La rédaction
Formation professionnelle : AMDI 2.0 mise sur la pratique pour accélérer l’insertion des jeunes
Le Groupe AMDI a officiellement inauguré, samedi 10 octobre 2026, son centre d’application AMDI 2.0, en présence du ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique, Idrissa Samb, ainsi que de partenaires venus de France et des États-Unis. Cette nouvelle infrastructure ambitionne de renforcer la formation pratique, de rapprocher les étudiants du monde de l’entreprise et de favoriser leur insertion professionnelle.
Le Groupe AMDI franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de formation et d’accompagnement des jeunes vers l’emploi. Avec l’ouverture officielle d’AMDI 2.0, le groupe universitaire se dote d’un centre entièrement consacré aux travaux pratiques, destiné à permettre aux apprenants de mettre en application les connaissances acquises durant leur cursus.
Présidant la cérémonie d’inauguration, le ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique, Idrissa Samb, a salué une initiative qui répond aux enjeux actuels de l’employabilité des jeunes. La visite des installations a permis aux autorités et aux partenaires de découvrir plusieurs espaces de pratique dans les domaines de la santé, de l’analyse biologique et de l’agroalimentaire.
Pour le président-directeur général du Groupe AMDI, Mamadou Ounith Touré, cette infrastructure traduit la volonté de placer la pratique au cœur des apprentissages. « AMDI 2.0 est un centre d’application exclusivement dédié à la pratique », a-t-il expliqué, soulignant que le groupe a centralisé ses salles de travaux pratiques afin d’offrir aux étudiants un environnement propice à l’acquisition de compétences professionnelles.
Le Groupe AMDI s’appuie sur trois instituts spécialisés couvrant plusieurs secteurs stratégiques. AMDI Santé forme notamment aux métiers des soins infirmiers, de la maïeutique et des sciences biologiques. AMDI Génie-Management intervient dans les domaines du génie civil, de l’informatique, des réseaux et télécommunications, de l’électromécanique, du management, de la gestion des entreprises, des ressources humaines et du transport-logistique.
Le troisième pôle, AMDI Industrie agroalimentaire, est consacré aux métiers de la transformation et de l’industrie agroalimentaires.
Lors de la visite guidée, les participants ont pu apprécier les démonstrations réalisées par les apprenants dans ces différentes filières. Ils ont également découvert les activités liées à la marque Samira, développée au sein du groupe par ses étudiants, illustrant ainsi les possibilités de valorisation des compétences acquises en formation.
Au-delà des équipements et des espaces pédagogiques, AMDI 2.0 entend faire de l’apprentissage par la pratique un levier concret de professionnalisation, en permettant aux étudiants de se familiariser avec les réalités de leurs futurs métiers.
L’ouverture du centre s’inscrit également dans une dynamique de coopération avec des partenaires étrangers et des entreprises. Selon Mamadou Ounith Touré, le Groupe AMDI développe notamment des dispositifs de codiplomation, permettant de construire des parcours de formation en collaboration avec des établissements partenaires, ainsi que des mécanismes d’alternance associant enseignement et expérience professionnelle.
Le principe de l’alternance repose sur une articulation entre les cours dispensés à l’école et les périodes de pratique en entreprise. Une approche qui vise à mieux préparer les apprenants aux exigences du marché du travail.
Le PDG du groupe a également souligné l’engagement de partenaires économiques qui ont accueilli plus de 500 étudiants en stage. Certains apprenants ont par ailleurs déjà été recrutés, selon ses explications. Ces collaborations témoignent de l’importance des liens entre les établissements de formation et les entreprises dans la construction de parcours professionnels durables.
La présence de partenaires venus de France et des États-Unis à cette cérémonie illustre aussi la volonté du groupe de consolider ses relations internationales et de développer des opportunités de coopération académique et professionnelle.
Prenant la parole à son tour, le ministre Idrissa Samb a félicité la direction du Groupe AMDI, ses partenaires, les formateurs et les apprenants pour les efforts consentis en faveur d’une formation plus opérationnelle.
Pour le ministre, l’expérience observée au sein du centre d’application illustre la nécessité de mieux équilibrer les enseignements théoriques et les apprentissages pratiques. Il a notamment insisté sur l’importance de la formation duale, qui rapproche l’école de l’entreprise et permet aux jeunes de développer des compétences directement mobilisables dans le monde professionnel.
« La théorie est là, mais elle ne suffit pas. Il faut pousser les jeunes, les apprenants, à faire de la pratique », a-t-il fait valoir, estimant que cette démarche constitue un facteur déterminant pour faciliter leur insertion comme salariés ou leur permettre de créer leurs propres activités.
Le ministre a également encouragé les médias à mieux faire connaître les initiatives portées par AMDI et par les établissements de formation, publics comme privés, qui contribuent à renforcer les compétences des jeunes Sénégalais.
Au cours de la visite, il a notamment salué les initiatives entrepreneuriales développées par certains apprenants, y voyant un exemple de la capacité de la formation professionnelle à favoriser l’autonomie économique et la création d’activités.
Pour Idrissa Samb, la formation professionnelle représente un enjeu essentiel dans un pays caractérisé par une population particulièrement jeune. Il a rappelé que les moins de 35 ans représentent, selon les chiffres avancés lors de son intervention, 75 % de la population sénégalaise.
Cette réalité démographique constitue, à ses yeux, une opportunité majeure, à condition que les jeunes bénéficient d’une formation adaptée, d’un accompagnement approprié et de véritables perspectives d’emploi.
Le ministre a ainsi appelé les apprenants à croire en leurs capacités, à faire preuve de patience, de persévérance et de résilience, tout en soulignant la responsabilité collective dans la construction de l’avenir du Sénégal.
Il a également évoqué une ambition de création de 1 525 emplois à l’horizon 2029-2035, dans une perspective de développement de l’employabilité et de renforcement des opportunités économiques.
Avec l’inauguration d’AMDI 2.0, le Groupe AMDI entend ainsi consolider son positionnement dans la formation professionnelle et technique, en mettant l’accent sur les compétences pratiques, les partenariats avec les entreprises et l’entrepreneuriat des jeunes. Un pari sur une formation davantage connectée aux réalités du marché du travail, dans un contexte où l’insertion professionnelle demeure l’un des défis majeurs du Sénégal.
Par Mamadou Touré
28ÈME ANNIVERSAIRE DE LA CLASSE 98/2: INSA BADJI ET SES CAMARADES CÉLÈBRENT 28 ANS DE FRATERNITÉ
C'est un anniversaire sous le signe de la mémoire et de la solidarité. La Classe 98/2 célèbre ses 28 ans sous les drapeaux.Interrogé sur le programme de cette célébration, le Président de l'Amicale du Contingent 98/2, Monsieur Insa Badji, est revenu sur le sens de cet événement.
"Nous célébrons 28 ans sous les drapeaux, 28 ans sous les couleurs. C'est 28 ans d'engagement au service de la Nation, fidèles à notre devise : S'instruire pour servir", a déclaré M.Insa Badji.
Selon le Président de l'Amicale, cette commémoration ne pouvait pas se faire sans penser aux disparus et aux familles restées derrière.
"Nous avons prévu deux volets majeurs. D'abord un devoir de mémoire avec un Récital de Coran et une Messe à la mémoire de nos Défunts Diambars. Ensuite, un volet social avec une distribution de kits scolaires à l'honneur de nos orphelins", a-t-il précisé.Des activités sportives sont également prévues pour renforcer la cohésion, avec des rencontres de football entre les équipes Unir pour Vaincre, Contingent 97/2 et APPAP/Foot.Pour Insa Badji, cette célébration est l'occasion de montrer que l'esprit de la Classe 98/2 est resté intact, 28 ans après.
Par Alioune Ndiaye
Social : La Ville de Dakar apporte son soutien aux sinistrés des inondations
La Ville de Dakar poursuit ses actions de solidarité en faveur des populations touchées par les inondations. Elle a procédé à une distribution de denrées alimentaires et de produits phytosanitaires destinés aux sinistrés de plusieurs quartiers et communes, notamment Hann Bel-Air, Yarakh, Cambérène, les Parcelles Assainies, Grand-Yoff et d’autres zones affectées par les fortes pluies.
La cérémonie de remise s’est déroulée à la Direction des services techniques (DST), située à Fass, sous la représentation de Boully Glisse, chef de cabinet du maire de Dakar.
À travers cette initiative, la municipalité entend apporter une réponse concrète aux difficultés rencontrées par les populations victimes des inondations. L’appui alimentaire vise à soulager les ménages éprouvés, tandis que les produits phytosanitaires doivent contribuer aux interventions nécessaires dans les zones touchées.
Cette opération traduit la volonté de la Ville de Dakar de rester aux côtés des populations en difficulté et de renforcer les actions de solidarité face aux conséquences des intempéries. Elle s’inscrit dans une dynamique d’accompagnement des communautés sinistrées, particulièrement éprouvées par les inondations.
LANCEMENT ERP PASS : Cheikhou Oumar Bâ renforce la transparence agricole
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Bâ, a lancé vendredi 9 octobre à Diamniadio la généralisation de la plateforme ERP PASS. Cet outil numérique vise à garantir une distribution plus transparente des intrants agricoles et un meilleur suivi des subventions publiques.
Le Sénégal accélère la digitalisation de son agriculture. Après une phase pilote menée notamment à Nioro et à Tivaouane, la plateforme ERP PASS entre dans sa phase de généralisation. Développée par le groupement Concis avec l’appui des services techniques du ministère, elle doit permettre d’identifier les bénéficiaires, d’assurer la traçabilité des intrants et de limiter les lourdeurs administratives.
« La particularité de ce jour réside dans la matérialisation d’un engagement pris par le président de la République […] dans la plus grande transparence », a déclaré Cheikhou Oumar Bâ lors de la cérémonie de lancement.
Le dispositif doit également permettre aux citoyens de mieux connaître les bénéficiaires des subventions dans leurs localités. Selon le ministre, la phase pilote a permis de toucher 426 villages dans plusieurs communes des régions de Kaolack et de Thiès.
Au-delà des semences et des engrais, le MASAE ambitionne d’intégrer progressivement d’autres services, notamment la mécanisation agricole et les données sur la fertilité des sols. L’objectif est d’améliorer le ciblage des aides publiques et la productivité des exploitations.
En engageant ses services à déployer la plateforme sur l’ensemble du territoire national, le ministre entend faire du numérique un levier de transparence et de souveraineté alimentaire.
Affaire des villas de Serigne Bassirou Guèye : Moustapha Cissé Lô sort de son silence et dénonce une polémique stérile et injustifiée
Auditionné ce jeudi devant la Commission d’enquête parlementaire, Yaya Abdou Kane, ancien Directeur Général de la SOGEPA, a révélé que Serigne Bassirou Guèye, ancien Procureur de la République, avait bénéficié de deux villas situées au Point E, dans le cadre d’un bail de 99 ans pour un loyer mensuel de 100 000 FCFA. Le Président Moustapha Cissé Lô, ancien député et premier vice-président de l'Assemblée Nationale, vient de monter au créneau. L'ancien Président du Parlement de la CEDEAO prend ainsi la défense du Procureur Serigne Bassirou Guèye. Selon lui:"L'attribution de biens fonciers à des personnalités n'est pas une nouveauté au Sénégal. Cela a toujours été ainsi depuis le régime du Président Senghor. Cette polémique ciblant uniquement Serigne Bassirou Guèye ne repose sur rien. C'est de l'acharnement politique. Halte à l'amalgame !", regrette El Pistolero qui, de s'interroger:"
Pourquoi le fait d'attribuer deux villas en bail à ce digne serviteur de l'État qu'est Serigne Bassirou Guèye suscite tant de vacarme, de polémique inutile et futile? Il n'ya vraiment à fouetter un chat. Qu'on soit sérieux", a dit avec verve le Président Moustapha Cissé Lô qui affirme réagir au nom de la vérité et, rien que la vérité.
A en croire Moustapha Cissé Lô, de nombreuses autorités, de citoyens Sénégalais ont eu à bénéficier de ces privilèges, de ces avantages fonciers ou immobiliers de par le passé et, sous les précédents régimes. Il en veut pour preuve, des maisons appartenant à l'État au Point E et qui avaient été cédées aux francs symboliques.
"Quel est le scandale dans ça ? Non, aucun scandale", tranche-t-il d'emblée, estimant que le Procureur Serigne Bassirou Guèye, en tant que citoyen et cadre émérite, avait le droit de négocier les conditions d’acquisition d’un bien immobilier. Rien ne saurait l'empêcher de le faire s'il le veut", croit dur comme fer l'ancien parlementaire
qui s’appuie également sur les déclarations attribuées à Yaya Abdou Kane devant la commission, selon lesquelles l’autorisation d’accorder les deux villas en bail aurait été donnée par l’ancien Président Macky Sall.
Pour le Président Cissé Lô, si des avantages similaires ont été accordés à d’autres personnalités, les circonstances de ces attributions doivent être examinées sans traitement différencié.
Le Président Moustapha Cissé Lô élargit le débat à la gestion du patrimoine foncier et immobilier de l’État depuis l’indépendance. Il estime que si les autorités actuelles entendent engager des poursuites pour des avantages indûment accordés, elles devraient examiner les situations comparables, y compris celles concernant des responsables du régime actuel:"Ne devrait-on pas poursuivre la plupart de ceux qui ont eu à exercer de hautes fonctions dans l'administration sénégalaise de l’indépendance à nos jours? Ne nous focalisons pas sur une seule et unique personne pour des raisons inavouées", avance-t-il tout en estimant que plusieurs responsables ont bénéficié d’avantages dépassant leurs rémunérations et qu'il ne devrait pas y avoir de différence de traitement entre certaines personnalités et d'autres".
Le régime régnant interpelé
Au-delà du dossier immobilier, l’ancien député adresse un avertissement aux autorités actuelles. Il appelle le régime Pastef à revoir son attitude envers ses adversaires politiques et à respecter le principe de continuité de l’État:"L’État est une continuité", rappelle-t-il, invitant les dirigeants à éviter ce qu’il considère comme un traitement injuste, sélectif réservé à leurs opposants.
Il exprime également ses inquiétudes sur la situation économique du pays. Pour lui, les opérateurs économiques peinent à entrevoir des perspectives favorables et met en garde contre une dégradation de la conjoncture économique", a-t-il fait savoir.
Le Président Moustapha Cissé Lô,au terme de son intervention, s'est aussi prononcé sur le fléau des inondations nées des dernières pluies qui ont arrosé Dakar et une bonne partie du pays. Ainsi, il exhorte le Gouvernement de la République du Sénégal à prendre des mesures hardies pour soutenir davantage les sinistrés. Il en appelle aussi à la mobilisation de toutes les forces sociales pour le combat contre ce drame. Le Président Cissé Lô est d'avis que toutes les énergies doivent converger pour aboutir à des solutions durables à cette problématique.
Malal Diallo Pith apporte son soutien à Patrick Vieira
Malal Diallo Pith encourage le sélectionneur national du Sénégal, Patrick Vieira, pour ses débuts prometteurs à la tête des Lions et les résultats positifs enregistrés à l’extérieur. Selon lui, ces performances témoignent d’un potentiel encourageant et méritent d’être saluées.
Pour Malal Diallo Pith, l’heure est aujourd’hui à la mobilisation et au soutien autour du technicien et de son groupe. Il estime que Patrick Vieira a besoin de la confiance de tous pour poursuivre son travail, renforcer la cohésion de l’équipe et conduire le Sénégal le plus loin possible à la prochaine Coupe d’Afrique des nations et à la Coupe du monde. Il appelle ainsi les supporters et les acteurs du football à faire bloc derrière les Lions.
INONDATIONS A DAKAR, THIES ET DANS D’AUTRES LOCALITES : Habib Niang d’And Suxali Senegaal appelle à une mobilisation collective
Le président du mouvement And Suxali Senegaal, Habib Niang, s’est engagé aux côtés des populations confrontées aux inondations, notamment à Dakar et Thiès.
Habib Niang appelle à une mobilisation collective pour faire face aux conséquences des inondations. Il estime que, même si l’État déploie d’importants efforts, la lutte contre ce phénomène doit également impliquer toutes couches de la population. Il invite les acteurs économiques, les hommes d’affaires et l’ensemble des forces vives du pays, a se donner la main pour venir à bout des inondations.
Selon l’expert du Cadastre, la solidarité nationale doit permettre d’apporter des réponses concrètes aux familles confrontées aux difficultés liées aux eaux stagnantes et aux inondations.
Par ailleurs, Habib Niang rappelle que son mouvement a déjà participé, au cours des années précédentes, à des actions de solidarité en faveur des populations sinistrées et entend poursuivre cet engagement citoyen.
Dans cette dynamique, il informe qu’And Suxali Senegaal prépare une opération de soutien dans plusieurs établissements scolaires touchés par les inondations, avec comme objectif de contribuer à l’évacuation des eaux et de permettre aux élèves et aux enseignants de retrouver des conditions normales de fonctionnement.
À travers cette initiative, Habib Niang veut ainsi renforcer la solidarité et la mobilisation citoyenne face aux inondations.
Il demande au Gouvernement d’assister davantage les sinistrés, tout en magnifiant la résilience des Sénégalais face à l’ampleur des dégâts matériels et humains.
DAKAR SOUS LES EAUX:ABASS FALL, LES PIEDS DANS LA BOUE, AU CŒUR DE LA DOULEUR DES SINISTRÉS.
Il y a des images qui ne trompent pas. Celles d'un Maire les pieds dans l'eau boueuse, le regard grave, face à une mère qui tient son enfant sur un lit qui flotte. C'était aujourd'hui à Dakar.
Le Maire de Dakar, Abass Fall, n'est pas resté dans son bureau. Il est allé là où la souffrance est la plus vive.Aux Parcelles Assainies Unité 7, c'est le désarroi total. Des maisons éventrées, des matelas trempés, des souvenirs de toute une vie qui partent à l'eau.Des dégâts collatéraux ont été constatés, oui, mais derrière ce mot froid, il y a des vies brisées. Une vieille dame assise devant sa porte, les larmes aux yeux : "Mon fils, on a tout perdu".À Cambérène*, le silence est lourd. Chez la famille qui a subi les inondations, il ne reste plus rien. Les murs suintent, les enfants grelottent.Le Maire s'est assis, il a écouté, il a consolé. Pas de discours politique, juste de l'humanité.Et puis cap sur Maristes, Cité Belle Vue. Ironie du nom pour une cité qui aujourd'hui n'a rien de beau à voir. L'eau a tout envahi.Le désespoir se lit sur tous les visages.
Face à cette détresse, Abass Fall n'a pas pu retenir son émotion.Et il a pris des engagements forts. "Ces populations qui se trouvent actuellement dans les eaux ne seront pas abandonnées.Ce sont nos mères, nos sœurs, nos frères. Nous allons agir et agir vite".
Des mesures d'urgence ont été annoncées pour sortir ces familles de l'enfer des eaux.Parce qu'à Dakar aujourd'hui, ce n'est pas seulement une inondation, c'est une épreuve humaine.
Et pour ces familles, voir leur Maire mouiller le boubou à leurs côtés, c'est déjà un début d'espoir.
*Alioune Ndiaye*
CHERIF NDIAYE : « La participation économique nécessite de multiples voies, et non un parcours unique imposé »
L'avenir économique de l'Afrique de l'Ouest dépend de notre capacité à transformer les ambitions en moyens de subsistance durables. Pourtant, depuis des décennies, nous avons tendance à envisager les opportunités économiques sous un angle assez restreint.
Étudiez sérieusement. Obtenir des diplômes. Trouver un bon emploi. Bâtir une carrière.
Ces aspirations restent tout à fait légitimes. Toutefois, à travers l'Afrique de l'Ouest, ce ne peut être la seule voie pour laquelle nous préparons les populations.
Notre région est jeune, ambitieuse et de plus en plus connectée. Chaque année, des millions de jeunes atteignent l'âge de travailler avec des attentes fondamentalement différentes de celles de la génération précédente. Les femmes aspirent à une plus grande indépendance économique.
La technologie réduit certains obstacles à la participation tout en créant des formes de travail inédites.
Pourtant, l'économie formelle ne peut absorber tous ceux qui souhaitent, ou ont besoin d'y participerparticiper. Dans un article publié en juillet 2024, la Banque mondiale indiquait que six millions de jeunes entrent sur le marché du travail chaque année en Afrique de l'Ouest et du Centre, alors qu'environ un demi-million d'emplois seulement sont créés.
La question qu'il convient donc de se poser n'est pas simplement : comment créer davantage d'emplois ?
Il s'agit aussi de savoir comment multiplier les voies légitimes et responsables permettant aux individus de participer à l'économie.
La participation économique va bien au-delà du simple salariat Une économie saine a besoin de salariés. Elle a besoin de grandes entreprises et d'institutions publiques. Elle a besoin d'ingénieurs, d'enseignants, de médecins, de banquiers et defonctionnaires.
Mais elle a aussi besoin de petits commerçants, de professionnels indépendants, d'agriculteurs, de créateurs, d'artisans, d'entrepreneurs technologiques, d'entreprises familiales, de consultants, de distributeurs et de personnes fournissant des services au sein de leur communauté.
De nombreux Africains de l'Ouest tirent déjà leurs revenus de ces activités.
Pour certains, ce mode de subsistance est un choix délibéré ; pour d'autres, il reflète un manque d'alternatives. Notre priorité doit être d'aider les individus à passer d'une activité économique informelle et précaire à une participation plus productive, qualifiée et sûre.
Cela nécessite une définition plus large de l'entrepreneuriat.
Tous les entrepreneurs ne bâtiront pas une « licorne » technologique ni ne lèveront des millions de dollars en capital-risque. La plupart ne le feront jamais.
L'entrepreneuriat peut commencer de manière beaucoup plus simple : identifier un besoin, proposer un produit ou un service, trouver des clients, gérer les revenus et les dépenses, et construire progressivement quelque chose plus durable.
Pour une personne n’ayant jamais eu accès à un emploi formel, même cette première étape peut être considérable. Toutefois, la création d’une entreprise n’est qu’un début.
L’accès à la clientèle, à des financements adaptés et à un soutien concret détermine si cette activité peut devenir une source de revenus durable.
Comme l’a souligné la Banque mondiale, des politiques commerciales plus prévisibles et alignées sur la Zone de libre-échange continentale africaine pourraient également aider les petites entreprises à accéder à des marchés plus vastes.
L'accès aux opportunités doit s'inscrire dans une démarche responsable Élargir l'accès à l'entrepreneuriat ne saurait signifier en abaisser les exigences.
Alors que de plus en plus de personnes cherchent en ligne des moyens de générer un revenu complémentaire, il devient crucial de distinguer les véritables opportunités économiques des promesses irréalistes.
Aucune forme légitime d'entrepreneuriat ne garantit la réussite.
Les revenus dépendent de multiples facteurs : l'effort, les compétences, la demande, la concurrence, l'expérience et le moment choisi. Quiconque se lance dans une activité entrepreneuriale a le droit de comprendre clairement ce qui est requis, les coûts impliqués, les risques encourus et les modalités de génération de revenus.
Les entreprises ont également la responsabilité de s'attaquer aux affirmations exagérées concernant les revenus et aux offres trompeuses émanant de leurs représentants. Toute opportunité doit s'accompagner d'une information claire et de procédures de réclamation accessibles.
L'entrepreneuriat doit élargir les choix des individus, et non exploiter leurs aspirations.Les gouvernements, les entreprises, la société civile et les autorités chargées de l'application de la loi ont donc un intérêt commun à créer un environnement propice au développement des opportunités légitimes, tout en rendant plus difficile la mise en œuvre d'activités frauduleuses.
Les compétences peuvent être tout aussi importantes que le capital Lorsqu'il est question d'entrepreneuriat, la conversation porte souvent d'emblée sur l'accès au financement.
Certes, le financement est crucial, mais quiconque lance une petite entreprise doit également savoir cerner les besoins des clients, communiquer efficacement, gérer la trésorerie, utiliser des outils numériques, négocier, résoudre des problèmes et instaurer un climat de confiance.
Ces compétences conservent leur valeur, même si l'entreprise en question ne rencontre pas le succès escompté.
Vendre de manière responsable peut améliorer la communication. La gestion de la clientèle développe le sens du service. Le suivi des recettes et des dépenses favorise la discipline financière et aide à distinguer le chiffre d'affaires du bénéfice. La constitution de réseaux développe les aptitudes relationnelles. L'utilisation de plateformes sociales à des fins professionnelles permet de renforcer les compétences numériques.
Il convient donc de voir au-delà de la simple création d'entreprises et de viser plutôt le développement d'individus dotés de compétences économiques solides.
Au cours de leur vie, les individus peuvent passer à plusieurs reprises du salariat à l'entrepreneuriat ou au travail indépendant. Les compétences acquises dans un contexte donné peuvent être transposées dans le suivant.
Les femmes ont besoin de parcours adaptés à la réalité Dans toute notre région, les femmes participent activement au commerce et au secteur informel
; pourtant, leur potentiel économique reste limité par un accès inégal au financement, aux réseaux, à la technologie, à la formation et, bien souvent, au temps. La nécessité d'élargir cette participation est particulièrement manifeste chez les jeunes femmes. Une analyse d'ILOSTAT de mai 2026, fondée sur des données de 2022, révélait que le taux d'emploi des femmes âgées de 15 à 29 ans au Sénégal n'était que de 22,5 %.
Les modèles économiques offrant une plus grande flexibilité peuvent contribuer à élargir cette participation. Toutefois, la flexibilité ne suffit pas à garantir l'autonomisation.
Les femmes ont également besoin de compétences, de connaissances financières, d'outils numériques, de mentorat et de réseaux professionnels solides. Les programmes et les modalités de formation doivent tenir compte des responsabilités liées aux soins et à la famille. Les opportunités qui leur sont offertes doivent par ailleurs être transparentes et économiquement viables.
Pour que l'entrepreneuriat contribue véritablement à la participation économique des femmes, il ne faut pas se contenter de compter le nombre de femmes qui créent une entreprise ; il convient aussi de se demander si ces entreprises renforcent leurs compétences, leur sécurité de revenu et leur indépendance économique
L'accès au numérique transforme les perspectives
La technologie réduit certains obstacles à l'activité économique. La BCEAO (Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest) signale que le nombre de points d'acceptation de monnaie électronique pour les commerçants au sein de l'Union économique et monétaire ouest-africaine
(UEMOA) est passé d'environ 1,75 million en 2023 à 3,71 millions en 2024. Cette augmentation des points d'acceptation témoigne de l'expansion des infrastructures du commerce numérique, bien qu'une même entreprise puisse disposer de plusieurs points d'acceptation.
Grâce au smartphone, l’on peut désormais d'accéder à une clientèle, à des solutions de paiement, à la formation, à la logistique, aux services financiers et à des marchés qui étaient
difficilement accessibles aux petits entrepreneurs il y a une génération. L'intelligence artificielle pourrait encore élargir ces possibilités.
Les propriétaires de petites entreprises ont de plus en plus accès à des outils de traduction, de marketing, de conception, de service client, de comptabilité et de recherche. Leur utilité dépend
toutefois de leur coût abordable, de la maîtrise des compétences nécessaires et de la vérification de l'exactitude des résultats produits.
Mais la connectivité ne suffit pas à elle seule. Les individus ont également besoin des compétences nécessaires pour utiliser la technologie de manière productive. Les programmes d'entrepreneuriat doivent donc enseigner non seulement comment créer une entreprise, mais
aussi comment évoluer sur un marché de plus en plus numérique.
Il nous faut un écosystème, et non une solution unique il n'existe pas de modèle unique capable de résoudre le défi de l'emploi en Afrique de l'Ouest.
L'emploi formel, la formation professionnelle, le développement des petites entreprises, l'agriculture, les startups technologiques, les industries créatives, le travail indépendant, l'entrepreneuriat social et la vente directe responsable peuvent tous y contribuer.
Le véritable objectif doit être de bâtir un écosystème qui offre aux individus des choix plus crédibles. Les gouvernements peuvent mettre en place des réglementations et des infrastructures favorables. Les établissements d'enseignement peuvent doter les jeunes de compétences adaptables. Les institutions financières peuvent améliorer l'accès à des capitaux responsables. Les entreprises peuvent créer des plateformes de participation et investir dans la formation. La société civile et les médias peuvent aider les gens à distinguer les véritables opportunités des arnaques.
Ceux d'entre nous qui évoluent dans le secteur privé doivent également accepter que l'inclusion s'accompagne de responsabilités. À QNET, notre programme FinGreen met l'accent sur l'éducation financière par le biais de la formation, en particulier auprès des jeunes adultes et des communautés ayant un accès limité aux ressources. Son objectif reflète la nécessité plus large d'aider chacun à prendre des décisions financières éclairées. Toutefois, la formation ne doit jamais être présentée comme une garantie de revenus.
Ouvrir une porte ne suffit pas ; il faut être clair sur ce qui se trouve derrière.
L'Afrique de l'Ouest ne manque pas d'ambition. Il suffit de passer quelque temps à Dakar, Accra, Abidjan, Lagos ou Lomé pour la constater partout : sur les marchés, dans les petites entreprises, les pôles technologiques, les campus et sur les plateformes numériques.
Notre défi consiste à transformer davantage cette ambition en une participation économique durable. Cela commence par abandonner l'idée selon laquelle chacun doit suivre la même trajectoire économique, tout en continuant à investir dans des emplois de qualité.
Une économie résiliente est une économie dans laquelle les individus disposent de plusieurs opportunités légitimes, des compétences pour les rendre productives et des connaissances nécessaires pour faire un choix éclairé parmi elles. C'est ainsi que l'Afrique de l'Ouest pourra transformer davantage son ambition en un progrès économique durable.
Cherif Sarr est directeur général régional pour l'Afrique centrale et de l'Ouest à QNET
TRAVAIL DÉCENT ET OCTOBRE ROSE:LES FEMMES SYNDICALISTES RÉCLAMENT UN CODE DU TRAVAIL PLUS PROTECTEUR
Le Réseau National des Femmes Syndicalistes du Sénégal (RENAFESS) a célébré ce 07 Octobre 2026 à la CNTS Kër Madia la Journée Mondiale du Travail Décent à travers un point de presse.Cette rencontre entre dans le cadre du mois d'Octobre Rose, mois dédié à la lutte contre le cancer du sein et du col de l'utérus.Placée sous le thème. <<Ensemble pour nos droits et en solidarité avec nos Secrétaires Généraux pour un Code du travail protecteur en faveur du travail décent»,la journée a été présidée par le Secrétaire Général de la CNTS.
Mody Guiro, SG de la CNTS, a présidé la journée. Dans son intervention, il a réaffirmé le soutien de la centrale au combat des femmes pour un travail décent et un code du travail plus juste.Et selon Mme Aïssatou Touré, Présidente du RENAFESS:"Il ne peut y avoir de travail décent si la femme travailleuse est malade et n'a pas accès aux soins.C'est pourquoi, en ce mois d'Octobre Rose, nous allions notre revendication syndicale à la sensibilisation pour la santé.Nous demandons un Code du travail qui protège la maternité, qui lutte contre le harcèlement et qui intègre le droit à la santé pour toutes les femmes".Un appel fort lancé depuis Kër Madia pour que la réforme du Code du travail prenne enfin en compte la dimension genre.
Par Alioune Ndiaye
