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Justice climatique : les femmes en première ligne du combat contre la dégradation de l’environnement au Sénégal

Justice climatique : les femmes en première ligne du combat contre la dégradation de l’environnement au Sénégal Spécial

L’Engagement Climatique et Citoyen pour les Organisations de Femmes (ECOFEM), dirigé par Mme Khady Camara, a organisé une grande cérémonie consacrée à la justice climatique, rassemblant à Dakar des associations et des femmes venues de toutes les régions du Sénégal pour dénoncer les injustices écologiques et sociales engendrées par le changement climatique.

 Des thématiques fortes pour une mobilisation féminine

Cette première édition de la “Présentation des Couleurs de l’Injustice Climatique” a tourné autour de trois thématiques majeures :

L’esclavage des temps modernes,

Les changements climatiques et la santé féminine,

Les changements climatiques et les violences basées sur le genre (VBG).

Ces sujets traduisent la complexité d’une crise environnementale devenue, selon Mme Camara, « une crise sociale, sanitaire et morale » touchant en premier lieu les femmes rurales, qui représentent 80 % des forces vives agricoles et dépendent directement des ressources naturelles aujourd’hui menacées.

? Le cri d’alarme d’ECOFEM : « Tout est au rouge » car dans un discours empreint d’émotion et de lucidité, Mme Khady Camara a rappelé les conclusions alarmantes du GIEC :

Entre canicules persistantes, inondations répétées, désertification rapide et rareté du poisson en mer, le Sénégal est en première ligne d’une crise climatique qui bouleverse les équilibres écologiques et économiques.

À Saint-Louis, l’avancée de la mer continue d’engloutir des quartiers entiers, forçant des familles à migrer. À Matam et Kanel, le désert avance, transformant les terres agricoles en zones stériles. Sur la Petite-Côte, les pêcheurs tirent la sonnette d’alarme : la rareté du poisson menace leur survie et celle de milliers de femmes transformatrices.

« L’Afrique ne produit que 3 à 4 % des gaz à effet de serre, mais elle en subit 100 % des conséquences. C’est une injustice », a martelé Mme Camara.

 « Il est temps d’organiser des contre-COP »

Dénonçant « l’inaction des grandes puissances » et les promesses non tenues de l’Accord de Paris (COP21), la présidente d’ECOFEM a lancé un appel fort :

« Il est temps que l’Afrique arrête de participer aux COP. Organisons nos propres contre-COP. »

Elle a exhorté le ministère sénégalais de l’Environnement et la Direction des Changements Climatiques à adopter une posture plus ferme face aux engagements internationaux non respectés, appelant à :

une transition écologique réelle,

une décarbonation de la société,

une protection accrue des femmes rurales,

et une reconnaissance du rôle des femmes dans la résilience climatique.

« Nous voulons des résultats probants, pas des promesses. Il faut taper sur la table pour réclamer justice climatique », a-t-elle insisté.

L’artiste Alioune Badara Camara, entre Dakar, Paris et Londres, a rendu hommage aux femmes à travers une œuvre symbolique représentant une reine africaine protectrice, portant le monde sur ses épaules.

« Les femmes sont les vraies combattantes du défi climatique. Comme des reines, elles protègent et portent la communauté », a-t-il déclaré.

Face à la dégradation des sols, à l’avancée du désert, à la salinisation des terres, à la chaleur extrême et à la disparition progressive des ressources halieutiques, le plaidoyer d’ECOFEM résonne comme un appel citoyen et féministe pour une justice climatique effective.

Cette cérémonie marque une étape symbolique d’une mobilisation féminine déterminée à faire entendre la voix de l’Afrique dans la gouvernance mondiale du climat.

« Si les femmes rurales se lèvent, c’est parce que leur survie et celle de leurs enfants dépendent désormais du climat », a conclu Mme Khady Camara, sous les applaudissements d’une salle conquise.

 

 

 

 

 

 

 

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