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Hommage à Abdoulaye Wade: entre grandeur d'un homme d'Etat et limite d'une célébration.

Hommage à Abdoulaye Wade: entre grandeur d'un homme d'Etat et limite d'une célébration. Spécial

A mon humble avis, je pense qu'abdoulaye Wade a observé de loin, avec un mélange de mépris, de regret et d'agacement, le fait d'avoir vu la grande majorité (95%) des anciens membres du PDS venus assister à la cérémonie célébrant son centenaire. Ceux-là mêmes qui ont été invités à une cérémonie alors que, en principe, c'est eux qui auraient dû l'organiser. En les voyant se saluer, se congratuler et s'échanger des accolades, affichant des sourires de façade, certains versant des larmes de crocodile, on sent pourtant que beaucoup nourrissent encore des rancœurs réciproques. 

Chacun se souvient, au moment de ces retrouvailles, des complots et des luttes internes de positionnement qui ont profondément fragilisé le parti démocratique sénégalais. Abdoulaye Wade qui a bati cette formation politique, porte lui aussi une part de responsabilité dans sa déliquescence. Abdoulaye Wade appartenait à plusieurs sphères et incarnait plusieurs dimensions à la fois. Il était d'abord un homme politique: à ce titre, les partis auraient dû le célébrer. Il était depute, l'assemblée nationale aurait dû l'honorer.

Il était également professeur d'université: les universitaires lui devaient un hommage. Avocat de formation, le barreau du Sénégal aurait dû lui rendre honneur. Écrivain et profondément attaché à la culture, il aurait également mérité la reconnaissance des écrivains et des hommes de culture. Democrate, la société civile aurait dû, elle aussi, saluer son parcours. Voilà un homme charismatique exceptionnel et multidimensionnel : patriote, panafricaniste, figure majeure de l'histoire politique comptemporaine, qui méritait un hommage (sargal) national à la hauteur de sa stature. Non pas un simple rassemblement folklorique, mais une célébration véritablement digne de la portée historique de son engagement et de son œuvre.

 Comme la nature a horreur du vide, le président de la République en a profité pour transformer l'événement en véritable mise en scène politique, un meeting qui ne l'honore pas, utilisant ces grandes figures (PDS) du libéralisme comme de simples spectateurs applaudisseurs, au lieu de les incarner comme de dignes héritiers de maître Abdoulaye Wade. S'ils sont reconnus au Sénégal et s'ils ont pu accumulé des fortunes, c'est, selon moi, en grande partie grâce à la Baraka de Wade. 

Que peut-on retenir de cette célébration du cinquantenaire ? pas grand chose, absolument rien. Ceux qui auraient dû être les principaux organisateurs ont préféré aller ''brouter dans d'autres prairies'' depuis qu'Abdoulaye Wade a perdu le pouvoir, de signer des décrets. Ainsi va la vie des ingrats ingrats, assister à une célébration, sans l'organiser, c'était en réalité célébrer leur propre honte. 

Cheikh Ahmed Tidiane Diop.

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