La rédaction
1ère edition Tournoi de la solidarité: Intelman déroute Dem Dikk FC et remporte le trophée
Une première édition réussie, c'est ce qu'il convient de retenir pour le tournoi de la solidarité qui vient de s'achever avec une belle victoire de Interman sur Dem Dikk FC sur le score de 2 buts à 0. L'initiateur et Coordonnateur Madiaw Khor Mbengue a montré toute sa satisfaction en marge de la finale jouée ce samedi au terrain Deggo des HLM Paris dans la commune de Sam Notaire.
Pour cette première édition, quatre équipes étaient en lice au départ. Il s'agit de Medicare, du Ministère de l'intérieur, de Dem Dikk FC et de Intelman. ''Il y avait une bonne ambiance dans le tournoi qui s'est tenu dans le fair-play et la sportivité. Nous félicitons donc toutes les équipes qui ont participé et qui se sont bien données. Nous préparons la deuxième édition qui verra le nombre d'équipes augmenter sensiblement et les démarches ont été fructueuses dans ce sens'', à déclaré Madiaw Khor Mbengue.
L'objectif selon le pensionnaire de Dem Dikk FC, ''c'est de favoriser le sport travailliste afin que les travailleurs puissent retrouver suffisamment de temps de jeu et de pratique sportive''.
''Mieux, nous sommes en train de faire des démarches auprès des dirigeants du sport travailliste pour une participation massive et une parfaite inclusion pour les prochaines compétitions. Nous ne ménagerons à cet effet aucun effort pour arriver à asseoir cette discipline qui mérite d'être davantage promue'', a indiqué le coordonnateur de la première édition tournoi de la solidarité Madiaw Khor Mbengue.
Youssouf Ndiongue
UNDP Yemalé : bilan de trois ans et cap sur une implantation nationale
Le parti Union Nationale Démocratique Populaire Yamalé (UNDP Yemalé) a tenu ce samedi une réunion élargie à la Maison de la Presse Babacar Touré, réunissant ses cadres et militants autour d’un double objectif : dresser le bilan de ses trois années d’existence et définir ses perspectives politiques à court et moyen terme.
Prenant la parole, son président, Assane Ndir, inspecteur principal du Trésor et administrateur du Fonds spécial de soutien au secteur de l’énergie (FSE), est revenu sur les origines du parti, dont les premiers jalons ont été posés en août 2023. « Trois ans après, il était nécessaire de faire une évaluation de notre parcours et de préparer les échéances à venir », a-t-il déclaré.
Dans son bilan, le parti met en avant son rôle lors de l’élection présidentielle de 2024, marquée par la victoire de Bassirou Diomaye Faye. Membre de la coalition Diomaye dès la publication des listes par le Conseil constitutionnel, l’UNBP Yamalé affirme avoir contribué activement à la campagne.
« Nous avons signé la charte de la coalition, mobilisé nos ressources financières, matérielles et humaines, et appelé nos militants à soutenir le candidat », a précisé Hassan Ndir, réaffirmant l’ancrage du parti au sein de cette alliance politique.
Pour les mois à venir, l’UNDP Yamalé ambitionne de renforcer sa présence sur l’ensemble du territoire national. Le parti prévoit une implantation dans tous les départements, communes et villages du Sénégal.
« Nous allons valider nos statuts révisés et lancer une tournée nationale, notamment pour rencontrer les chefs religieux et solliciter leurs prières », a expliqué le président du parti.
Un calendrier a été fixé : en l’espace de 12 mois, toutes les structures locales devront être mises en place, avec des coordinations départementales et des comités communaux et villageois.
Se démarquant des modèles traditionnels, Assane Ndir insiste sur une approche basée sur le collectif plutôt que sur une figure unique.
« Beaucoup de partis politiques disparaissent avec leur leader. Nous voulons construire un parti fondé sur une équipe, où la démocratie interne est une réalité », a-t-il affirmé, soulignant la présence active des cadres du parti dans les médias pour porter ce message.
Interrogé sur ses fonctions au sein du Fonds spécial de soutien au secteur de l’énergie, Assane Ndir a rappelé l’importance de cette structure dans la politique énergétique nationale.
Le FSE contribue notamment à stabiliser les prix du carburant et de l’électricité. « Chaque litre de carburant et chaque kilowatt consommé bénéficie d’un soutien du FSE », a-t-il expliqué, tout en évoquant des perspectives d’accompagnement des entreprises du secteur énergétique pour améliorer l’accès à une énergie de qualité à moindre coût.
Enfin, le président de l’UNDP Yamalé a été clair sur l’orientation politique du parti : « Nous restons dans la coalition Diomaye et réaffirmons pleinement notre engagement. »
Modou MASSINA
*Société civile sénégalaise : Antigone Diop défie son mentor Seydi Gassama, entre rupture et refondation*
Dakar
La scène civile sénégalaise et africaine va offrir cette semaine, un visage contrasté à l’occasion d’une cérémonie de soutien à la candidature de Macky Sall à un poste stratégique au sein des Nations unies. Organisé à Dakar, l’événement va rassemblé divers acteurs de la société civile, intellectuels et leaders d’opinion, mais va également mettre en lumière une fracture profonde sur l’opportunité d’un tel engagement.
Au cœur de cette mobilisation, une figure émerge : Antigone Diop. Présentée par ses pairs comme « la relève » de la société civile sénégalaise,elle s’impose désormais comme une voix structurante, capable de fédérer au-delà des clivages traditionnels. Par son initiative, elle revendique un repositionnement du rôle de la société civile, non plus uniquement critique, mais aussi force de proposition et d’accompagnement stratégique sur la scène internationale.
« En tant que Sénégalais et Africains se disant patriotes, nous devons soutenir cette candidature, non pour la personne politique de Macky Sall, mais pour le fils du Sénégal et de l’Afrique qui brigue une institution internationale et mérite notre soutien », a-t-elle déclaré.
*Une relève face à son mentor*
Cette prise de position place Antigone Diop en contraste direct avec des figures établies de la société civile, dont Seydi Gassama, reconnu pour son engagement de longue date en faveur des droits humains. Ce dernier s’est montré particulièrement critique, dénonçant une candidature qu’il juge inopportune et en décalage avec les principes de gouvernance, de droit humains et de reddition des comptes qu’il défend.
Cette opposition illustre un tournant générationnel et stratégique : d’un côté, une société civile historique attachée à son rôle de vigie critique ; de l’autre, une nouvelle vague incarnée par Antigone Diop, qui assume une posture plus pragmatique, voire diplomatique, dans la défense des intérêts nationaux et continentaux.
*Les enjeux d’une candidature internationale*
Au-delà des débats de personnes, la candidature de Macky Sall s’inscrit dans une dynamique plus large : celle de la représentation africaine dans les instances internationales. Pour ses soutiens, il s’agit d’une opportunité de renforcer la voix du continent dans les processus décisionnels globaux, à un moment où les enjeux de gouvernance mondiale, de climat et de sécurité nécessitent une participation accrue de l’Afrique.
Ils mettent en avant l’expérience diplomatique de l’ancien chef d’État, son réseau international et son rôle dans plusieurs médiations régionales comme des atouts majeurs pour porter les intérêts africains à l’ONU.
À l’inverse, les détracteurs estiment que la légitimité d’une telle candidature doit d’abord se construire sur un bilan national irréprochable et une adhésion consensuelle au sein même du pays d’origine.
*Une société civile à la croisée des chemins*
Cette controverse révèle, en filigrane, une mutation profonde de la société civile sénégalaise et africaine. Entre fidélité à une tradition de contestation et volonté d’influence sur les scènes de pouvoir, elle semble aujourd’hui à la recherche d’un nouvel équilibre.
Dans ce contexte, Antigone Diop apparaît comme l’un des visages de cette transformation. En s’opposant, sur ce dossier, à une figure respectée comme Seydi Gassama, elle ne se contente pas de défendre une candidature : elle redéfinit les contours d’un engagement citoyen en pleine évolution.
Reste à savoir si cette stratégie de soutien assumé permettra de renforcer l’influence de la société civile ou, au contraire, d’en fragiliser l’indépendance un débat désormais ouvert au sein de l’espace public sénégalais et africain
“Abdoulaye Wade, 100 ans d’histoire : l’héritage vivant d’un monument politique sénégalais”
À l’occasion du centenaire de Maître Abdoulaye Wade, le Sénégal rend hommage à l’une des figures les plus marquantes de son histoire politique. Né le 29 mai 1926, cet homme d’État au parcours exceptionnel incarne à lui seul plusieurs décennies de luttes démocratiques, d’engagement et de transformation institutionnelle.
Avocat de formation, opposant historique devenu président de la République en 2000, Abdoulaye Wade a profondément marqué la vie politique sénégalaise. Son accession au pouvoir, après des années de combat dans l’opposition, symbolise l’une des premières alternances démocratiques majeures en Afrique de l’Ouest.
Durant ses années à la tête du pays (2000-2012), il a initié de nombreux projets d’infrastructures et porté une vision ambitieuse pour le développement du Sénégal. Si son bilan continue de susciter débats et analyses, son influence sur la démocratie sénégalaise reste indéniable.
Aujourd’hui, à 100 ans, Maître Wade demeure une figure emblématique, respectée par ses partisans comme par ses adversaires. Son parcours inspire les générations actuelles et futures, rappelant que la persévérance et l’engagement peuvent façonner le destin d’une nation.
Ce centenaire est ainsi bien plus qu’un anniversaire : c’est une célébration de l’histoire politique du Sénégal, un moment de mémoire collective, mais aussi une invitation à réfléchir sur l’avenir démocratique du pays.
Fondation des Premières Dames : Le silence du Premier ministre intrigue Par Kémo DAFFÉ
Si le Premier ministre Ousmane Sonko n’a effectivement pas contresigné le décret portant création de la Fondation des Premières Dames, la question de la portée de ce geste ou de cette omission mérite d’être posée, tant sur le plan juridique que politique.
Dans le fonctionnement institutionnel, le contreseing du Premier ministre n’est pas un simple acte administratif. Il engage la responsabilité du gouvernement et atteste de la conformité d’un décret avec les orientations de l’exécutif. Dès lors, l’absence de cette signature peut être interprétée de deux manières.
D’un côté, certains y verront une faute institutionnelle. En effet, si le décret relevait du champ de compétence gouvernementale, ne pas le contresigner pourrait traduire un dysfonctionnement dans la coordination de l’action publique. Une telle situation pourrait fragiliser la lisibilité de la décision étatique et ouvrir la voie à des contestations juridiques ou politiques.
D’un autre côté, cette absence peut également être perçue comme un choix délibéré. Dans ce cas, elle traduirait une volonté de prise de distance vis-à-vis de la création de cette fondation, souvent sujette à débat dans l’opinion publique. Les fondations liées aux Premières Dames, bien que généralement orientées vers des actions sociales, sont parfois critiquées pour leur statut hybride, à mi-chemin entre initiative publique et engagement personnel.
Ainsi, le non-contreseing pourrait être interprété comme un signal politique, voire une posture de prudence institutionnelle. Cela reviendrait à éviter d’engager formellement le gouvernement dans une structure dont la légitimité ou l’opportunité peut être discutée.
Au-delà de cette situation particulière, le débat met en lumière une question plus large : celle de l’encadrement des initiatives para-étatiques et du rôle exact des institutions dans leur validation. Entre exigence de transparence, rigueur juridique et responsabilité politique, l’affaire révèle les tensions inhérentes à la gouvernance contemporaine.
En définitive, faute ou avantage stratégique, l’absence de contreseing du Premier ministre reste un acte lourd de sens, qui appelle des clarifications afin de préserver la cohérence de l’action publique et la confiance des citoyens.
Kémo DAFFÉ, citoyen Sénégalais engagé pour des causes
Nécrologie : Décès de Amadou Sadio Sow, Commissionnaire Agréé en Douane.
C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le rappel à Dieu de Monsieur Amadou Sadio SOW, Commissionnaire Agréé en Douane et Directeur Général de T.A.M, survenu ce jeudi 16 avril 2026 à l’Hôpital de Fann.
La famille du Transit et de la Douane sénégalaise perd aujourd’hui une figure emblématique, un homme d’une grande rigueur, d’un professionnalisme exemplaire et d’une rare élégance.
Pour ma part, j’ai eu le privilège de le connaître dès 1995, à l’occasion de mes premiers pas dans le métier du transit, au sein de son entreprise d’alors, SENEGAL-TRANSIT, grâce à l’intermédiation de mon grand frère et cousin Abdoulaye, agent à la Senelec. En très peu de temps, il a su me transmettre avec exigence et générosité les bases de ce métier.
Monsieur SOW était un homme méticuleux, responsable et profondément engagé dans son travail. Mais au-delà de ses compétences professionnelles, je retiens surtout son humanité, sa bienveillance et son sens remarquable de la présentation. Il incarnait avec fierté et distinction l’image d’un entrepreneur accompli.
Avec sa disparition, c’est tout le monde de l’entrepreneuriat sénégalais qui perd un grand homme.
En cette douloureuse circonstance, je présente mes condoléances les plus attristées à sa famille, à son épouse, à ses enfants Oumar, Fatou, Mohamed, Alioune, Diariatou, ainsi qu’à son neveu Lamine.
Qu’Allah lui accorde Son infinie miséricorde, l’accueille dans Son Paradis et que la terre de Sangalkam lui soit légère.
Amine.
Meissa THIAM
Opinion : Dossier FARBA NGOM : Halte à la confusion ! (Par Me Tanor DIAME, Greffier)
La décision rendue le 09 avril 2026 par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar s’inscrit dans le cadre du contrôle de la régularité de la procédure d’instruction.
À travers cette décision, la juridiction adopte une position équilibrée consistant à valider la procédure dans son principe tout en sanctionnant certaines irrégularités jugées substantielles.
Dans un premier temps, la Chambre d’accusation rejette l’exception d’irrecevabilité soulevée par le Ministère public et déclare recevables les requêtes introduites. Cette position permet d’ouvrir le débat au fond et témoigne de la volonté du juge de ne pas écarter les contestations pour des raisons purement formelles.
Sur le fond, la juridiction refuse d’annuler le procès-verbal de perquisition ainsi que le réquisitoire introductif. Ce rejet est déterminant, car le réquisitoire introductif constitue l’acte de saisine du juge d’instruction. Tant que cet acte demeure intact et que le dossier d’information reste régulièrement confié au Doyen des juges d’instruction, la procédure conserve sa base légale et continue normalement son cours.
En revanche, la Chambre d’accusation prononce l’annulation de plusieurs actes essentiels, notamment les procès-verbaux d’interrogatoire et d’arrestation ainsi que le réquisitoire supplétif. Ces annulations traduisent l’existence d’irrégularités graves, probablement liées à une atteinte aux droits de la défense ou au non-respect des garanties encadrant la privation de liberté.
Toutefois, ces nullités n’ont pas pour effet d’anéantir la procédure. Elles demeurent d’effet relatif : seuls les actes irréguliers sont écartés. Mieux encore, ces actes présentent, pour l’essentiel, un caractère réparable, en ce sens que le juge d’instruction peut, dans le respect des règles légales, reprendre ou régulariser les diligences annulées.
Les conséquences procédurales sont donc claires : les actes annulés sont retirés du dossier et classés au greffe, mais l’information judiciaire se poursuit. Le renvoi du dossier au Doyen des juges d’instruction traduit précisément cette logique de continuité, permettant la reprise de la procédure sur des bases assainies.
Cette décision illustre ainsi une approche pragmatique du juge d’appel : il ne s’agit pas de faire échec à l’action publique, mais de veiller à ce qu’elle s’exerce dans le strict respect des règles de procédure et des droits fondamentaux. En d’autres termes, la Chambre d’accusation procède à une véritable “purification” du dossier, en éliminant les actes irréguliers tout en préservant l’ossature de la procédure.
Par conséquent, cette décision consacre un équilibre entre l’exigence d’efficacité de la justice pénale et la protection des libertés individuelles. Elle rappelle que la sanction des irrégularités n’a pas vocation à paralyser l’action judiciaire, dès lors que les fondements de la procédure demeurent valides et que les actes viciés peuvent être légalement repris.
Maître Tanor DIAMÉ, Greffier.
Immigration au Québec : l’heure de vérité pour Christine Fréchette Par Khady Samb
À la suite de son accession à la tête du gouvernement, Christine Fréchette est attendue sur ses engagements en matière d’immigration. Alors que plusieurs réformes ont récemment modifié les parcours des étudiants internationaux et des travailleurs étrangers, de nombreux résidents temporaires espèrent des mesures concrètes, notamment autour d’un possible retour du Programme de l’expérience québécoise.
L’arrivée de Christine Fréchette au pouvoir intervient dans un contexte marqué par des transformations successives des politiques d’immigration. Depuis plusieurs années, les dispositifs mis en place au Québec évoluent entre exigences économiques et volonté de régulation, ce qui a contribué à installer une incertitude durable chez de nombreux résidents temporaires. Si son profil d’économiste et son passage au ministère de l’Économie traduisent une approche orientée vers le marché du travail, ce sont désormais ses décisions en matière migratoire qui sont particulièrement scrutées par les analystes et les partenaires sociaux.
Cette attention est d’autant plus vive que le Québec traverse une phase de transition démographique sans précédent. Selon les données les plus récentes de l’Institut du Québec, la province compte désormais un nombre record de résidents temporaires, dépassant le cap des 600 000 personnes. Dans ce panorama, l’hypothèse d’une réactivation du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) suscite une attente quasi messianique. Pendant longtemps, ce programme a constitué un levier d’accès direct et prévisible à la résidence permanente pour les étudiants diplômés du Québec et les travailleurs qualifiés. Il offrait une forme de lisibilité dans les parcours, en permettant d’envisager une installation durable après une période d’études ou d’emploi, une stabilité aujourd’hui mise à mal par des critères de sélection de plus en plus restrictifs.
Les réformes engagées au cours des dernières années ont profondément transformé cet équilibre, avec la mise en place du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), appelé à redéfinir les critères d’accès à la résidence permanente au Québec. Pour une partie des résidents temporaires, ces changements ont entraîné un décalage profond entre les parcours déjà engagés et les nouvelles exigences gouvernementales, notamment en matière de francisation et d’adéquation avec les besoins du marché du travail. Bien que plusieurs soient déjà pleinement intégrés dans le tissu social et économique québécois, leur situation demeure juridiquement incertaine. Ce flou administratif maintient des milliers de projets de vie dans une forme d’attente qui, à terme, risque de fragiliser l’attractivité de la province.
Cette préoccupation ne s’arrête pas aux frontières du Saint-Laurent. Elle influence également les décisions de celles et ceux qui, depuis l’étranger, envisagent un projet d’études ou de travail au Québec. Dans les pays d’origine, les candidats à la mobilité et leurs familles suivent de près l’évolution des politiques migratoires. Comme le soulignent régulièrement les chambres de commerce, la viabilité des trajectoires envisagées dépend de la clarté des signaux envoyés par Québec. Une politique perçue comme instable pourrait inciter les talents internationaux à se tourner vers d’autres provinces canadiennes, où les voies de passage vers la permanence sont jugées plus limpides.
Dans ce contexte, le retour annoncé du PEQ est perçu comme une mesure d’urgence susceptible de débloquer des situations humaines et administratives complexes. Elle s’inscrit dans une logique d’ajustement pragmatique face aux effets parfois contre-productifs des réformes récentes, notamment dans la transition vers le PSTQ. Toutefois, le caractère potentiellement temporaire de cette mesure soulève des interrogations légitimes quant à sa capacité à stabiliser durablement le système. Sur le terrain, les réactions traduisent une tension palpable entre l’espoir d’une régularisation pour certains profils et une prudence généralisée face à l’enchaînement des annonces politiques.
En accédant au pouvoir, Christine Fréchette hérite d’un dossier où l’économie rencontre l’humain. Les décisions qu’elle prendra dans les prochains mois seront déterminantes. Au-delà des orientations idéologiques, la réussite de son mandat en matière d’immigration se mesurera à sa capacité à restaurer la confiance des résidents temporaires. Pour ces milliers de travailleurs et d’étudiants, la clarté n’est plus une option, mais une nécessité absolue pour transformer l’incertitude actuelle en un espoir de stabilité durable.
Opinion : Dette fantôme, État bien réel (Par Malick BA)
Dans les institutions internationales, où les mots sont choisis avec la délicatesse d’un chirurgien et l’hypocrisie d’un diplomate, voilà que la vérité, cette vieille clandestine, refait surface… escortée par le FMI lui-même. Oui, vous avez bien lu : la dette cachée, longtemps reléguée au rang de rumeur d’opposants insomniaques, vient d’être officiellement baptisée par Abebe Aemro Selassie. Rideau levé sur un cadavre financier que tout le monde sentait, mais que personne n’osait vraiment regarder.
Sous le règne de Macky Sall, la République semblait tenir ses comptes comme on tient un secret de famille : avec élégance, silence… et quelques tiroirs bien verrouillés. Pendant que les discours parlaient d’émergence et de rigueur, les chiffres, eux, jouaient à cache-cache dans les coulisses budgétaires. Une dette parallèle, presque pudique, qui refusait obstinément d’apparaître dans le miroir officiel de l’État.
Et voilà que, comble de l’ironie, ce sont les nouvelles autorités qui débarquent avec la lampe torche, fouillent les placards et crient : « Regardez ce que nous avons trouvé ! » Le FMI, habituellement avare en compliments, applaudit presque à tout rompre. Transparence exceptionnelle, franchise exemplaire… on croirait entendre un professeur féliciter un élève pour avoir avoué une tricherie héritée de son voisin.
Mais derrière les mots polis de Selassie, le diagnostic est brutal : le Sénégal n’a pas seulement hérité d’un pouvoir, mais d’un passif bien dodu, une ardoise soigneusement maquillée qui transforme la gestion publique en exercice de haute voltige. Car enfin, gouverner avec une dette visible, c’est déjà compliqué ; avec une dette cachée, c’est de la prestidigitation.
Et pendant que l’ancien régime se drapait dans les habits du bâtisseur, voilà que les fondations apparaissent fissurées, rongées par ces engagements invisibles qui, aujourd’hui, réclament leur dû avec la discrétion d’un huissier… et la fermeté d’un créancier.
Au fond, cette affaire n’est pas seulement une question de chiffres. C’est une leçon de gouvernance à la sénégalaise : quand la vérité économique est différée, elle revient toujours, plus lourde, plus bruyante, et surtout… plus coûteuse. La dette cachée n’était pas une illusion. C’était juste une bombe à retardement, soigneusement rangée dans les archives du silence.
Et maintenant que le secret est éventé, reste une question simple, presque cruelle : qui paiera l’addition de ce dîner où tout semblait gratuit ?
À Dakar, le Goethe-Institut inaugure un joyau architectural entre tradition africaine et modernité écologique
Le Goethe-Institut Sénégal franchit une nouvelle étape de son histoire avec l’inauguration de son nouveau centre culturel à Dakar. Conçu comme un modèle d’architecture durable, ce bâtiment allie savoir-faire africain et innovations contemporaines.
Implanté sur un site de 2 700 m² à proximité de l’océan Atlantique et de l’Université Cheikh Anta Diop, ce nouvel édifice ambitionne de devenir une référence en matière de construction écologique et d’espace culturel inclusif. Avec une surface bâtie de 1 800 m², il s’agit du premier Goethe-Institut spécialement conçu et construit en Afrique.
L’infrastructure est le fruit du travail de l’architecte de renommée internationale Diébédo Francis Kéré, en collaboration avec des ingénieurs allemands et sénégalais ainsi que des artisans locaux. Le bâtiment met en avant des matériaux durables tels que l’argile, la latérite et les briques de terre compressée, valorisant ainsi les ressources et les techniques locales.
Présent lors de la cérémonie, aux côtés de Stefanie Peter, de l’ambassadeur d’Allemagne Kai Baldow et de la présidente du Goethe-Institut Gesche Joost, l’architecte a souligné l’importance de repenser les modes de vie africains dans la conception architecturale.
« Il était essentiel d’intégrer des éléments qui reflètent notre culture, en s’inspirant notamment de la vie autour de la cour », a-t-il expliqué, mettant en avant une approche qui marie héritage ancestral et modernité.
Présent au Sénégal depuis 1978, le Goethe-Institut célèbre ainsi près d’un demi-siècle d’engagement en faveur du dialogue interculturel entre le Sénégal, l’Allemagne et la sous-région, notamment avec la Gambie et la Guinée-Bissau. À travers ses programmes, dont le réseau de plus de 140 écoles partenaires et l’initiative PASCH, l’institution œuvre activement à la promotion de la langue allemande et des échanges culturels.
Pour l’ambassadeur Kai Baldow, ce projet s’inscrit dans une coopération bilatérale ancienne et dynamique : « Depuis plusieurs décennies, nos relations visent à promouvoir la stabilité, le développement économique et une prospérité partagée ».
Situé non loin du Musée Senghor, ce nouveau centre culturel s’inscrit également dans un espace hautement symbolique, en écho à l’héritage du poète-président Léopold Sédar Senghor, fervent défenseur du dialogue des cultures.
Avec ce projet, le Goethe-Institut confirme sa vocation : créer des espaces où se rencontrent créativité, apprentissage et diversité culturelle, tout en répondant aux enjeux environnementaux contemporains.
Mamadou Touré
