Dakar a été le théâtre du 34e congrès de la Société Linguistique de l’Afrique de l’Ouest (SLAO), réunissant près de 120 participants venus de 11 pays. Un moment scientifique fort, qui a permis aux chercheurs d’interroger la place des langues africaines face aux défis imposés par les technologies émergentes.
La SLAO est une société savante qui organise un congrès tous les deux ans, en alternance entre pays francophones et anglophones. La 33e édition s’était tenue en 2023 à Accra, au Ghana. C’est à cette occasion que le choix de Dakar pour accueillir la 34e édition avait été entériné. Deux ans de préparation ont permis au comité local d’organisation d’accueillir chaleureusement la communauté scientifique sous-régionale.
Durant trois jours, le congrès a été ponctué de 94 communications scientifiques, dont trois plénières, réparties sur 25 sessions parallèles. Le thème choisi, « Les langues africaines face aux défis des technologies émergentes : menaces ou opportunités ? », a donné lieu à des débats d’une grande richesse
Au-delà de l’événement académique, le choix de Dakar n’était pas anodin. Ville carrefour, historiquement engagée dans les luttes intellectuelles, Dakar incarne un espace de réflexion et de dialogue sur les enjeux linguistiques africains. Le soir venu, les échanges ont continué dans une atmosphère conviviale, marquant les particularités hospitalières et culturelles de la capitale sénégalaise.
Ce congrès a permis aux chercheurs de présenter les résultats de leurs travaux sur les dynamiques entre langues africaines et technologies : outils de traduction automatique, numérisation, intelligence artificielle, ou encore pédagogie numérique.
Un constat s’impose : les langues africaines doivent être intégrées aux technologies émergentes, afin d’éviter leur marginalisation dans un monde de plus en plus numérisé. Si les scientifiques ont fait leur part du travail en documentant et en proposant des pistes concrètes, il revient désormais aux décideurs politiques de s’emparer de ces réflexions pour les traduire en politiques linguistiques efficaces.
Le thème du congrès posait une question centrale : les technologies sont-elles une menace ou une opportunité pour les langues africaines ? « C’est une bonne question, répond le professeur Bassène. Il y aura sans doute un peu des deux. Les résultats des travaux seront bientôt disponibles pour approfondir cette analyse. »
Ce congrès aura permis de jeter les bases d’un dialogue nécessaire entre recherche scientifique et action politique, pour que les langues africaines puissent occuper leur juste place dans le monde numérique de demain.
Mamadou Touré
