La rédaction
SENTERMINO : un tournant majeur pour le développement des langues nationales au Sénégal
Lancement un projet stratégique de Banque Terminologique Scientifique et Technique
L'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN) ont accueilli un atelier consacré à l’un des projets linguistiques les plus ambitieux du pays : la création d’une Banque de Données Terminologiques et de Traductique (BDT), baptisée SENTERMINO. Cette initiative nationale, portée par des chercheurs de l’IFAN et de l’École Supérieure Polytechnique (ESP), vise à structurer, harmoniser et moderniser la production terminologique dans les langues nationales du Sénégal.
Financé à hauteur de 68 % par l’UNESCO et de 32 % par l’Organisation internationale de la Francophonie à travers l’IFEF, le projet s’étend sur trois ans et s’inscrit pleinement dans les politiques publiques de promotion des langues nationales et de développement du bilinguisme scolaire
Une base de données centrale pour moderniser les langues sénégalaises car SENTERMINO se présente comme un outil numérique centralisé, évolutif et accessible en ligne. Il ambitionne de regrouper, uniformiser et valider les terminologies scientifiques, techniques et pédagogiques dans les principales langues nationales.
Dans un contexte où les besoins en lexiques spécialisés ne cessent d’augmenter, la plateforme servira de référence pour plusieurs secteurs :
éducation et formation,
sciences et technologies,
santé et environnement,
agriculture et artisanat,
TIC et communication.
En facilitant la traduction entre langues nationales mais aussi entre celles-ci et le français, SENTERMINO doit renforcer l’enseignement bilingue, améliorer la qualité des contenus pédagogiques et favoriser l’accès au savoir pour tous.
L’un des défis majeurs de ce projet est l’harmonisation et la validation des terminologies existantes. Pour y parvenir, les équipes collaborent avec des experts linguistiques, des spécialistes sectoriels et des institutions éducatives.
Les premières langues concernées sont le wolof, le pulaar et le seereer, avec l’ambition d’étendre progressivement la plateforme aux autres langues nationales.
Le projet comprend également la production de contenus scientifiques et professionnels, ainsi que la mise en place d’une bibliothèque numérique destinée à valoriser et diffuser les productions linguistiques nationales.
Un enjeu stratégique pour un Sénégal multilingue car la création de SENTERMINO constitue un pas décisif vers un Sénégal mieux équipé linguistiquement et plus inclusif. En permettant la production, la validation et la diffusion de dictionnaires, lexiques et outils de traductique, le projet contribue directement à :
renforcer la présence des langues nationales dans l’enseignement et les sciences,
faciliter la communication multilingue,
moderniser les pratiques linguistiques,
valoriser la diversité culturelle sénégalaise.
Le projet est coordonné par une équipe multidisciplinaire de chercheurs sénégalais :
Pr. Adjaratou Oumar SALL (IFAN)
Pr. Fary Silate KA (IFAN)
Pr. Lamine Thiaw (ESP)
Pr. Moussa DIALLO (ESP)
Avec SENTERMINO, ces spécialistes posent les bases d’un écosystème linguistique moderne, numérisé et accessible, au service du développement national.
Bambey : Mamadou Ndiaye officiellement installé comme Conseiller départemental
Une nouvelle étape d’un engagement constant au service des populations du Baol
Bambey, vendredi prochain —
Le département de Bambey s’apprête à vivre un moment important de sa vie institutionnelle avec l’installation officielle de Mamadou Ndiaye en qualité de Conseiller départemental, au sein de l’assemblée dirigée par le Président Babacar Ndiaye. Cet événement symbolique marque non seulement l’entrée d’un nouvel élu au sein du Conseil départemental, mais surtout la continuité d’un engagement social profondément ancré dans les réalités et les besoins des populations du Baol.
« Je suis installé aujourd’hui comme conseiller départemental de Bambey. Une occasion de continuer mon engagement auprès des populations du Baol pour l’amélioration des conditions de vie des Bambeyoises et Bambeyois », a déclaré M. Ndiaye en prélude à la cérémonie.
Reconnu pour sa disponibilité et sa proximité avec les populations, Mamadou Ndiaye a construit, au fil des années, une relation solide avec les habitants. Son installation comme conseiller départemental apparaît ainsi comme la consécration d’un long travail d’écoute, de solidarité et de mobilisation en faveur des communautés locales.
Homme de terrain, il s’est illustré par des actions sociales structurantes qui ont touché toutes les catégories sociales : hommes, femmes, jeunes, élèves, écoles coraniques, associations locales et communautés religieuses. Ses programmes d'assistance lors des grandes fêtes religieuses — Tamkharit, Ramadan, Korité, Tabaski et Magal — ont permis de soutenir des centaines de familles, renforçant la cohésion sociale et la solidarité au sein du département.
Plusieurs initiatives majeures portent son empreinte. Le Daara de Léona/Sud a été reconstruit et complètement équipé, offrant de meilleures conditions d’apprentissage aux enfants talibés. Deux matériels de sonorisation ont été offerts respectivement à la mosquée de Thiakhar Commune et au Dahira de Léona/Nord, contribuant au dynamisme religieux et culturel des localités. Dans le cadre de la Couverture Maladie Universelle, 300 élèves de 10 écoles primaires ont été enrôlés, garantissant une meilleure protection sanitaire aux enfants. Grâce à un partenariat avec le FONGIP, 20 femmes du département ont également bénéficié d’un financement de 500 000 FCFA chacune pour renforcer leurs activités économiques.
Les actions de Mamadou Ndiaye ont aussi bénéficié à des structures essentielles de la vie communautaire, notamment l’Association des Chefs de Villages, l’Association des Parents d’Élèves et l’Association des Ouvriers du département de Bambey. Cette démarche inclusive a permis de mutualiser les efforts et de renforcer les dynamiques locales en faveur d’un développement social concerté.
Au niveau national, africain et international, Mamadou Ndiaye jouit d’une réputation affirmée. Il est Ambassadeur de la Paix de la Fédération pour la Paix Universelle (FPU), Ambassadeur des Droits de l’Homme auprès de Human Rights et d’EDDHIAC International, et participe régulièrement à des conférences panafricaines sur la paix, la solidarité, la jeunesse et le vivre-ensemble. Son engagement dépasse ainsi les frontières du Sénégal et lui vaut l’estime de nombreuses organisations internationales.
L’installation officielle de Mamadou Ndiaye suscite un vif enthousiasme parmi les populations du département. Pour beaucoup, cette nomination est celle d’un homme de valeurs, fidèle à sa vision d’un Baol solidaire, pacifique et orienté vers un développement équitable.
« Servir Bambey reste ma priorité. Cette responsabilité m’inspire une seule mission : être à l’écoute, agir pour le bien commun et contribuer à un développement équitable pour tous », a-t-il déclaré.
Cette installation vient confirmer une trajectoire marquée par la proximité, la solidarité et la conviction profonde qu’un avenir meilleur pour Bambey passe par l’engagement collectif, le sens des responsabilités et la justice sociale.
JOJ DAKAR 2026: Le 3FPT et le COJOJ signent un partenariat pour former 366 jeunes
Le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT) et le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 (COJOJ) ont procédé ce jeudi 13 Novembre à la signature d’une convention de partenariat stratégique. Cette collaboration vise à renforcer les capacités des jeunes Sénégalais dans la perspective de l’organisation du premier événement olympique jamais accueilli sur le continent africain.
En effet, ce partenariat s’inscrit dans l’ambition d’accompagner la Dakar 2026 Learning Academy, une initiative innovante du comité d’organisation visant à faire des Jeux un espace d’apprentissage et de création d’opportunités pour la jeunesse africaine.
En outre, à travers cette convention, le 3FPT s’engage à financer la formation et le renforcement de capacités de 366 jeunes, répartis en neuf cohortes, dans des domaines aussi essentiels que la logistique, la sécurité, la communication, la gestion de projets, l’accueil, le tourisme, le numérique et le multimédia.
« Un événement mondial exige un capital humain de qualité mondiale. Et un capital humain de qualité ne s’improvise pas : il se forme, il s’accompagne et il se valorise, » a souligné Dr Ba.
Ces formations permettront aux jeunes d’acquérir des compétences alignées aux standards internationaux, assurant ainsi une organisation exemplaire des Jeux tout en laissant un héritage humain durable au-delà de l’événement.
Le Directeur général du 3FPT a insisté sur la portée durable de ce partenariat :« Avec ce partenariat, nous ne formons pas seulement pour les JOJ, nous formons pour l’avenir. »
Les jeunes formés pour Dakar 2026 seront, selon lui, les futurs coordinateurs, techniciens, gestionnaires, entrepreneurs et leaders africains capables d’intégrer les grandes organisations du continent et d’ailleurs.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans la mission du 3FPT, qui œuvre depuis sa création pour le développement d’un capital humain de qualité, en phase avec les besoins des entreprises et les ambitions nationales du Sénégal.
En clôturant son allocution, Dr Babo Amadou Ba a salué la vision du COJOJ Dakar 2026, qu’il a qualifiée d’« ambitieuse et inclusive », tout en réaffirmant la volonté du 3FPT de contribuer activement à la réussite de cet événement continental.
« Les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 sont une fierté nationale, mais aussi un symbole continental. Ils rappellent que l’Afrique n’est pas spectatrice du monde : elle en est actrice. » a-t-il déclar
Protection des enfants face aux dangers du numérique : l’État du Sénégal renforce la formation des acteurs judiciaires et sociaux
Face à la montée inquiétante des abus et exploitations en ligne des enfants, le ministère de la Justice du Sénégal intensifie la formation des acteurs de la chaîne pénale. Dirigée par Madame Aïssé Gassama Tall, directrice générale de la Protection judiciaire et sociale, une série d’ateliers se tient à travers le pays pour mieux outiller magistrats, officiers de police judiciaire et éducateurs spécialisés.
Une mobilisation nationale pour la protection des enfants car après Thiès, Saint-Louis et Kaolack, c’est au ressort de la Cour d’appel de Dakar que les acteurs judiciaires et sociaux se réunissent cette semaine pour renforcer leurs compétences sur le thème : « Les abus et exploitations en ligne des enfants ».
Selon Mme Gassama Tall, « le numérique évolue à une vitesse vertigineuse et les mécanismes d’abus évoluent avec lui ». Cette dynamique impose donc une réponse concertée et multidisciplinaire pour protéger les enfants dans l’espace virtuel.
Une étude récente de l’UNICEF (2025) menée dans les régions de Dakar, Kédougou, Tambacounda, Ziguinchor, Sédhiou et Kolda révèle des données préoccupantes :
60 % des 1 149 enfants interrogés utilisent Internet quotidiennement ;
45 % ont été exposés à des contenus inappropriés ;
plusieurs affirment avoir été victimes de prédation sexuelle sur les réseaux sociaux.
Les plateformes telles que TikTok, Facebook et WhatsApp, d’accès facile, deviennent ainsi des terrains propices à la manipulation et à l’exploitation des mineurs, parfois à des fins de prostitution clandestine.
Pour contrer ce phénomène, l’État du Sénégal a mis en place un arsenal législatif et institutionnel solide :
Loi n°2008-11 sur la cybercriminalité ;
Loi n°2008-12 sur la protection des données à caractère personnel ;
Révision du Code pénal et du Code de procédure pénale en 2016 pour introduire de nouvelles incriminations, telles que l’atteinte à la vie privée ou la captation illicite d’images.
La création de la Commission des données personnelles (CDP) et de la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC) vient compléter ce dispositif, offrant ainsi un cadre juridique cohérent pour lutter contre la cybercriminalité infantile.
Pour Mme Gassama Tall, « il est essentiel de former les éducateurs spécialisés à la détection précoce des signes de vulnérabilité chez les enfants victimes d’abus en ligne ».
Ces blessures, souvent silencieuses, nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire, incluant psychologues, pédopsychiatres et magistrats. La formation vise également à améliorer la collecte de preuves numériques et à renforcer la collaboration entre les différents acteurs.
Une jeunesse hyperconnectée, souvent sans accompagnement car selon les données de l’ARTP, plus de 8 millions de Sénégalais utilisent Internet, dont 68 % ont moins de 25 ans. Cette jeunesse massivement connectée évolue souvent sans accompagnement parental ou éducatif adéquat, augmentant ainsi les risques d’exposition à des contenus ou comportements dangereux.
« Les enfants sont en ligne, mais les adultes ne sont pas toujours préparés à les accompagner. Il faut outiller les parents, les éducateurs et les institutions pour assurer une utilisation sécurisée du numérique », a conclu Mme Gassama Tall.
L’État du Sénégal, à travers son ministère de la Justice, s’engage fermement dans la prévention et la répression des abus en ligne envers les enfants, tout en prônant la formation continue des acteurs judiciaires et sociaux.
Cette démarche traduit une volonté claire : faire d’Internet un espace plus sûr pour les
jeunes Sénégalais.
Mamadou Touré
L'Intelligence Artificielle au Service de l'Intégrité Électorale : Le Sénégal Accueille le Symposium 2025
Le Sénégal a récemment accueilli les 12 et 13 novembre à Dakar, le Symposium 2025 ainsi que la onzième Assemblée générale du Réseau des Structures de Gestion Électorale en Afrique de l’Ouest (RESAO). Organisé sous le thème « Mettre l’intelligence artificielle (IA) au service de l'intégrité électorale », cet événement majeur a rassemblé des représentants des commissions électorales nationales, des organisations partenaires, ainsi que des experts en nouvelles technologies, afin de réfléchir sur l'avenir des élections en Afrique de l’Ouest.
L’IA, aujourd’hui, représente un atout considérable pour améliorer l'intégrité et la transparence des processus électoraux. Grâce à ses capacités avancées de traitement de données, elle peut offrir des solutions innovantes pour renforcer la gestion des élections, améliorer la qualité de la programmation électorale, optimiser la conduite des opérations et garantir leur efficacité.
Lors de l’ouverture de la rencontre, le Commissaire aux Affaires politiques, Paix et Sécurité de la CEDEAO, Abdel-Fatau Musah, a souligné que l'IA offre une aide précieuse à la décision dans des situations complexes et permettrait aux organismes de gestion électorale de mieux organiser et superviser les processus électoraux. Elle répond ainsi à l'une des missions principales du réseau RESAO, qui est de contribuer à l’amélioration de la qualité des opérations électorales au niveau de la CEDEAO, notamment en matière d’organisation, de célérité et de transparence.
Cependant, l’introduction de l’IA dans la gestion électorale n’est pas sans défis. Comme l’a mentionné un responsable du Réseau, l'utilisation de cette technologie implique une transformation profonde des structures administratives existantes, un processus qu’il convient de gérer avec une forte capacité de gestion du changement. Les administrations électorales, souvent réfractaires au changement, doivent être accompagnées pour s'adapter à ces nouvelles pratiques et outils technologiques.
L’accès à la technologie reste également un obstacle majeur. Les infrastructures numériques, bien que fondamentales pour l'intégration de l'IA, ne sont pas toujours disponibles ou suffisamment développées dans tous les pays de la région. De plus, les ressources humaines en matière de gestion des nouvelles technologies sont souvent limitées, nécessitant des efforts considérables pour renforcer les compétences des équipes locales.
Outre les défis logistiques et techniques, l’intelligence artificielle soulève également des questions éthiques et pratiques essentielles. L'usage de l'IA dans le cadre électoral peut entraîner des préoccupations liées aux droits humains, telles que la surveillance excessive, les biais algorithmiques, ou encore les risques de discrimination. De plus, la cybersécurité devient une question cruciale, étant donné que la manipulation des données électorales et les fake news peuvent entraîner des perturbations majeures dans les processus électoraux.
Comme le soulignent des experts d'IDEA (International Institute for Democracy and Electoral Assistance), il est essentiel de maintenir un équilibre entre les avantages de l’IA et la nécessité de garantir des élections libres, justes et transparentes. La mise en place de mécanismes de contrôle rigoureux devient indispensable pour prévenir les dérives, telles que l’utilisation de l’IA pour diffuser de la désinformation ou manipuler les résultats des élections.
Vers une gouvernance régionale renforcée pour l’IA dans les élections car le Symposium 2025 a également été l’occasion pour les membres du RESAO d’élire un nouveau Comité de pilotage, qui aura pour mission de promouvoir la gouvernance de l’IA dans les élections à l'échelle régionale. Ce groupe de travail, dont les objectifs incluent l’apprentissage mutuel et l’assistance entre les pays membres, jouera un rôle crucial pour intégrer les outils technologiques de manière responsable et éthique dans les processus électoraux à venir.
La rencontre a permis de souligner l’importance de la coopération entre les organismes de gestion électorale, les régulateurs des médias, ainsi que les acteurs politiques et civils. Le combat contre la désinformation et la manipulation des résultats électoraux, notamment par le biais de l’intelligence artificielle, devra s’appuyer sur une collaboration renforcée de tous ces acteurs pour garantir la stabilité et la paix sociale.
Le Symposium 2025 a ouvert de nouvelles perspectives pour la gestion électorale en Afrique de l’Ouest, en mettant l'accent sur l'utilisation de l'intelligence artificielle pour améliorer l'intégrité et la transparence des élections. Cependant, la route reste semée d’embûches, tant sur le plan technique, éthique que logistique. Le défi est grand, mais il représente une opportunité d’évolution significative pour les démocraties africaines.
Le Sénégal, en accueillant cet événement, a réaffirmé son rôle de leader dans la promotion de la gouvernance électorale moderne en Afrique de l'Ouest, tout en mettant en avant les valeurs d'hospitalité et de fraternité qui caractérisent la région.
COP30 : entre symboles et failles///
Du 10 au 21 novembre 2025, la COP30 se tiendra à Belém, au Brésil, au cœur de l'Amazonie. Un lieu hautement symbolique : forêts immenses, écosystèmes à l'agonie, promesse d'un véritable tournant pour la conservation planétaire. Mais derrière cette vitrine soigneusement orchestrée se dessine une réalité bien plus âpre.
À l'aune des engagements pris depuis l'Accord de Paris et des sommets africains pour le climat, le constat est accablant : beaucoup de chiffres, peu d'actions concrètes.
Le grand écart entre engagements et mobilisation réelleDepuis l'Accord de Paris, les objectifs de financement climat affichaient des ambitions de façade : on évoquait un plancher de 100 milliards de dollars annuels pour la finance climat mondiale. Pourtant, ces montants demeurent mal suivis, largement insignifiant, et leur traçabilité reste opaque.Lors du premier Sommet africain pour le climat (Africa Climate Summit, Nairobi, septembre 2023), les annonces d'engagements ont atteint près de 36 milliards de dollars, selon la Banque africaine de développement. Des chiffres impressionnants sur le papier. Mais dans les faits, les montants réellement mobilisés et mis à disposition demeurent nébuleux, systématiquement inférieurs aux objectifs affichés.
Le fossé est vertigineux : alors que les besoins d'adaptation de l'Afrique sont chiffrés à plusieurs centaines de milliards de dollars par an, ce qui est effectivement déboursé ne représente qu'une fraction dérisoire. Un écart qui n'est plus seulement préoccupant, il est mortel.La dimension humaine : vulnérabilité, déplacement, exodeAu-delà des données financières se déploie une crise humaine d'une ampleur sans précédent.
Selon la Banque mondiale, jusqu'à 86 millions d'Africains pourraient être déplacés à l'intérieur de leurs propres frontières d'ici 2050 sous l'effet du dérèglement climatique. À l'échelle mondiale, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dénombre 250 millions de personnes déplacées par des catastrophes climatiques au cours de la dernière décennie.Ces chiffres vertigineux dessinent les contours d'une tragédie annoncée : sécheresses à répétition, inondations dévastatrices, disparition progressive des terres agricoles, insécurité alimentaire chronique. L'Afrique, continent le moins émetteur de gaz à effet de serre, paie le prix le plus lourd d'une crise qu'elle n'a pas créée.COP30 : dernière chance ou nouvelle désillusion ?À ce moment ou le monde est réuni à la COP30, la question est brutale dans sa simplicité : ce sommet sera-t-il enfin à la hauteur des aspirations des plus vulnérables ?
Le risque est patent : que les milliards promis restent encore une fois des chiffres abstraits, déconnectés de toute réalité opérationnelle, pendant que les populations les plus exposées continuent de sombrer, privées de terres, de soutien, d'avenir.Le paradoxe est cruel : ces grandes messes climatiques génèrent elles-mêmes une empreinte carbone considérable, déplacements internationaux massifs, infrastructures éphémères, fonds mobilisés mais rarement appliqués. Une interrogation légitime s'impose : qui profite réellement de ces négociations à répétition ? Et surtout, qui en paie le prix fort ?L'Afrique ne se contente plus de promesses creuses.
Le continent exige désormais un changement radical de paradigme : justice climatique effective, financement réel et traçable, résultats mesurables et immédiats. Il est temps de quitter les promesses et d’agir !
President du YAAC – Youth Alliance for Agroecology and Climat, Alexandre ZOUMMAN,
Politique : Abdourahmane Diouf répond à Ousmane Sonko
Abdourahmane Diouf a servi une réponse voilée au Chef du gouvernement. Il a, en effet, publié sur sa page Facebook un extrait de son passage à l’émission Quartier Général (QG) de TFM dans lequel il étale ses qualités humaines et ses valeurs morales. Ceci, en retraçant la discussion qu’il a eu avec son père le jour où il a décidé de s’engager aux côtés de Idrissa Seck, et qui est le fondement de son action politique.
» J’accorde une importance particulière à la famille. Mon père était un maître coranique et ma mère est femme au foyer. Donc ma réussite académique et mon parcours professionnel relèvent du miracle. Mais la chance que j’ai eue c’est qu’ils m’ont inculqué des valeurs qui m’ont beaucoup aidé dans mon parcours. Quand Idrissa Seck m’a contacté pour que je sois son porte-parole en 2012, je suis allé en discuter avec mon père et la seule chose qu’il a exigée c’est de ne jamais le décevoir aussi bien dans mon discours que dans mon comportement », raconte-t-il
LIEUTENANT OUSMANE DIOUF* *{Douanes sénégalaises}*
Un nom qui s'impose désormais dans l'univers douanier comme celui d'un officier brillant, rigoureux, et d'un patriotisme qui ne se discute pas. Un jeune cadre de la Douane sénégalaise qui a su transformer chaque mission en performance, chaque défi en accomplissement, chaque responsabilité en honneur.
Son passage au prestigieux Groupement polyvalent de recherche et de répression de la fraude (GPR) fut un tournant. Il n'y est pas simplement passé : il y a marqué l'histoire récente de l'unité. Ses résultats exceptionnels, avec deux milliards cinq cent millions de recettes mobilisées en 2024, par sa seule Brigade, font de lui l'un des officiers les plus efficaces de sa génération.
Un chiffre immense, mais derrière ce chiffre, un homme : travailleur, méthodique, persévérant. Cette performance majeure lui vaut d'être médaillé d'honneur de la Douane et nommé par l'Organisation mondiale des douanes (OMD) pour la distinction réservée aux douaniers les plus méritants. Une reconnaissance internationale, rare, précieuse, qui couronne un talent, mais aussi et surtout une éthique.
Car le Lieutenant Diouf ne chasse pas la performance pour l'éclat personnel : il sert l'État, il protège l'économie, il défend l'intérêt national. Aujourd'hui à la Division Dakar Extérieur, il dirige la Brigade mobile n°2 (BM2) avec la même énergie, la même droiture, la même détermination. Calme, organisé, visionnaire, il inspire ses hommes et rassure sa hiérarchie.
Chaque opération, chaque contrôle, chaque jour sur le terrain témoigne de son engagement profond envers la mission douanière : empêcher la fraude, protéger le pays, maintenir la confiance de la Nation. Loyal dans ses principes. Jovial dans ses rapports humains. Ferme quand l'application de la loi l'exige. Et profondément patriote — dans le service comme dans la discrétion, dans la parole comme dans l'action.
Le Lieutenant Ousmane Diouf est de cette génération rare d'officiers qui allient compétence technique, intégrité morale et charisme naturel. Un leader qui ne crie pas : il convainc. Un chef qui ne s'impose pas : il inspire. Un patriote qui ne parle pas de son amour de la Nation : il le démontre.
Mon Lieutenant, mes respects. Pour vos résultats éclatants, pour votre modestie admirable, pour votre engagement sans réserve, pour ce patriotisme qui guide chacun de vos pas. Un officier d'excellence. Un protecteur de l'économie nationale. Un exemple pour la Douane sénégalaise.
BONNE JOURNÉE DES FORCES ARMÉES, MON LIEUTENANT
Ibrahima Khalil Dieng, journaliste spécialisé en questions militaires et sécurité publique.
L’ADEPME lance la 3e Académie de Financement pour renforcer le rôle des Structures d’Appui aux PME
L’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) organise, du 11 au 13 novembre 2025 à Dakar, la troisième édition de l’Académie de Financement. Dédiée cette année aux Structures d’Appui et d’Encadrement (SAE), cette rencontre vise à consolider la collaboration entre les SAE et les établissements financiers pour faciliter l’accès des PME sénégalaises au crédit.
Un cadre d’échanges pour un financement plus inclusif et sécurisé car lancée dans le cadre du Dispositif de Financement des PME, mis en place conjointement par la GIZ et l’ADEPME, l’Académie de Financement se veut un espace de dialogue et de formation entre les acteurs clés de l’écosystème entrepreneurial.
Après deux premières éditions ayant permis de former plus de 400 acteurs du financement, cette troisième session met un accent particulier sur les Structures d’Appui et d’Encadrement, véritables intermédiaires entre les PME et les banques.
« Si nous voulons donner à chaque PME la chance d’accéder au financement, il faut d’abord renforcer les compétences de ceux qui les accompagnent », explique Soyibou NDAO, Directeur de la Croissance, de l’Accompagnement au Financement et de la Restructuration à l’ADEPME.
« Cette compréhension commune entre les SAE et les banques est fondamentale. »
Pendant trois jours, une trentaine de SAE agréées échangeront directement avec les principales banques partenaires – Ecobank, UBA, Société Générale Sénégal, Banque Islamique du Sénégal et Bridge Bank – ainsi qu’avec la BCEAO, la GIZ et l’ADEPME.
L’objectif est de mieux harmoniser les pratiques et améliorer la qualité des dossiers de financement soumis aux établissements bancaires.
« Nous voulons lever les incompréhensions qui existent parfois entre les SAE et les institutions financières », souligne M. NDAO.
« Ces rencontres permettront de mieux comprendre les politiques de financement et les exigences de conformité des banques. »
Au-delà de la formation, cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale de financement massif, sécurisé et durable des PME.
Selon M. NDAO, les perspectives sont ambitieuses :
« Le ministère de l’Industrie et du Commerce, avec le Secrétariat d’État au Développement des PME, veut impulser un programme de financement massif et sécurisé.
Massif, pour donner à toutes les PME les chances d’accéder au crédit. Sécurisé, pour garantir la viabilité des financements. »
Cette dynamique s’accompagne d’outils digitaux renforcés, comme la nouvelle version du Guichet Unique du Financement (GUF), qui interconnecte banques, SFD, chambres de commerce et fonds d’investissement.
L’ADEPME prévoit également une cartographie nationale des SAE pour identifier les structures d’appui dans toutes les régions du pays.
En perspective, l’ADEPME entend tripler le volume de financements destinés aux PME d’ici 2028-2029, pour atteindre 3 000 milliards de FCFA mobilisés.
Actuellement, les PME représentent environ 9 à 10 % du portefeuille des banques. L’objectif est de porter cette part à 18 % dans les prochaines années.
« Tout ce que nous faisons aujourd’hui — la montée en compétence des SAE, la digitalisation du GUF, la coordination avec les banques — doit concourir à cet objectif », conclut M. NDAO.
« C’est ainsi que nous poserons les bases d’un financement structuré, sécurisé et performant pour les PME sénégalaises. »
Pour rappel L’ADEPME est un organisme public placé sous la tutelle du ministère de l’Industrie et du Commerce. Elle œuvre depuis plusieurs années au développement, à la structuration et au financement des PME au Sénégal, en partenariat avec les institutions financières, les partenaires techniques et les act
eurs privés.
Mamadou Touré
COP 30 : Baïdy Agne appelle à la création d’une Alliance Africaine pour les Énergies Renouvelables
En marge de la COP 30 qui se tient à Belém, au Brésil, le Président de Business Africa, M. Baïdy Agne, a livré un message fort en faveur d’un modèle africain de développement durable. Dans son allocution, il a plaidé pour la mise en place d’une Alliance Africaine pour les Énergies Renouvelables, appelant à la responsabilité, à la créativité et à l’action du secteur privé africain face à la crise climatique.
Le continent africain ne représente que moins de 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais il en subit de plein fouet les conséquences. Sécheresses, recul du littoral, effondrement des récoltes et exode rural : tels sont les maux qu’a rappelés Baïdy Agne, Président de Business Africa, dans son message adressé à la COP 30 sur les changements climatiques à Belém (Brésil).
« L’Afrique, le continent le moins coupable, le plus impacté et sans lequel rien n’est possible », a-t-il lancé d’entrée, en saluant l’ensemble des entrepreneurs, producteurs, artisans et innovateurs africains « qui façonnent chaque jour l’avenir du continent ».
Pour Baïdy Agne, le moment est venu pour l’Afrique de dépasser le discours de la plainte. Il a invité les acteurs publics et privés à inventer un nouveau modèle de croissance, fondé sur la durabilité, la souveraineté et la création d’emplois pour les jeunes.
« Nous devons produire sans détruire, transformer sans épuiser et innover sans exclure », a-t-il déclaré.
Le Président de Business Africa a mis en avant le potentiel énergétique, humain et innovant du continent, affirmant que l’Afrique détient une grande partie des solutions au défi climatique mondial.
Pour une économie verte et compétitive, Baïdy Agne a souligné que le secteur privé africain s’engage déjà dans plusieurs domaines d’avenir :
les énergies renouvelables du Sahel au Cap (solaire, géothermie, hydrolien) ;
les technologies propres et l’efficacité énergétique ;
l’agriculture durable adaptée aux réalités locales ;
et la formation des jeunes et des femmes aux métiers verts.
Il a également appelé à un financement climatique équitable, regrettant que nombre de promesses internationales ne soient pas encore tenues.
« Les promesses non tenues du financement climatique ne peuvent plus être différées. Les entreprises africaines doivent avoir un accès direct aux fonds verts », a-t-il insisté.
Vers une Alliance Africaine pour un mix énergétique vertueux
C’est dans cet esprit que le Président de Business Africa a annoncé la création d’une Alliance Africaine pour les Énergies Renouvelables, initiative qui vise à fédérer les acteurs du continent autour de projets concrets, financés et porteurs de transformation.
Cette alliance reposera sur quatre piliers :
la finance verte,
l’innovation locale et la valorisation des savoir-faire traditionnels,
la participation active des jeunes et des femmes, et une industrialisation bas-carbone.
Baïdy Agne plaide également pour que chaque projet climatique mondial inclue une composante “Made in Africa”, afin de renforcer la valeur ajoutée et les emplois locaux.
Le gaz, une étape incontournable vers la transition car reconnaissant la nécessité d’un mix énergétique équilibré, M. Agne estime que l’usage raisonné du gaz est indispensable à la construction d’une transition durable :
« L’usage des énergies fossiles enfin accessibles comme le gaz nous est indispensable pour construire la transition énergétique, tout en accélérant sur le renouvelable », a-t-il affirmé.
Il a rappelé qu’environ 700 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, et que le solaire représente la principale solution pour un accès décentralisé et rapide à l’énergie
En conclusion, le Président de Business Africa a lancé un appel à la mobilisation collective :
« Agissons ensemble ! L’Afrique a les ressources, l’énergie et la volonté de bâtir un modèle de développement durable au service de ses populations et de la planète. »
Avec ce message, Baïdy Agne s’impose comme l’une des voix majeures du secteur privé africain à la COP 30, portant la vision d’une Afri
que souveraine, innovante et actrice de la transition énergétique mondiale.
M. TOURÉ
