Lors d’un point de presse tenu à Dakar, le collectif d’avocats du président Macky Sall a dénoncé l’absence de transmission de plusieurs rapports officiels qualifiés de « rapports cachés », ainsi que les difficultés rencontrées dans l’exercice de leur mission. Ces juristes évoquent un manque de transparence et réclament la publication intégrale des documents relatifs à la dette publique du Sénégal.
Réunis à Dakar autour de leurs confrères sénégalais et français, les avocats du président Macky Sall ont tenu à apporter des éclaircissements sur la polémique dite de la « dette cachée ». Selon eux, le véritable enjeu réside ailleurs : il ne s’agirait pas d’une dette dissimulée, mais plutôt de « rapports cachés », volontairement soustraits à la connaissance du public et de la défense.
Maître Pierre-Olivier Sur, avocat au barreau de Paris et coordinateur de l’équipe internationale, a précisé que trois documents majeurs restent inaccessibles :
le rapport de l’Inspection des finances,
le pré-rapport de la Cour des comptes,
et le rapport du cabinet Mazars, présenté comme un audit indépendant.
« Ces rapports sont introuvables. Ni la presse ni la défense n’y ont eu accès, alors qu’ils fondent les accusations portées contre la gestion de l’ancien président », a déclaré l’avocat français, estimant que cette situation « porte atteinte au droit constitutionnel à l’information ».
Selon le collectif, les correspondances adressées à la Cour des comptes et au ministère des Finances sont restées sans réponse. « Le droit de savoir est un principe fondamental de la démocratie », ont rappelé les juristes, soulignant que la transparence et la bonne gouvernance sont inscrites dans la Constitution sénégalaise.
Des avocats non reçus dans les hôtels à Dakar car les avocats du président Macky Sall affirment par ailleurs avoir rencontré des difficultés logistiques et administratives dans le cadre de leur séjour au Sénégal.
« Nous avons été refusés dans certains hôtels de la capitale », ont-ils confié, estimant que ces entraves « participent d’un climat peu serein autour de ce dossier ».
Malgré tout, le collectif, composé notamment de Maître Madické Niang, Maître Alioune Badara Cissé, Maître Pierre-Olivier Sur et d’autres conseils sénégalais et étrangers, se dit déterminé à poursuivre son travail « dans le respect du droit, de la dignité et des institutions ».
“Pas de dette cachée, mais des rapports cachés”
Les avocats ont insisté sur la nécessité de replacer le débat dans un cadre juridique clair.
« La dette n’a rien de cachée », ont-ils martelé, expliquant que les variations comptables observées relèvent d’une différence d’interprétation des normes internationales et non d’un maquillage des comptes.
Selon toujours Maître Sur qui ajoute:
« Pour éviter les malentendus, il faut définir les mots. Si nous partageons la même lecture juridique et comptable, il n’y a pas de dette cachée au Sénégal. Le vrai problème, ce sont les rapports cachés. »
Continuité de l’État et respect des institutions car tout en appelant au respect de la transparence, le collectif a tenu à rappeler son attachement à la stabilité et à la continuité de l’État.
« Respecter les anciens, c’est respecter la République. On ne bâtit pas un nouvel étage en démolissant les fondations », a conclu Maître Sur, appelant à dépasser la polémique pour préserver la cohésion nationale.
Mamadou Touré
