À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2026, célébrée ce jeudi 26 mars à Dakar, Mme Diarra Sow, Directrice générale de l’Office des Lacs et Cours d’Eau (OLAC), a pris part à la cérémonie officielle aux côtés du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, et de plusieurs partenaires techniques et financiers.
Placée sous le thème « Eau et Genre » avec pour slogan « Agir pour l’eau, c’est agir pour l’égalité », cette édition a constitué un cadre d’échanges privilégié sur les défis liés à l’accès équitable à l’eau, en particulier pour les femmes et les filles, premières touchées par les difficultés d’approvisionnement.
Intervenant lors d’un panel consacré à l’autonomisation des femmes et à la résilience des communautés, Mme Sow a mis en avant les initiatives de l’OLAC visant à faciliter l’accès des femmes à l’eau productive. Elle a rappelé que l’ambition de l’institution est de faire de l’eau un levier de développement économique, d’autonomie et de dignité pour les populations.
Dans son intervention, la Directrice générale a souligné la persistance de fortes inégalités d’accès à l’eau en Afrique, notamment entre les zones rurales et urbaines. Au Sénégal, cette fracture reste marquée, avec un accès encore limité en milieu rural. À ces disparités territoriales s’ajoutent des inégalités sociales et de genre, les femmes étant en première ligne face aux contraintes liées à l’approvisionnement en eau.
Elle a également insisté sur les conséquences de ces inégalités sur la santé, l’éducation et les opportunités économiques, estimant que l’accès à l’eau demeure un facteur déterminant de l’égalité des chances. Parmi les défis structurels évoqués figurent la variabilité climatique, le déficit d’infrastructures et les insuffisances dans la gouvernance du secteur.
Abordant le cas du Sénégal, Mme Sow a rappelé le potentiel du réseau hydrographique national, notamment le fleuve Sénégal, le fleuve Gambie et les différents bassins. Toutefois, ces ressources font face à des menaces telles que la salinisation, la surexploitation des nappes et la pression démographique croissante.
Face à ces enjeux, l’OLAC a engagé des initiatives structurantes, dont des projets d’aménagement et de mobilisation des ressources en eau, ainsi que des programmes de transfert à partir du lac de Guiers, principale réserve d’eau douce du pays. Ces actions visent à renforcer l’équité territoriale et à soutenir le développement durable.
La Directrice générale a par ailleurs mis en avant les retombées économiques de ces projets, notamment à travers le développement d’activités agricoles, pastorales et halieutiques, ainsi que la création d’emplois au profit des jeunes et des femmes.
Insistant sur la nécessité d’une gouvernance inclusive, Mme Sow a plaidé pour une implication accrue des collectivités territoriales, des femmes et des jeunes dans la gestion des ressources hydriques. Elle a également souligné l’importance des innovations technologiques, telles que les systèmes d’information géographique et la télédétection, pour améliorer la gestion de l’eau.
En conclusion, elle a lancé un appel à une mobilisation collective, affirmant que la maîtrise de l’eau constitue un levier essentiel pour réduire les inégalités et promouvoir un développement équitable et durable.
Moussa Diba
