À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme, le Réseau National des Femmes Syndicalistes du Sénégal affiliées à la CCSS-CSI (RENAFESS) a organisé un point de presse au siège de la CNTS, à la Maison des travailleurs de Keur Madia, dans le quartier Cerf-Volant à Dakar. Une rencontre marquée par un plaidoyer fort en faveur du respect des droits des femmes, d’une justice équitable et de mesures concrètes pour l’égalité de genre et l’autonomisation économique.
Regroupant les comités nationaux des femmes de cinq centrales syndicales affiliées à la CSI Afrique — notamment la CNTS, la CNTS/FC, la CSA, l’UDTS et l’UNSAS — le RENAFESS s’inscrit dans une dynamique de mobilisation continue pour l’amélioration des conditions de vie des femmes et des filles au Sénégal.
Cette journée a servi de cadre pour dresser un bilan des avancées enregistrées. Parmi celles-ci, les syndicalistes saluent la mise en place de l’Observatoire national de la parité homme-femme ainsi que l’adoption du décret n°2022-2307. Ce texte marque une avancée significative en permettant désormais l’inscription des femmes dans les délibérations foncières familiales, rompant ainsi avec l’ancien décret n°72-1288 qui réservait ce droit au seul chef de ménage.
Malgré ces progrès, le RENAFESS souligne que de nombreux défis persistent, notamment au regard des objectifs fixés par l’Agenda 2030 des Nations unies. L’organisation insiste sur l’urgence d’accélérer les efforts pour atteindre les Objectifs de développement durable relatifs à l’éducation de qualité (ODD 4), à l’égalité entre les sexes (ODD 5) et à la réduction des inégalités (ODD 10).
Placée sous le thème international « Droits, Justice et Action pour toutes les femmes et les filles », l’édition 2026 met en lumière la nécessité d’une approche globale. Pour le RENAFESS, la reconnaissance des droits doit impérativement s’accompagner de leur application effective, d’un accès équitable à la justice et de politiques publiques concrètes en faveur de l’autonomisation des femmes.
Dans cette optique, plusieurs recommandations ont été formulées : la révision des lois discriminatoires, l’amélioration de l’accès et du maintien des filles à l’école, la mise en place de formations adaptées pour les femmes du secteur informel, ainsi que le renforcement de la protection sociale. Le réseau appelle également à un soutien accru à l’entrepreneuriat féminin, sans distinction, et à l’application des conventions internationales, notamment la C183 sur la protection de la maternité et la C190 contre les violences et le harcèlement au travail.
Conscient de sa mission de représentation et de sensibilisation, le RENAFESS entend poursuivre son plaidoyer auprès des autorités et des partenaires afin que la voix des femmes soit davantage prise en compte dans les politiques publiques.
En clôture, les organisatrices ont invité les médias à relayer largement ce message, dans un contexte où l’égalité de genre demeure un enjeu majeur de développement.
Mamadou Touré
