Le vice-président du Syndicat Professionnel des Industries du Sénégal (SPIS) et membre du Conseil National du Patronat (CNP), Alexandre Cantara, plaide pour une meilleure cohésion entre l’État, les industriels et les consommateurs. Dans un entretien accordé à la presse, il revient sur les attentes du secteur face à la révision des principaux codes économiques et appelle à un patriotisme industriel fondé sur le « 100 % Sénégal ».
À la suite d’une conférence placée sous le slogan « Le Sénégal fabrique, le Sénégal consomme », Alexandre Cantara, vice-président du Syndicat Professionnel des Industries du Sénégal (SPIS), a livré une réflexion lucide sur les leviers à actionner pour renforcer la compétitivité et la résilience du tissu industriel national. Selon lui, le véritable défi est de créer un lien solide entre le producteur et le consommateur, sous l’égide d’un État à l’écoute et d’un environnement réglementaire modernisé.l
> « Il faut que toutes les parties prenantes — l’État, les fabricants et les consommateurs — soient unies dans une même logique de confiance et de transparence », affirme-t-il.
« Le slogan ‘Le Sénégal fabrique, le Sénégal consomme’ illustre parfaitement ce trait d’union que nous devons construire. »
Des réformes attendues dans les codes économiquescar le SPIS place beaucoup d’espoir dans la révision de quatre codes majeurs : le code du travail, le code des investissements, le code des douanes et le code minier.
Ces réformes, selon Cantara, doivent impérativement intégrer les préoccupations des industriels pour garantir leur adhésion et assurer un climat de confiance durable.
> « Nous avons été associés à la révision du code des investissements, et le résultat est encourageant. Il ouvre davantage l’accès aux petites et moyennes entreprises et facilite les recrutements et les garanties pour les investisseurs », souligne-t-il.
« C’est un modèle à suivre pour les autres codes, afin de fluidifier les processus et permettre une production à moindre coût, mais de meilleure qualité. »
Alexandre Cantara insiste également sur la nécessité de renforcer le contenu local dans les chaînes de production.
Pour lui, produire sénégalais, avec des ressources sénégalaises, c’est non seulement un choix économique, mais aussi un acte de patriotisme.
> « Chaque fois qu’une entreprise s’approvisionne à l’étranger, elle exporte des emplois. Le sourcing local doit devenir une évidence, pas une option », martèle-t-il.
Dans cette optique, le SPIS multiplie les concertations avec les banques et les institutions financières afin de faciliter l’accès au financement pour les entreprises industrielles.
Les échanges avec l’Association Professionnelle des Banques (APB) au sein du CNP ouvrent, selon lui, de nouvelles perspectives pour un financement plus vertueux et plus accessible.
Autre sujet de préoccupation : la pression fiscale et douanière.
Malgré les avancées, les industriels estiment que le poids des taxes et des procédures reste un frein majeur à la compétitivité.
> « Nous avons échangé avec les autorités douanières pour clarifier nos préoccupations. L’écoute est réelle, mais la pression demeure. Nous espérons que les réformes en cours permettront de travailler dans un climat plus fluide et plus favorable à la production », indique M. Cantara.
Pour Alexandre Cantara, l’horizon 2050 doit être celui d’une industrie sénégalaise forte, inclusive et souveraine, fondée sur la confiance mutuelle, la valorisation des ressources locales et la modernisation des cadres juridiques.
> « L’industrie sénégalaise est l’un des plus grands contributeurs au budget de l’État et un important pourvoyeur d’emplois. Pour la rendre plus compétitive, il faut renforcer la cohésion entre tous les acteurs et consolider la confiance au cœur de notre modèle », conclut-il.
Mamadou Touré
