À Médina Baye, dans la commune de Kaffrine, un projet d’une grande portée sociale est en train de naître. Le Daara Oustaz Gora Mack Top accueille des orphelins et prévoit bientôt d’ouvrir un second site pour les enfants vivant avec un handicap. Une initiative inspirée par la foi, portée par la compassion et soutenue par des moyens personnels.
« J’ai initié ce daara en m’appuyant sur les paroles du Prophète (PSL) qui disait : Celui qui prend en charge un orphelin sera avec moi au Paradis. » Ces mots, profondément gravés dans la mémoire d’Oustaz Gora Mack Top, sont le fondement de son engagement.
Animé par cette conviction, il a décidé de consacrer sa vie au bien-être des enfants démunis : orphelins, talibés et bientôt enfants handicapés.
« Je préfère accompagner et soutenir les orphelins que de construire une mosquée ou d’accomplir le pèlerinage, » confie-t-il, soulignant la dimension spirituelle de son projet.
Le centre compte déjà dix-sept talibés âgés de 5 à 10 ans, venant de diverses localités. L’objectif est d’atteindre un effectif de trente orphelins.
Les enfants sont hébergés, nourris, habillés et pris en charge gratuitement. Une « mère du daara » s’occupe de la cuisine et du suivi quotidien, tandis qu’un maître coranique expérimenté assure l’enseignement religieux.
Un second site est en construction pour accueillir les enfants vivant avec un handicap. Deux d’entre eux, venus respectivement de Koungheul et de Kolda, sont déjà inscrits. « L’inscription est entièrement gratuite ; il suffit de présenter les papiers légaux de l’enfant, » précise Oustaz Gora.
Malgré la bonne volonté et l’engagement du fondateur, le centre fait face à plusieurs difficultés.
Le quartier n’est pas encore électrifié, ce qui rend l’étude nocturne compliquée. « J’ai acheté un système solaire, mais il ne tient pas jusqu’au matin. Le maître est souvent obligé d’utiliser la lampe de son téléphone, » explique-t-il.
L’eau est également un défi, le réseau n’atteignant pas la zone ; les habitants s’approvisionnent depuis Ngodiba. Oustaz Gora lance un appel aux autorités pour l’électrification et l’accès à l’eau potable.
Sur le plan alimentaire, la charge est lourde. « La dépense du centre est plus élevée que celle de ma propre maison, mais je tiens à offrir une bonne qualité de nourriture aux enfants, » affirme-t-il.
Côté santé, un médecin local a accepté d’assurer le suivi médical, mais le fondateur souhaite aller plus loin : « Je veux les inscrire dans une mutuelle de santé pour garantir leur accès aux soins. »
Enfin, des demandes d’audience ont été déposées auprès du gouverneur, du préfet et des services de l’Action sociale. Oustaz Gora espère que les autorités répondront à son appel pour soutenir cette œuvre humanitaire.
Le Daara Oustaz Gora Mack Top est bien plus qu’un lieu d’apprentissage : c’est un refuge pour des enfants privés d’amour et de repères. À Médina Baye, l’initiative d’un homme de foi rappelle que la solidarité, même à petite échelle, peut changer des vies.
Mamadou Ndiaye
