La rédaction
Réouverture de l'aéroport de Ziguinchor: la Casamance décolle sous un nouveau ciel
Après des années d'attente, l'aéroport de Ziguinchor réouvre officiellement ses portes le 30 avril 2026. Avec un investissement public de 13 milliards Cfa et un premier vol commercial programmé dès le 1er Mai, cette infrastructure constitue un tournant historique pour le désenclavement de la région naturelle de Casamance et l'équité territoriale du Sénégal..
UN CHANTIER LONGTEMPS ATTENDU, UN ENGAGEMENT TENU
L'aéroport de Ziguinchor, mis en service en 1950, a longtemps porté les cicatrices d'un conflit casamançais qui a fermé des horizons bien au-delà de ses pistes. Depuis l'annonce du retour à la paix dans les années 2010, les promesses de reconstruction se sont succédées sans qu'aucune ne se concrétise pleinement. Le 20 Décembre 2025, la visite du Président Bassirou Diomaye Faye sur le chantier du quartier Néma a marqué le vrai tournant: avec une injection initiale de 7 milliards Cfa via la loi de finance rectificative 2025, l'Etat a envoyé un signal politique fort, complétés de 6 milliards Cfa supplémentaires prévus dans le budget 2026.
L'entreprise en charge des travaux a redoublé d'efforts pour honorer l'échéance fixée par le chef de l'Etat. Une mission de terrain du comité de suivi a validé l'avancement des travaux en Mars 2026. Le 7 Avril, le ministre des transports terrestres et aériens Yankoba est a réalisé une dernière inspection. Le ministre des infrastructures Déthié Fall a ensuite confirmé l'ouverture officielle au 30 Avril, une date symbolisée d'un vol transportant de hautes autorités. Dès le 1er Mai, les vols commerciaux reprennent.
"L'aéroport de Ziguinchor constituera un levier structurant et catalytique de premier ordre pour le développement du pôle territorial Sud en réduisant des distances et en améliorant la mobilité, il renforcera l'attractivité de la Casamance, et soutiendra durablement sa transformation économique et sociale", a soutenu Yankoba Diémé, ministre des transports terrestres et aériens du Sénégal.
UNE INFRASTRUCTURE D'UTILITÉ PUBLIQUE AU SERVICE DE L'ÉQUITÉ TERRITORIALE
La formule du ministre Yankoba Diémé résonne bien au-delà du vocabulaire technique. Un Aéroport n'est pas seulement une piste asphaltée et un bâtiment de départ - c'est un dispositif de souveraineté territoriale. Il dit a une région : vous existez dans le système national. Vous comptez. Vos producteurs, vos entrepreneurs, vos touristes et vos familles méritent les mêmes facilités que ceux de Dakar.
La Casamance nécessite un regard particulier : enclave géographique séparé du reste du Sénégal par la Gambie, elle doit aujourd'hui affronter l'épreuve de la transition économique avec des atouts considérables - agriculture, pêche, tourisme balnéaire, biodiversité - mais trop souvent immobilisée par les déficiences d'accessibilité. L'aéroport ne résoudra pas seul cette équation, mais il en est un maillon essentiel. Couplé à l'aéroport de Cap-Skirring, il forme un binôme aérien destiné à couvrir l'ensemble du bassin sud du pays.
SYMBOLE D'UNITÉ NATIONALE, VECTEUR DE PAIX DURABLE
Au-delà de la logistique, cette réouverture porte une charge symbolique que les acteurs politiques et civiles de la Casamance ne manqueront pas de souligner. Pendant des décennies, le conflit casamançais a été synonyme d'isolement imposé, de routes coupées, de ciel fermé. Réouvrir cet aéroport, c'est écrire dans le béton et le bitume que ce chapitre est clos
Le Président de la république l'a dit lui même lors de sa visite de Décembre: "Grâce à cet aéroport, Ziguinchor reprendra sa respiration en plein poumon en termes d'accessibilité." Cette métaphore méditée de la respiration est juste: une ville qui respire, c'est une ville qui échange, qui croit, qui produit. Yankoba Diémé prolonge cette vision en parlant de "destin national commun fondé sur la mobilité, la solidarité et la prospérité partagée " - une devise qui dépasse la seule Casamance pour interpeller l'ensemble du projet national sénégalais.
UNE AMBITION NATIONALE: le maillage aéroportuaire du pays
La portée de cet événement dépasse Ziguinchor. Le gouvernement a annoncé un programme de modernisation du réseau aérorportuaire national : extansion de l'aéroport de Saint-Louis, reconstruction des plateformes de Matam et de Ourossogui. La politique de "territorialisation des politiques publiques" portée par la présidence de la république se materialise ainsi progressivement sur toute l'étendue du territoire : chaque région doit trouver dans l'Etat un partenaire du développement local, non un observateur lointain.
La réouverture de l'aéroport de Ziguinchor intervient également dans un contexte régional porteur. Les compagnies aériennes ouest-africaines cherchent à diversifier leurs dessertes. Les opérateurs touristiques européens scrutent le marché casamançais depuis les années. La piste rallongée à 2.500 mètres permettra l'accueil d'avions moyens et gros porteurs, ouvrant la voie a des liaisons directes avec les principales capitales sub-sahariennes et éventuellement européennes.
Dans l'immense chantier de la reconstruction nationale sénégalaise, certains moments valent plus que leur seule valeur technique. La réouverture de l'aéroport de Ziguinchor est de ceux-là.
Elle dit que l'été casamançais est terminé, que ses saisons sont désormais connectées
au reste du monde, et que la prospérité, comme le ministre Diémé l'a dit avec force, doit être "partagée", pas distribuée depuis Dakar.
Kaffrine : L'anpej mise sur les jeunes pour les métiers de la mobilité durable
La Chambre de commerce, d’agriculture et d’industrie de Kaffrine a abrité un atelier d’information et de sensibilisation sur les métiers de la mobilité urbaine durable, à l’initiative de l’ANPJ et de ses partenaires.
Cette rencontre entre dans le cadre du projet visant à former et insérer des jeunes Sénégalais dans des secteurs porteurs liés aux transports modernes. Selon la directrice de l’ANPJ, Sina Amadou Gaye, le programme ambitionne d’accompagner à terme 600 jeunes dans plusieurs filières techniques, notamment la maintenance des véhicules électriques, le matériel roulant ferroviaire et les installations spécialisées.
Elle a également annoncé l’organisation de campagnes de sensibilisation dans les 14 régions du Sénégal afin d’identifier les meilleurs profils et garantir une participation inclusive des jeunes, notamment des filles, des personnes en situation de handicap et des jeunes issus du monde rural.
Le coordonnateur du projet Skills Urbain, Lamine Thiam, a pour sa part révélé qu’un appel à candidature sera lancé pour le recrutement de 100 jeunes dans quatre métiers techniques liés à la mobilité durable.
Présent à la cérémonie, l’adjoint au préfet de Kaffrine, Boubacar Ba, a salué cette initiative et exhorté les jeunes de la région à saisir cette opportunité de formation et d’insertion professionnelle.
À travers ce programme, les autorités veulent préparer une main-d’œuvre qualifiée capable d’accompagner la modernisation du secteur des transports au Sénégal.
Mamadou Ndiaye
État civil au Sénégal : le programme NEKKAL arrive à maturité et trace la voie d’une réforme décisive
Après cinq années de mise en œuvre, le programme NEKKAL entre dans sa phase de capitalisation. À l’occasion d’un atelier de partage et de validation des documents de capacitation, acteurs institutionnels, partenaires techniques et experts se sont réunis pour dresser le bilan et définir les perspectives d’un système d’état civil modernisé, inclusif et sécurisé.
Financé en grande partie par l’Union européenne, ce programme ambitieux a permis des avancées notables dans la modernisation de l’état civil au Sénégal. Infrastructures rénovées, centres d’état civil construits, déploiement d’outils numériques, formation des agents : les acquis sont jugés significatifs par les autorités.
Prenant la parole au nom du ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, le représentant du ministère a insisté sur l’importance stratégique de l’état civil. « Sans acte de naissance, point d’existence juridique », a-t-il rappelé, soulignant que ce service constitue la porte d’entrée à des droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé ou encore la participation citoyenne.
Le Directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) a, pour sa part, appelé à dépasser le stade des constats pour entrer dans une phase d’accélération. Selon lui, le programme NEKKAL a permis d’amorcer une transformation structurelle, mais des défis majeurs subsistent : inégalités territoriales, insuffisance de connectivité, lenteurs administratives et sécurisation des données.
« Ce que nous avons accompli est important, mais encore insuffisant. Le temps de l’exécution a commencé », a-t-il déclaré avec fermeté, plaidant pour une digitalisation intégrale et obligatoire des services d’état civil.
L’atelier a également permis de mettre en lumière les contraintes persistantes, notamment les problèmes de connectivité internet dans certaines zones, le manque de profils qualifiés parmi les agents, ainsi que les risques liés à la fraude documentaire. Des pistes de solutions ont été évoquées, dont le renforcement des capacités, l’amélioration des infrastructures numériques et la mise en place de mécanismes de contrôle plus rigoureux.
Au-delà des aspects techniques, les participants ont insisté sur la dimension humaine et sociale de l’état civil. Chaque acte délivré représente une reconnaissance officielle de l’existence d’un citoyen et son intégration dans la société.
Les conclusions de cet atelier devraient alimenter les futures assises nationales de l’état civil, annoncées comme un tournant décisif. L’objectif est clair : bâtir un système fiable, accessible et sécurisé, capable de répondre aux exigences d’un Sénégal en pleine transformation.
Alors que le programme NEKKAL tire à sa fin, les attentes restent élevées. Entre acquis à consolider et défis à relever, les autorités sont désormais appelées à maintenir la dynamique engagée pour garantir à chaque citoyen une identité légale et des droits pleinement reconnus.
Mamadou Touré
Kaolack : fronde des zones rurales contre un bureau “monopolisé” de la Coalition Diomaye Président
À Kaolack, la restructuration de la Coalition Diomaye Président suscite une vive contestation. Des leaders ruraux dénoncent une mise à l’écart au profit de la commune urbaine.
La Coalition Diomaye Président dans le département de Kaolack est secouée par une vague de contestations. À l’issue d’une assemblée générale dédiée à sa restructuration, les représentants de 13 communes rurales ont exprimé leur profond désaccord avec la composition du nouveau bureau départemental.
Dans un communiqué rendu public, ces responsables locaux dénoncent « avec amertume » une marginalisation des zones rurales, qu’ils jugent systématiquement écartées au profit de la commune de Kaolack. Selon eux, l’ensemble des postes de responsabilité au sein de la coordination départementale a été attribué à des membres issus exclusivement de la commune urbaine.
Sont notamment concernés les postes de coordonnateur départemental, de vice-coordonnateurs, de secrétaire général et de secrétaire général adjoint, ainsi que les fonctions stratégiques liées à la communication, à la mobilisation, à l’organisation, aux finances et aux élections. Les coordinations des femmes, des jeunes, des sages et des arabophones, ainsi que leurs adjoints, seraient également toutes occupées par des représentants de la commune de Kaolack.
Une situation jugée « inacceptable » par les signataires du communiqué, qui estiment que cette configuration ne reflète ni l’équilibre territorial ni l’esprit de concertation censé guider le fonctionnement de la coalition.
En conséquence, les 13 leaders des communes rurales rejettent « formellement » ce qu’ils qualifient de bureau « non consensuel » et exigent sa révision dans les plus brefs délais. Ils se disent, par ailleurs, déterminés à se mobiliser pour « faire face à cette injustice ».
Dans cette perspective, ils appellent la superviseure générale de la coalition, Aminata Touré, à intervenir rapidement afin de procéder à un arbitrage et prévenir une escalade des tensions au sein de la structure.
COMMUNIQUÉ DU PARTIE DÉMOCRATIE SENEGALAIS (PDS)
En prélude aux préparatifs de la célébration du centenaire du Président Maître Abdoulaye Wade, une délégation officielle du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) a été reçue ce samedi par le Khalife Général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké.
Cette visite s’inscrit dans une démarche de concertation et de partage engagée avec les autorités étatiques et religieuses du pays, dans un esprit de communion nationale autour de cet événement d’exception, qui marquera cent années de vie, d’engagement et de service à la Nation du Président Abdoulaye Wade.
Au cours de cette audience, la délégation a sollicité les prières, les conseils et l’accompagnement spirituel du Khalife Général des Mourides pour la pleine réussite de ce centenaire, dont la portée dépasse le cadre national pour revêtir une dimension africaine et internationale.
Elle a également informé le Khalife Général que cette célébration est placée sous le Haut Patronage de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qui a réaffirmé son engagement à accompagner la réussite de cet événement. La délégation a, à cette occasion, présenté les grandes orientations du programme du centenaire.
En retour, le Khalife Général des Mourides a formulé des prières à l’endroit du Président Abdoulaye Wade et exprimé ses vœux de succès pour cette célébration historique.
Fait à Dakar, le 25 avril 2026
Le Porte-parole
Barcelone accueille une mobilisation progressiste mondiale face aux défis du XXIe siècle
Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des reculs démocratiques et des mutations profondes liées aux transitions écologique, sociale et technologique, une nouvelle initiative entend fédérer les forces progressistes à l’échelle mondiale.
Baptisée Mobilisation Progressiste Globale (Global Progressive Mobilisation, GPM), cette plateforme politique se veut un espace de coopération ouvert et inclusif. Elle ambitionne de rassembler des acteurs engagés issus de différentes régions du monde autour d’un objectif commun : transformer les bouleversements actuels en progrès collectif durable.
Selon les organisateurs, la GPM repose sur un principe fondamental d’égalité entre ses participants, chacun étant invité à contribuer en fonction de son expérience et de son contexte local. Cette approche collaborative vise à encourager une réflexion partagée et des actions coordonnées face aux défis globaux.
La première rencontre officielle de cette initiative se tiendra à Barcelone, en Espagne, les 17 et 18 avril 2026. Cet événement inaugural réunira des acteurs politiques, sociaux et intellectuels autour de thématiques majeures telles que la défense de la démocratie, la promotion des droits fondamentaux, la paix et le respect du droit international.
Les discussions porteront également sur des enjeux cruciaux comme la transition écologique et numérique, la justice économique et la mise en place de politiques migratoires plus humaines. À l’heure où les mouvements nationalistes et autoritaires gagnent en influence au-delà des frontières, les promoteurs de la GPM appellent à une réponse transnationale forte, fondée sur la solidarité et des valeurs partagées.
L’événement se veut avant tout un moment de co-construction, destiné à poser les bases d’un nouvel internationalisme démocratique. Les participants auront ainsi l’opportunité de contribuer à l’élaboration d’une vision renouvelée, centrée sur l’égalité, la liberté et un développement durable.
Avec cette initiative, les forces progressistes espèrent franchir une nouvelle étape dans la coordination internationale et proposer une alternative crédible face aux défis contemporains.
LETTRE OUVERTE ADRESSÉE AU MINISTRE DE L’HYDRAULIQUE ET DE L’ASSAINISSEMENT
Scandale sur la gestion nébuleuse du forage des huit villages de la commune de Taïba Ndiaye
Monsieur le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal,
Objet : Alerte sur la gestion du forage des 8Villages dans la commune de Taïba Ndiaye
Par la présente, nous souhaitons attirer votre haute attention sur une situation préoccupante qui prévaut dans la commune de Taïba Ndiaye, concernant la gestion du forage desservant des 8 (huit )villages.
Aujourd’hui, habitants, jeunes et acteurs locaux s’accordent à dénoncer une gestion marquée par des dysfonctionnements persistants, une opacité notable et une absence de renouvellement des instances dirigeantes. Depuis plusieurs années, les populations subissent les conséquences d’une gouvernance jugée défaillante des ressources hydrauliques, pourtant vitales. Les forages, essentiels à la vie quotidienne, sont devenus le symbole d’un système verrouillé, où les responsabilités restent concentrées entre les mêmes individus, sans transparence ni alternance.
Au-delà des questions de gouvernance, les impacts sont concrets et préoccupants : pénuries d’eau fréquentes, infrastructures dégradées et projets non aboutis. De graves soupçons de détournements de fonds persistent, certains responsables étant accusés d’avoir privilégié des intérêts personnels, notamment à travers la construction de biens privés, au détriment du bien-être collectif.
La jeunesse locale, composée d’élèves et d’étudiants, exprime également un profond sentiment d’exclusion. Elle déplore son absence totale d’implication dans les processus décisionnels, renforçant ainsi un malaise social grandissant.
Par ailleurs, ces difficultés ne se limitent pas au secteur de l’hydraulique. Elles affectent également d’autres domaines essentiels tels que l’éducation et les projets de développement, contribuant à installer un climat de méfiance généralisée envers les responsables locaux et les élus.
Face à cette situation, nous appelons respectueusement mais fermement à une intervention urgente de votre département. Les populations des 8 villages réclament :
* une réforme en profondeur du mode de gestion des forages,
* une transparence totale dans l’utilisation des ressources,
* et la mise en place de mécanismes de contrôle rigoureux et indépendants.
Convaincus de votre engagement pour une gestion équitable et durable des ressources hydrauliques au Sénégal, nous espérons que cette alerte retiendra toute votre attention.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.
Assane SONKO
Citoyen, jeune habitant des 8 villages .
DIPLOMATIE RELIGIEUSE : L'appel de Dakar pour une refondation éthique du monde
La 2e édition du CIDIR 2026 à l'UCAD 23 a réuni les 23 et 24 avril des leaders religieux et diplomates pour une refondation éthique des politiques publiques, sous l'impulsion de l'ONG Fawzi Wa Nadjati. Thierno Amadou Ba, Khalife de Bambilor, a prôné la spiritualité comme levier de paix et annoncé une future Chaire de recherche en diplomatie religieuse pour promouvoir le vivre-ensemble.
Le Colloque international sur la Diplomatie Religieuse (CIDIR 2026), cette rencontre scientifique et interreligieuse majeure organisée à l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, a vécu.
En effet, cette deuxième édition tenue les 23 et 24 avril dont la réflexion a porté sur "Université, valeurs spirituelles et diplomatie religieuse: pour une refondation éthique des politiques publiques", a réuni des leaders religieux de toutes les confessions, des diplomates (dont l'Ambassadeur de l'Union européenne), des universitaires et des chercheurs.
Cet événement porté par l'ONG Fawzi Wa Nadjati dirigée par Thierno Amadou Ba, Khalife de Bambilor en partenariat avec l'Institut des politiques publiques (IPP) de l'UCAD a une fois de plus mis en avant le modèle de coexistence pacifique du Sénégal comme exemple de médiation et de dialogue.
"Mesdames et messieurs
Je voudrais soumettre à votre attention trois réflexions qui, je le crois profondément, nous obligent tous et nous engagent dans une responsabilité commune.
La première est un appel à la paix. Un appel simple, mais essentiel. Le monde traverse des tensions multiples, souvent nourries par les excès des passions et les fragilités humaines. Pourtant, il nous appartient de nous élever au-dessus de ces logiques de confrontation. Comme le rappelait l’esprit humaniste, ouvrir des écoles doit toujours signifier fermer des champs de bataille. L’université, dans cette perspective, ne saurait être un espace de tensions émotionnelles, mais un lieu de tensions intellectuelles, où les idées se confrontent pour faire progresser la pensée et éclairer l’avenir. À chacun de nous revient alors cette exigence : savoir raison garder et faire de la parole un instrument de construction et non de rupture", lancé d'emblée le khalife général de Bambilor devant les représentants du Saint-Siège du Vatican, de la République d'Autriche, des différents foyers religieux et des missions diplomatiques accréditées au Sénégal. Une opportunité pour Thierno Amadou Ba d'appeler les universitaires à une relecture profonde des savoirs et de leurs finalités.
"La recherche ne peut être dissociée des questions fondamentales de sens, de valeurs et de spiritualité. Il s’agit de reconnaître que la diplomatie religieuse, la spiritualité et les dynamiques éthiques constituent aujourd’hui des champs essentiels de compréhension du monde. Orienter la réflexion académique vers ces dimensions, ce n’est pas la détourner de sa rigueur, c’est au contraire l’élargir, la renforcer et lui donner une portée plus humaine. L’université est ainsi appelée à contribuer à la formation de consciences éclairées, capables de penser le lien entre savoir, valeurs et action publique", a-t-il poursuivi avant de prôner le vivre-ensemble.
"Un vivre-ensemble qui ne nie pas les différences, mais qui les assume pleinement. Chacun est enraciné dans une histoire, une culture, une foi ou une identité propre. Mais ces singularités ne doivent pas devenir des frontières. Elles doivent au contraire ouvrir à la rencontre. Le véritable enjeu est de déplacer notre regard : penser davantage ce qui nous relie que ce qui nous sépare. C’est précisément ce que permet un espace comme celui-ci, où le dialogue devient possible, où les sensibilités se rencontrent et où se construit patiemment une intelligence partagée du monde", a martelé Thierno Amadou Ba selon qui, pour l'édition 2026 du CIDIR, l’un des acquis majeurs est d’avoir montré, concrètement, que le dialogue des savoirs peut devenir un espace opératoire de réflexion, de médiation et d’anticipation.
"Au terme de cette deuxième édition du CIDIR, il convient de retenir d’abord la richesse et la cohérence des activités qui ont rythmé ces journées. De la cérémonie inaugurale aux conférences introductives, des dialogues croisés entre autorités religieuses musulmanes et chrétiennes aux communications scientifiques, des interventions des partenaires diplomatiques aux échanges autour de la future Chaire de recherche en diplomatie religieuse, chaque séquence a contribué à approfondir le sens même de cette initiative", a indiqué Thierno Amadou Ba au terme des deux jours de réflexion.
Ainsi, cette année encore, les conférences mémorielles, les tables rondes, les débats libres, ont donné à cette tribune abritée par l'auditorium Khaly Amar Fall de l'UCAD, une densité intellectuelle et humaine remarquable.
Aly Saleh
Publication de son livre sur les collectivités éducatives au Sénégal : Célestin Tine retrace son parcours résilient et ouvre des perspectives heureuses pour la postérité
Il était, à 11 ans, un enfant colon, mais avec l'expérience de la pratique éducative, l'auteur Célestin Tine à gravi les échelons pour devenir Directeur national en charge de l'éducation populaire. Une étape cruciale de son parcours qui lui a permis aujourd'hui de partager d'enrichissantes expériences passées au chevet de l'enfance et sa formation. A travers son livre intitulé ''les collectivités éducatives au Sénégal : parcours, héritage et perspectives 1970-2019, Célestin donne tout simplement goût à revisiter son passé au service des collectivités éducatives via sa belle production littéraire.
L'arène nationale de Pikine a donc servi de cadre ce samedi 25 avril 2026 pour accueillir la cérémonie de dédicace du livre de Célestin Marie Tine. Devant un parterre d'invités dont l'ancien Ministre de l'Intérieur Jean Baptiste Tine, des autorités administratives, des Inspecteurs de la jeunesse, parents amis et sympathisants, entre autres, le représentant de Mme la Ministre Khady Diène Gaye a appelé la jeunesse à faire sienne cette belle production qui sera laissée en héritage à la communauté éducative.
En effet, comme le souligne l'auteur, les collectivités éducatives occupent une place centrale dans la politique de jeunesse du Sénégal, en ce qu'elles visent l'éducation et la formation d'un citoyen de type nouveau, profondément enraciné dans son milieu, mais également ouvert aux apports féconds de l'extérieur.
Mais devant la nécessité d'articuler la politique de jeunesse, il y a l'inexistence de productions documentaires qui orientent chaque acteur dans son rôle et sa mission au seul bénéfice des enfants mineurs. De même, '' ajoute Célestin Tine, ''il est noté une pratique du contrôle et inspection des collectivités éducatives non harmonisée. Pour combler ces vides, la commission scientifique des Assises Nationales des Collectivités Educatives avait mis en place une sous-commission chargée de réfléchir sur l'inspection et le contrôle des collectivités éducatives afin de faire des propositions visant à corriger certains impairs notés''.
En coeur vaillant, l'ancien Directeur de l'Education populaire rappelle avoir eu l'honneur et le privilège de conduire les travaux de cette sous-commission, ce qui l'a grandement inspiré à réfléchir sur la contribution à apporter à la promotion des collectivités éducatives''.
C'est ainsi qu'en faisant appel à son expérience, naquit l'idée de cet ouvrage qui passe en revue ses contributions, ses découvertes, ses joies et peines dans la conduite de la politique de promotion des activités socioéducatives d'environ d'un demi siècle (de 1970 à 2019),
M. Célestin M. Tine, en face de son épouse élégamment habillée, et des membres de sa famille biologique comme professionnelle, a rappelé ensuite son itinéraire personnel et professionnel intimement lié à l'histoire des collectivités éducatives au Sénégal: ''Un parcours qui, de 1988 à 2000, alors que j'étais Instructeur de l'Education Populaire, au Bureau des Collectivités éducatives, d'abord comme adjoint au chef du Bureau, avant d'en étre le titulaire, aura été riche en expériences condensées dans le livre pour servir d'héritage, mais aussi de bréviaire pour les futurs membres de la collectivité éducative.
La cérémonie de dédicace s'est terminée dans une ambiance très gaie qui a permis aux sérères, parents de l'auteur, de goûter au cocktail soigneusement préparé pour leurs rois halpulars venus honorer leur esclave.
Y. Ndiongue
Dakar accueille la première édition du Jant Beats Festival.
Le Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Coumba Rose accueillera la première édition du Jant Beats Festival du 29 avril au 2 mai 2026.Conçu comme un événement culturel majeur, le festival se positionne comme une plateforme de rencontre entre musique, entrepreneuriat et engagement social.
Pendant quatre jours, le public vivra une expérience immersive mêlant concerts live, performances artistiques, DJ sets et animations culturelles. Au-delà de sa programmation musicale, le Jant Beats Festival mettra un accent particulier sur le développement économique local avec l’installation de 100 stands dédiés aux entrepreneurs,dont plusieurs seront réservés à la promotion de l’artisanat sénégalais. Une vitrine exceptionnelle pour les jeunes talents, créateurs et porteurs de projets.
Le festival intègre également un important volet social et sanitaire au profit des populations. Plusieurs initiatives seront déployées: dons au profit des pouponnières, distribution de kits sanitaires, campagnes de dépistage du glaucome, dons de médicaments et mise à disposition d’auto-tests VIH.Un dépistage du VIH/SIDA sera également proposé gratuitement aux visiteurs tout au long des quatre jours, dans une démarche de sensibilisation et de prévention de proximité.
«Le Jant Beats Festival est né de la volonté de faire de la culture un levier de transformation sociale et économique. Nous voulons offrir une scène aux artistes tout en créant un impact concret dans la vie des communautés », a déclaré le Directeur Général du festival, M. Alin Faye.
À travers cette approche inclusive, le festival affirme sa volonté de conjuguer culture, solidarité et impact social, tout en sensibilisant le public aux enjeux de santé publique.
Alioune Ndiaye
