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Cameroun : Issa Tchiroma Bakary revendique une victoire écrasante face à Paul Biya

Cameroun : Issa Tchiroma Bakary revendique une victoire écrasante face à Paul Biya Spécial

Le Cameroun s’apprête peut-être à tourner l’une des pages les plus longues de son histoire politique. Selon les premiers résultats publiés par plusieurs médias et confirmés par le communiqué du parti Union pour le Changement 2025, l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary serait en passe de remporter l’élection présidentielle avec 66,3 % des suffrages, devançant très largement le président sortant Paul Biya, crédité de 23,6 % des voix.

D’après les données disponibles, 89,4 % des bulletins dépouillés proviennent du Cameroun intérieur, tandis que les votes de la diaspora continuent d’être comptabilisés. Malgré l’attente des résultats officiels, l’opposition jubile déjà, évoquant une « victoire historique du peuple camerounais ».

Dans une déclaration solennelle datée du 12 octobre, l’Union pour le Changement 2025 a affirmé que « le peuple camerounais a tranché ». Le document, signé à Douala par Anicet Ekane et Djeukam Tchameni, souligne que les remontées des résultats en provenance des quatre coins du pays, y compris de l’étranger, donnent Issa Tchiroma Bakary vainqueur dans 60 à 80 % des bureaux de vote.

Le communiqué dénonce également « la machine traditionnelle de fraude du parti-État », tout en saluant la maturité du corps électoral. « Malgré la fraude, Issa Tchiroma Bakary a infligé une défaite écrasante au candidat du RDPC », précise le texte. L’Union appelle par ailleurs le président sortant à « adresser promptement ses félicitations » à son rival, tout en exhortant les autorités à « respecter la volonté populaire ».

À 92 ans, Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, briguait un huitième mandat. Il restait officiellement le favori d’une élection à un tour, à laquelle concouraient onze candidats, dont plusieurs anciens collaborateurs. Parmi eux, Issa Tchiroma Bakary, 79 ans, avait quitté le gouvernement en juin dernier après deux décennies passées dans le giron présidentiel. Sa candidature, portée par un discours de rupture et de réconciliation nationale, a manifestement galvanisé une partie de l’électorat, lassé de la longévité du régime.

Le scrutin s’est déroulé globalement dans le calme à Douala et Yaoundé, selon les observateurs de la commission électorale (ELECAM), malgré quelques échauffourées signalées à Garoua, dans le Nord. Jean-Alain Andzongo Bikele, représentant d’ELECAM, a salué « le bon déroulement des opérations de vote dans la sérénité ». Le Conseil constitutionnel dispose jusqu’au 26 octobre pour proclamer les résultats définitifs.

Cette élection, marquée par une forte attente populaire, reflète le désenchantement d’une société confrontée à des défis socio-économiques persistants. Le taux de chômage dépasse 35 % dans les grandes villes, et les frustrations liées au coût de la vie, à l’accès à l’eau, à la santé et à l’éducation gagnent du terrain.

Pour beaucoup, cette présidentielle symbolise un ras-le-bol collectif. Une large frange de la jeunesse, née et ayant grandi sous le règne de Biya, aspire à une transition générationnelle. Toutefois, plusieurs organisations internationales, dont Human Rights Watch, ont déjà exprimé leurs doutes quant à la « crédibilité du processus électoral », citant notamment le rejet controversé de la candidature de Maurice Kamto, le principal opposant de Biya.

 

Le Cameroun s’apprête peut-être à tourner l’une des pages les plus longues de son histoire politique. Selon les premiers résultats publiés par plusieurs médias et confirmés par le communiqué du parti Union pour le Changement 2025, l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary serait en passe de remporter l’élection présidentielle avec 66,3 % des suffrages, devançant très largement le président sortant Paul Biya, crédité de 23,6 % des voix.

D’après les données disponibles, 89,4 % des bulletins dépouillés proviennent du Cameroun intérieur, tandis que les votes de la diaspora continuent d’être comptabilisés. Malgré l’attente des résultats officiels, l’opposition jubile déjà, évoquant une « victoire historique du peuple camerounais ».

Dans une déclaration solennelle datée du 12 octobre, l’Union pour le Changement 2025 a affirmé que « le peuple camerounais a tranché ». Le document, signé à Douala par Anicet Ekane et Djeukam Tchameni, souligne que les remontées des résultats en provenance des quatre coins du pays, y compris de l’étranger, donnent Issa Tchiroma Bakary vainqueur dans 60 à 80 % des bureaux de vote.

Le communiqué dénonce également « la machine traditionnelle de fraude du parti-État », tout en saluant la maturité du corps électoral. « Malgré la fraude, Issa Tchiroma Bakary a infligé une défaite écrasante au candidat du RDPC », précise le texte. L’Union appelle par ailleurs le président sortant à « adresser promptement ses félicitations » à son rival, tout en exhortant les autorités à « respecter la volonté populaire ».

À 92 ans, Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, briguait un huitième mandat. Il restait officiellement le favori d’une élection à un tour, à laquelle concouraient onze candidats, dont plusieurs anciens collaborateurs. Parmi eux, Issa Tchiroma Bakary, 79 ans, avait quitté le gouvernement en juin dernier après deux décennies passées dans le giron présidentiel. Sa candidature, portée par un discours de rupture et de réconciliation nationale, a manifestement galvanisé une partie de l’électorat, lassé de la longévité du régime.

Le scrutin s’est déroulé globalement dans le calme à Douala et Yaoundé, selon les observateurs de la commission électorale (ELECAM), malgré quelques échauffourées signalées à Garoua, dans le Nord. Jean-Alain Andzongo Bikele, représentant d’ELECAM, a salué « le bon déroulement des opérations de vote dans la sérénité ». Le Conseil constitutionnel dispose jusqu’au 26 octobre pour proclamer les résultats définitifs.

Cette élection, marquée par une forte attente populaire, reflète le désenchantement d’une société confrontée à des défis socio-économiques persistants. Le taux de chômage dépasse 35 % dans les grandes villes, et les frustrations liées au coût de la vie, à l’accès à l’eau, à la santé et à l’éducation gagnent du terrain.

Pour beaucoup, cette présidentielle symbolise un ras-le-bol collectif. Une large frange de la jeunesse, née et ayant grandi sous le règne de Biya, aspire à une transition générationnelle. Toutefois, plusieurs organisations internationales, dont Human Rights Watch, ont déjà exprimé leurs doutes quant à la « crédibilité du processus électoral », citant notamment le rejet controversé de la candidature de Maurice Kamto, le principal opposant de Biya.

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