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Atelier de partage sur la recertification des bénéficiaires des Bourses de Sécurité Familiale

Atelier de partage sur la recertification des bénéficiaires des Bourses de Sécurité Familiale Spécial

Dans le cadre du processus de recertification du Programme national de Bourses de Sécurité Familiale (PNBSF), la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSN) a organisé, ce mardi 27 janvier 2026, un atelier de partage consacré à la stratégie de mise en œuvre de cette opération majeure.

La rencontre s’est tenue en présence du Délégué général à la Protection sociale et à la Solidarité nationale, M. Matar Sène, du Conseiller spécial du Président de la République en charge de la protection sociale, représentant le Chef de l’État, de représentants de la société civile, des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, ainsi que des membres du Groupe thématique Santé et Protection sociale, des parties prenantes institutionnelles et de la presse.

L’objectif principal de cet atelier était de permettre une appropriation collective du processus de recertification, d’échanger sur les mécanismes envisagés et de formuler des recommandations opérationnelles pour garantir une mise en œuvre efficace, transparente et équitable du programme.

Prenant la parole au nom de la société civile, son représentant a salué l’initiative et souligné l’importance de la concertation et de la coopération dans la réussite des politiques publiques de protection sociale. Il a rappelé que derrière chaque mécanisme de protection sociale se trouvent des vies et des communautés, insistant sur la nécessité de bâtir des actions fondées sur la solidarité, la responsabilité et la confiance mutuelle.

Selon lui, la recertification constitue un impératif stratégique pour renforcer la transparence, assurer une rotation équitable des bénéficiaires en fonction de leur situation socio-économique et garantir que les ressources publiques profitent effectivement aux ménages les plus vulnérables.

La représentante de la Banque mondiale, Mme Stéphanie Brunelin, a rappelé l’importance du PNBSF dans le dispositif national de lutte contre la pauvreté. En 2023, le programme comptait environ 315 500 ménages bénéficiaires, couvrant près de 55 % des ménages pauvres et 15 % de la population sénégalaise.

Elle a mis en avant les résultats des évaluations menées par le gouvernement et la Banque mondiale, qui démontrent un impact significatif sur la réduction de l’extrême pauvreté, notamment en milieu rural, ainsi que sur la réduction des inégalités, l’amélioration de la nutrition, de la scolarisation des enfants et la résilience des ménages face aux chocs économiques et climatiques.

Mme Brunelin a également souligné les effets positifs du programme sur les activités génératrices de revenus, notant qu’environ 20 % des ménages bénéficiaires ont pu développer de nouvelles initiatives économiques, traduisant ainsi des impacts durables.

Elle a enfin insisté sur l’importance du décret de 2023, qui définit les critères d’éligibilité du programme et réaffirme la priorité accordée aux ménages les plus pauvres, condition essentielle pour préserver l’impact du PNBSF.

Représentant le Président de la République, le Conseiller spécial en charge de la protection sociale a salué les efforts de la DGPSN et de ses partenaires pour consolider le cadre légal et opérationnel de la politique sociale du gouvernement. Il a rappelé les réformes en cours, notamment la loi d’orientation sur la protection sociale, la loi sur le handicap et les textes relatifs à l’autonomisation économique des femmes.

Il a insisté sur le rôle central d’un instrument de ciblage fiable, pilier de toutes les politiques sociales, rendu possible grâce à l’appui de la Banque mondiale. Malgré un contexte économique difficile, le gouvernement, a-t-il affirmé, reste déterminé à protéger les couches les plus vulnérables tout en restaurant les équilibres macroéconomiques.

Dans son allocution d’ouverture, le Délégué général M. Matar Sène a rappelé que la protection sociale constitue une priorité nationale inscrite dans la vision Sénégal 2050.

 Selon lui, la recertification des bénéficiaires est devenue indispensable après plus d’une décennie de mise en œuvre du programme, afin d’actualiser les données, renforcer la justice sociale et optimiser l’impact des ressources publiques.

Il a précisé que cette démarche repose sur trois piliers :

● L’équité, pour garantir que l’aide parvienne réellement aux ménages qui en ont le plus besoin ;

● La transparence, condition essentielle de la confiance des citoyens ;

● L’efficacité, pour maximiser l’impact social de chaque franc investi.

M. Sène a également insisté sur la nécessité de mécanismes de réclamation accessibles, de la protection des données personnelles et du respect de la dignité des bénéficiaires tout au long du processus.

Les travaux de l’atelier doivent déboucher sur des recommandations concrètes et applicables, destinées à éclairer les autorités, notamment le Premier ministre et le Président de la République, sur les meilleures options de recertification et de sélection des nouveaux bénéficiaires du PNBSF.

Clôturant son propos, le Délégué général a invité l’ensemble des participants à des échanges francs et constructifs, au service d’une protection sociale plus juste, plus inclusive et plus efficace au Sénégal.

Moussa Diba

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