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Surveillance maritime : le Sénégal muscle sa stratégie face aux nouvelles menaces

Surveillance maritime : le Sénégal muscle sa stratégie face aux nouvelles menaces Spécial

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la sécurisation de ses espaces maritimes et fluviaux. L’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM) organise, les 26 et 27 mars à Dakar, un atelier national de haut niveau consacré au renforcement du dispositif de surveillance, dans un contexte marqué par la montée des défis sécuritaires et économiques liés à la mer.

Placée sous l’égide du ministère des Pêches et de l’Économie maritime, cette rencontre stratégique réunit l’ensemble des acteurs de l’Action de l’État en mer : forces de défense et de sécurité, administrations techniques et partenaires sectoriels. L’objectif est clair : améliorer la coordination, moderniser les moyens de surveillance et bâtir une réponse collective face aux menaces croissantes.

À l’ouverture des travaux, le représentant du ministre, le Colonel Yoro Thiam, a insisté sur le caractère stratégique des espaces maritimes et fluviaux sénégalais. Véritables piliers de l’économie nationale, ces zones sont aujourd’hui exposées à des risques multiples : pêche illicite, trafics, migration irrégulière, pollution et insécurité en mer.

À ces défis s’ajoutent de nouveaux enjeux liés à l’exploitation pétrolière et gazière offshore, qui exige une vigilance accrue pour protéger les installations et garantir une cohabitation harmonieuse des usages maritimes.

« La réponse doit être collective, coordonnée et efficace », a-t-il souligné, appelant à une synergie renforcée entre les différentes institutions.

Durant deux jours, les participants échangent autour de thématiques clés telles que la sécurité de la pêche artisanale, la protection des écosystèmes, la modernisation des outils de surveillance et la coordination interinstitutionnelle.

Dans son allocution, le Directeur général de l’ANAM Mr Becaye DIOP a dressé un tableau sans détour des défis à relever. « Nos eaux sont à la fois une richesse et une vulnérabilité », a-t-il affirmé, évoquant des menaces « protéiformes et évolutives ».

Face à cette réalité, il a appelé à une transformation profonde du dispositif national, fondée sur un principe central : la synergie entre tous les acteurs. « Nous ne sommes pas des entités distinctes, mais les composantes d’une même force », a-t-il insisté.

L’accent a également été mis sur l’innovation technologique comme levier essentiel : satellites, drones, intelligence artificielle et radars côtiers sont appelés à jouer un rôle déterminant dans la surveillance de demain.

Parallèlement, l’ANAM affiche des ambitions fortes, notamment la création d’une académie maritime nationale et le développement de systèmes avancés de veille côtière. Des initiatives qui s’inscrivent dans la Vision Sénégal 2050, avec pour objectif de faire des espaces maritimes un véritable « sanctuaire de souveraineté ».

À l’issue des travaux, des recommandations stratégiques et opérationnelles sont attendues pour renforcer durablement la gouvernance maritime du pays.

Au-delà des échanges techniques, cet atelier marque une volonté politique affirmée : celle de faire du Sénégal un acteur maritime organisé, prévoyant et pleinement maître de son destin en mer.

M. TOURÉ

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