomaye Faye.
Mais cette ouverture aux nouveaux soutiens ne doit pas, à ses yeux, conduire à marginaliser ceux qui revendiquent leur engagement depuis les premières heures.
Assane Dia demande ainsi une meilleure prise en compte des « Leaders Fondateurs Authentiques » dans les responsabilités publiques et dans l’élaboration des politiques publiques.
Pour lui, leur nomination constitue à la fois une question de « justice sociale et politique » et un facteur important pour la réussite du projet présidentiel.
Il estime également que ces responsables ont vocation à défendre et accompagner la mise en œuvre de l’Agenda de Transformation Sénégal 2050, présenté comme l’un des cadres majeurs de la transformation du pays.
Malgré les tensions politiques évoquées dans son intervention, Assane Dia assure que les Leaders Fondateurs Authentiques entendent rester aux côtés du président de la République.
Il réaffirme notamment leur volonté de jouer un rôle de « bouclier » du chef de l’État et du nouveau régime, tout en se présentant comme des compagnons fidèles et loyaux, dont la priorité demeure la réussite du président Faye.
« Nous resterons aussi des compagnons fidèles et loyaux uniquement préoccupés par la réussite du Président Diomaye », a-t-il affirmé.
À travers cette déclaration, Assane Dia lance donc un appel à la concertation, à l’unité et à une meilleure reconnaissance des acteurs qui se considèrent comme les compagnons historiques du projet ayant conduit Bassirou Diomaye Diakhar Faye à la présidence de la République.
Son message se veut, en définitive, moins une rupture qu’une demande de réconciliation et de dialogue avec le chef de l’État, dans l’objectif affiché de renforcer la cohésion autour de son projet pour le Sénégal.
Par Mamadou Touré
HOMMAGE MÉRITÉ À LA DAME DE FER* Madame Ndeye Tabara SAMBA.
Le Sénégal vient de perdre une de ses grandes Dames. Une Dame de Fer au cœur d'or.
Ce vendredi 25 septembre, à Dakar, Madame Ndeye Tabara SAMBA a tiré sa révérence, laissant derrière elle un vide immense mais un héritage colossal.
On l'appelait la Dame de Fer, et ce n'était pas usurpé.Fer par sa rigueur, par sa droiture, par sa capacité à tenir une famille debout contre vents et marées.Fer par son caractère trempé dans les valeurs les plus nobles de notre société:le Jom, le Foula, le Fayda et le Kersa.Mais derrière ce fer se cachait un cœur d'une tendresse infinie. Celui d'une mère qui a tout donné.Une mère exemplaire et exceptionnelle donne une fille exceptionnelle.
La preuve vivante est là, sous nos yeux : sa fille, Madame Anta SANÉ, Secrétaire Générale du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE).Cette femme compétente, loyale, respectée au sommet de l'État, est le portrait fidèle de sa mère.
Madame Anta Sané n'est exceptionnelle que parce qu'elle a été façonnée par une femme exceptionnelle.
Maman Ndeye Tabara a formé une servante de la République.Elle a donné au Sénégal bien plus qu'une fille:elle a donné un modèle de femme leader.
Aujourd'hui, tout le CESE, toute l'administration sénégalaise, tous ceux qui ont connu la famille pleurent une Maman, une conseillère, une éducatrice.
À Madame la Secrétaire Générale Anta Sané et à toute la famille éplorée, nous présentons nos condoléances les plus attristées.
Maman Ndeye Tabara Samba, la Dame de Fer, s'en est allée. Mais son fer a forgé une lignée qui ne se brisera jamais.
Que Firdaws soit sa demeure éternelle.
Repose en paix, Maman nationale.
Par Alioune ndiaye
À l’Élysée, Baïdy Agne reçu par Emmanuel Macron pour accélérer les investissements en Afrique
Le président de Business Africa et du Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), Baïdy Agne, a été reçu dimanche au Palais de l’Élysée par le président français Emmanuel Macron, à l’occasion d’un dîner présidentiel de travail consacré aux investissements et aux perspectives économiques du continent africain.
À l’invitation du chef de l’État français, Baïdy Agne a pris part à cette rencontre de haut niveau, qui s’est également déroulée en présence du président de la République du Bénin, Romuald Wadagni. Les échanges ont notamment porté sur le renforcement des investissements privés africains et français et sur le suivi des engagements pris lors du sommet Afrique-France « Africa Forward », tenu à Nairobi, au Kenya, les 11 et 12 mai 2026.
Au cœur des discussions : la mise en œuvre concrète des projets d’investissements croisés identifiés lors du sommet de Nairobi. Les participants ont notamment examiné la dynamique des flux d’investissements privés en Afrique depuis cette rencontre et les moyens de renforcer cette tendance.
La question de l’ouverture du Bénin aux investisseurs privés africains et français a également figuré parmi les principaux sujets abordés. Une attention particulière a été accordée aux conditions nécessaires pour favoriser davantage l’investissement privé et soutenir l’émergence de nouvelles opportunités économiques sur le continent.
La rencontre de l’Élysée a également permis d’aborder les enjeux liés à l’industrialisation de l’Afrique. Pour les acteurs présents, le développement des capacités industrielles et la transformation locale des ressources constituent des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité des économies africaines et créer davantage de valeur sur le continent.
Dans cette perspective, les discussions ont porté sur les priorités à retenir dans la mise en œuvre des projets d’investissement, notamment dans les différentes chaînes de valeur.
Autre enjeu majeur évoqué lors de ce dîner de travail : la place de la jeunesse africaine dans la transformation économique du continent.
La création de valeur et d’opportunités au bénéfice des jeunes apparaît comme l’une des conditions essentielles pour accompagner la croissance africaine, favoriser l’emploi et donner davantage de perspectives à une population particulièrement jeune.
Les échanges ont enfin porté sur la pérennisation de la Africa Forward Coalition, ainsi que sur les mécanismes permettant de maintenir la dynamique engagée lors du sommet de Nairobi.
La présence de Baïdy Agne à l’Élysée, aux côtés du président béninois, témoigne ainsi de la volonté de rapprocher les décideurs publics et le secteur privé autour d’une même ambition : transformer les engagements pris lors des rencontres internationales en projets d’investissement concrets et créateurs de valeur.
Cette rencontre entre Emmanuel Macron et Baïdy Agne intervient dans un contexte où le renforcement des partenariats économiques entre l’Afrique et la France demeure un enjeu stratégique, avec une attention croissante portée au rôle des investisseurs privés africains dans le développement du continent.
Par Mamadou Touré
HOMMAGE À CHEIKH HAMIDOU KANE; L’Aventure ambiguë et l’avenir du passé ;
Il est des écrivains dont la disparition ne constitue pas seulement une perte pour la littérature. Elle crée un silence dans la conscience d’un peuple.
Avec Cheikh Hamidou Kane, c’est une voix majeure de l’Afrique qui vient de s’éteindre. Mais son œuvre, elle, demeure. Elle demeure parce qu’elle n’a jamais seulement raconté une époque : elle a posé des questions qui continuent de nous poursuivre.
Que devient l’homme africain lorsqu’il rencontre l’autre ? Que devons-nous conserver de nous-mêmes lorsque le monde nous oblige à changer ? Peut-on entrer dans la modernité sans renoncer à son âme ?
Ces questions sont au cœur de L’Aventure ambiguë. Elles traversent également Les Gardiens du temple un autre de ces chefs- d’œuvres. Entre ces deux œuvres, il y a comme un immense dialogue sur le temps : le passé n’est pas derrière nous ; il continue de travailler notre avenir.
L’Aventure ambiguë : le drame de la rencontre;
Publié en 1961, L’Aventure ambiguë demeure l’un des grands textes de la littérature africaine.
À travers Samba Diallo, Cheikh Hamidou Kane raconte moins l’opposition simpliste entre tradition et modernité que le drame intérieur d’un homme placé entre deux mondes.
L’école nouvelle apporte la connaissance, la puissance et les instruments de la domination moderne. L’enseignement coranique, lui, porte une autre conception de l’homme, du monde et du rapport au divin.
Samba Diallo se retrouve ainsi au cœur d’une contradiction qui dépasse sa propre personne. Il ne s’agit plus simplement de choisir entre l’Occident et l’Afrique. Il s’agit de savoir comment devenir moderne sans cesser d’être soi-même.
C’est précisément ce qui fait la grandeur du roman.
Cheikh Hamidou Kane ne condamne pas le changement. Il nous met en garde contre une modernité qui deviendrait une dépossession.
Car une civilisation peut gagner des savoirs et perdre son âme.
Elle peut apprendre à produire davantage et oublier pourquoi elle produit.
Elle peut conquérir le monde et perdre la connaissance d’elle-même.
Le passé n’est jamais mort.
Des décennies plus tard, Les Gardiens du temple prolonge cette réflexion. Le titre lui-même est une question.
Que sommes-nous chargés de garder ?
Un temple n’est pas seulement un édifice. Il représente une mémoire, une civilisation, une manière d’habiter le monde.
Être gardien du temple ne signifie donc pas nécessairement refuser le changement. Cela signifie empêcher que le changement devienne une amnésie.
C’est là que Cheikh Hamidou Kane reste profondément actuel.
L’Afrique contemporaine est engagée dans une nouvelle aventure ambiguë. Elle dispose d’universités, de technologies, de réseaux sociaux, de métropoles en expansion et d’une jeunesse connectée au monde. Mais elle demeure confrontée à une question fondamentale :
comment construire l’avenir sans devenir étrangère à elle-même ?
Cette question concerne particulièrement le Sénégal.
Nous sommes un pays qui possède une mémoire immense, mais qui peine parfois à la transformer en projet.
Nous parlons de nos héros, de nos résistants, de nos intellectuels, de nos confréries, de nos traditions, de nos langues et de notre histoire. Mais la véritable fidélité à cet héritage ne consiste pas seulement à le célébrer. Elle consiste à le faire travailler dans le présent.
L’avenir du passé
Cheikh Hamidou Kane nous laisse ainsi une idée essentielle : le passé peut avoir un avenir.
Il suffit que nous sachions le penser.
Le passé n’est pas un musée.
Il n’est pas une nostalgie.
Il n’est pas davantage une prison.
Il est une réserve de sens à partir de laquelle une société peut inventer son avenir.
C’est peut-être cela, au fond, le message le plus profond de L’Aventure ambiguë : l’homme ne devient véritablement lui-même que lorsqu’il est capable de traverser l’histoire sans s’y perdre.
Et c’est aussi pourquoi la disparition de Cheikh Hamidou Kane nous oblige à relire son œuvre.
À l’heure où nos sociétés sont traversées par des bouleversements politiques, technologiques, culturels et identitaires, son interrogation retrouve une extraordinaire actualité.
Nous sommes toujours entre plusieurs mondes.
Entre tradition et modernité.
Entre héritage et rupture.
Entre mémoire et invention.
Entre ce que nous avons été et ce que nous voulons devenir.
Un écrivain, une conscience
Cheikh Hamidou Kane aura été bien davantage qu’un romancier. Il aura été une conscience littéraire et philosophique de l’Afrique.
Il nous a appris que la littérature pouvait être un lieu où une civilisation se regarde elle-même.
Il nous a surtout rappelé que penser l’Afrique ne signifie pas seulement parler de son passé, mais interroger son devenir.
Aujourd’hui, alors que l’écrivain nous quitte, Samba Diallo demeure.
La question demeure.
Le combat intérieur demeure.
Et peut-être est-ce cela, la véritable victoire d’un écrivain : cesser de vivre tout en continuant de penser à travers ceux qui le lisent.
Cheikh Hamidou Kane nous quitte.
Mais L’Aventure ambiguë continue.
Et avec elle cette interrogation magnifique et douloureuse :
comment entrer dans l’avenir sans abandonner l’essentiel de ce que nous sommes ?
À cette question, aucune génération ne pourra répondre définitivement.
C’est pourquoi Cheikh Hamidou Kane restera parmi nous. Parce que son œuvre ne nous donne pas seulement des réponses.
Elle nous apprend à demeurer dans la question.
Que la terre lui soit légère.
Et que son œuvre continue longtemps encore d’accompagner l’Afrique dans son propre cheminement vers elle-même.
L’œil du Gaïnako
MATAM : Après les visites de terrains, Cheikh Oumar Bâ à l’écoute des guides religieux
Ce dimanche 4 octobre 2026, au terme de sa tournée de suivi de la campagne agricole 2026, le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Ba, a poursuivi sa démarche de proximité en allant à la rencontre des guides religieux du département de Matam.
Cette démarche de ziar avait notamment pour objectif de solliciter leurs prières pour la paix, la cohésion nationale et la prospérité du Sénégal.
La délégation ministérielle s’est successivement rendue à Ourossogui, auprès de Thierno Aliou Thiam, puis à Matam, auprès du fils aîné de Thierno Samassa, actuellement absent du pays, ainsi qu’auprès de Chérif Amadou Haïdara de Matam.
Elle a ensuite fait étape à Doumga Ouro Alpha, auprès de Thierno Mamadou Ly, Khalife de feu Thierno Cheikh Ly, avant de poursuivre jusqu’au village de Thianécone Boguel, auprès de Thierno Chérif Baboye Aïdara.
Des prières, mais aussi un dialogue de proximité.
Au-delà de la dimension spirituelle de ces rencontres, ces visites ont constitué de véritables moments d’écoute et de dialogue avec les forces vives du territoire.
Les guides religieux ont notamment attiré l’attention du Ministre sur la situation préoccupante de l’hivernage dans la région, marquée par un déficit pluviométrique, ainsi que sur plusieurs difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs et les éleveurs.
En réponse, Dr Cheikhou Oumar Ba a réaffirmé la volonté de l’État d’apporter des réponses concrètes et rapides aux préoccupations exprimées.
Il a notamment rappelé les décisions prises à l’issue de la rencontre tenue la veille à la Gouvernance de Matam, en présence des différents acteurs du secteur agro-pastoral de la région.
Parmi les mesures annoncées figure la mise à disposition, dès la semaine prochaine, de semences de maïs, d’engrais et d’herbicides, afin de permettre aux producteurs de compenser, autant que possible, les pertes liées au déficit pluviométrique.
Le Ministre a également annoncé la mise en œuvre d’un programme d’urgence destiné à accompagner les populations impactées par cette situation.
Après les champs, le dialogue avec les forces vives des territoires
De la visite des exploitations agricoles aux échanges avec les producteurs, puis au dialogue avec les guides religieux, une même démarche guide l’action du Ministère :
Écouter. Comprendre. Répondre. Co-construire.
Cette approche traduit la volonté de maintenir un dialogue permanent avec l’ensemble des acteurs des territoires et de construire, avec eux, des réponses adaptées aux réalités locales.
Le Ministre s’est, par ailleurs, réjoui de la disponibilité des guides religieux à accompagner les efforts engagés sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République, en mobilisant toutes les forces vives de la Nation.
Du travail des champs au dialogue avec les forces vives des territoires, la méthode reste la même : être à l’écoute, comprendre les réalités du terrain et co-construire les solutions pour un Sénégal de paix, de souveraineté alimentaire et de prospérité partagée.
