samedi 18 juillet 2026 | Login
La rédaction

La rédaction

Portée par l’essor du numérique et la démocratisation des paris en ligne, l’addiction aux jeux d’argent gagne du terrain au Sénégal. Réunie lors d’un panel de sensibilisation, l’association SOS Parieurs a alerté sur les conséquences sanitaires et sociales de ce phénomène et appelé les autorités à renforcer les dispositifs de prévention et de prise en charge.

Longtemps limités aux paris hippiques du PMU et aux loteries physiques accessibles à un public relativement restreint, les jeux d’argent ont connu une profonde mutation avec l’avènement du numérique. Entre 2010 et 2020, la révolution technologique a bouleversé les habitudes de jeu, plaçant désormais un casino ou un bureau de paris dans la poche de chaque détenteur de smartphone.

Aujourd’hui, il est possible de miser à tout moment, 24 heures sur 24, depuis n’importe quel endroit grâce à Internet. Les transactions sont devenues instantanées grâce aux services de mobile money, facilitant les dépôts et les retraits sans manipulation d’argent liquide. Cette dématérialisation a considérablement accru l’accessibilité des plateformes de paris et de jeux en ligne.

Selon plusieurs spécialistes, cette expansion s’explique par une combinaison de facteurs : la précarité économique, le chômage des jeunes, l’illusion d’un gain rapide, des stratégies marketing agressives et le sentiment trompeur de maîtriser les mécanismes du jeu. Un cocktail qui fragilise de nombreux joueurs et favorise l’installation de comportements addictifs.

Face à cette situation, l’association SOS Parieurs a organisé un panel de sensibilisation consacré à l’addiction aux jeux d’argent. L’objectif était d’informer le public sur les risques liés à la ludomanie, de présenter les actions menées par l’association et d’ouvrir le débat sur les solutions à mettre en œuvre.

« Nous avons voulu sensibiliser, alerter et expliquer cette addiction qui demeure largement méconnue par une partie de la population. Nous avons également présenté les solutions existantes, notamment la prise en charge médicale », a expliqué Seydina Mouhammed Gueye, président de SOS Parieurs.

Au-delà de la sensibilisation, l’association plaide pour un engagement plus fort des pouvoirs publics. Elle appelle à une révision du cadre législatif, au renforcement de la formation des professionnels de santé et à un meilleur accompagnement des structures impliquées dans la lutte contre les addictions.

La question de la taxation des gains issus des jeux d’argent a également été abordée. Si SOS Parieurs ne s’oppose pas au principe de cette taxation, l’association regrette le manque de visibilité sur l’utilisation des recettes collectées. 

« Nous ne sommes pas contre la taxe. Ce que nous dénonçons, c’est l’absence de transparence sur la destination de ces fonds. Nous souhaitons qu’une partie de ces ressources serve à financer des centres spécialisés, à accompagner les familles touchées et à favoriser la réinsertion des personnes dépendantes », a soutenu M. Gueye.

Présent lors du panel, le professeur Abou Sy, psychiatre, médecin légiste et addictologue, a dressé un constat alarmant sur l’évolution du phénomène au Sénégal. Selon lui, l’addiction apparaît lorsque le jeu cesse d’être un simple loisir pour devenir un comportement compulsif ayant des répercussions sur la vie familiale, sociale et professionnelle.

« Nous recevons de plus en plus de jeunes confrontés à cette dépendance. C’est particulièrement inquiétant, car leur cerveau est encore en développement et les conséquences peuvent compromettre leur avenir », a-t-il alerté.

Le spécialiste souligne que cette addiction peut conduire à un endettement important, à la déscolarisation, à la perte d’emploi, à des conflits familiaux et, dans certains cas, à des démêlés avec la justice.

Pour les experts, la réponse doit être multidisciplinaire et associer médecins, psychologues, addictologues, travailleurs sociaux et associations spécialisées. Ils insistent également sur l’importance de la prévention auprès des jeunes, de plus en plus exposés aux plateformes de paris en ligne.

À travers cette initiative, SOS Parieurs lance un appel à la mobilisation collective. « Parler, écouter et accompagner peuvent sauver des vies. Il ne faut pas attendre que la situation s’aggrave pour agir », rappelle l’association, qui souhaite voir la lutte contre l’addiction aux jeux d’argent érigée en priorité de santé publique au Sénégal.

Mamadou Tourè

La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Kaffrine a entamé, ce lundi, sa session criminelle, avec dix affaires inscrites au rôle. Les audiences se poursuivront jusqu'à mercredi. Au terme de cette première journée, trois dossiers ont été examinés, tandis que les délibérés ont été fixés au 28 juillet prochain.

Le premier dossier porte sur une affaire de meurtre impliquant El Hadji Dieng, un jeune homme de 20 ans, originaire du village de Pété, dans la commune de Kahi. Il est poursuivi pour la mort de Mor Talla Dieng à la suite d'une altercation survenue en 2024 dans une concession familiale. Selon l'accusation, une dispute autour d'un seau d'eau aurait dégénéré et le prévenu aurait mortellement poignardé la victime.

Le procureur de la République près le TGI de Kaffrine, Cheikh Faye, a requis dix ans de réclusion criminelle pour meurtre. Les avocats de la défense ont demandé une requalification des faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Le deuxième dossier concerne Moussa Ba, chauffeur, et Aliou Camara, boulanger. Les deux hommes sont poursuivis pour trafic intérieur de chanvre indien et association de malfaiteurs. À l'issue des débats, le parquet a requis une peine de dix ans de réclusion criminelle ainsi qu'une amende de 20 millions de francs CFA à l'encontre de chacun des prévenus.

La troisième affaire met en cause Ousmane Ndiaye, cultivateur, poursuivi pour le meurtre d'Abdou Ka. D'après l'accusation, un différend lié à la divagation de troupeaux dans des champs a dégénéré en affrontement. Au cours de cette altercation, la victime aurait reçu un coup de machette qui lui a été fatal.

Face à la Cour, Ousmane Ndiaye a exprimé ses regrets. Le ministère public a requis une peine de sept ans de réclusion criminelle, tandis que la défense a sollicité une requalification des faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Sur les dix dossiers programmés au cours de cette session criminelle, trois ont été jugés lors de cette première journée. Les décisions dans ces différentes affaires seront rendues le 28 juillet.

Mamadou Ndiaye

Le recours au vote bloqué, prévu par la Constitution, est au cœur d'un débat institutionnel opposant le Gouvernement à la présidence de l'Assemblée nationale. En cause : l'interprétation de l'article 82, alinéa 4, de la Constitution, que le Gouvernement considère applicable à tout texte soumis à l'Assemblée, y compris les propositions de révision constitutionnelle.

Le mécanisme du vote bloqué s'est invité au premier plan de l'actualité parlementaire à la faveur d'un désaccord sur son champ d'application. Le Gouvernement soutient que cette procédure, expressément prévue par l'article 82, alinéa 4, de la Constitution, constitue une prérogative qui peut être exercée sur tout texte en discussion devant l'Assemblée nationale, sans distinction entre un projet de loi et une proposition de loi.

Selon cette disposition constitutionnelle, lorsque le Gouvernement en fait la demande, l'Assemblée nationale se prononce « par un seul vote » sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le Gouvernement.

Pour les partisans de cette interprétation, la rédaction de l'article est sans ambiguïté. Aucune restriction n'y est prévue quant à la nature ou à l'origine du texte soumis au vote. En conséquence, ils estiment qu'il n'existe aucun fondement juridique permettant de limiter cette procédure aux seuls projets de loi.

Cette lecture est, selon eux, renforcée par le Règlement intérieur de l'Assemblée nationale. Son article 87, alinéa 2, reprend les dispositions constitutionnelles sans introduire de distinction entre les différents types de textes examinés par les députés.

Au-delà de son aspect procédural, le vote bloqué est présenté comme un instrument de rationalisation du parlementarisme. Son objectif est de garantir la cohérence des textes adoptés, de limiter la multiplication des amendements incompatibles et d'assurer une plus grande efficacité dans la conduite de l'action gouvernementale.

C'est dans ce contexte que le Gouvernement affirme avoir régulièrement demandé l'application de cette procédure lors de l'examen d'un texte devant l'Assemblée nationale. Toutefois, cette demande n'aurait pas été retenue par le président de l'institution, au motif que le vote bloqué ne concernerait que les projets de loi.

Une interprétation que conteste fermement le Gouvernement. Selon son analyse, ni la Constitution ni le Règlement intérieur ne prévoient une telle limitation. En refusant de mettre en œuvre la procédure demandée, la présidence de l'Assemblée aurait ainsi ajouté une condition qui ne figure dans aucun des textes applicables.

Pour l'Exécutif, cette décision soulève une question de respect des règles constitutionnelles. Il considère que le refus d'appliquer le vote bloqué revient à le priver de l'exercice d'une prérogative que la Constitution lui reconnaît expressément dans le cadre de la procédure législative.

Au-delà de ce cas précis, cette controverse relance le débat sur l'interprétation des mécanismes de rationalisation du parlementarisme et sur l'équilibre des pouvoirs entre le Gouvernement et l'Assemblée nationale dans le processus d'élaboration des lois

Dans le cadre de l’espace Diisoo Dialogue, une table ronde consacrée au thème « Régimes des prix et réglementation sur la facturation » s’est tenue ce lundi 29 juin 2026 au Centre de Ressources des Acteurs Non Étatiques de Sacré-Cœur 3 VDN à Dakar. Cette rencontre, organisée par Fojcosen et LEGS-Africa, en partenariat avec la Plateforme des Acteurs Non Étatiques et le Bureau d’Évaluation des Politiques et Programmes Publics (BEPPP), a réuni des représentants de l’administration, du secteur privé, des organismes de régulation et de la société civile.

Placée sous la présidence du ministère de l’Industrie et du Commerce, la rencontre avait pour objectif de favoriser un dialogue inclusif autour des mécanismes de fixation des prix, de la transparence dans la facturation et de la protection des consommateurs. Les discussions ont porté sur les défis liés à l’application de la réglementation dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’eau, l’électricité, les télécommunications et les services marchands.

Le conférencier principal, Amadou Touba Niane, commissaire aux enquêtes économiques et chef du Service régional du commerce de Dakar, a apporté des éclairages sur le cadre juridique régissant les prix et la facturation au Sénégal. Il a insisté sur l’importance du respect des textes en vigueur afin de garantir l’équité des transactions et de préserver le pouvoir d’achat des populations.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de promotion de la bonne gouvernance économique portée par les différents partenaires impliqués. Elle vise également à renforcer la participation citoyenne dans l’évaluation des politiques publiques et à encourager une meilleure compréhension des droits et obligations des consommateurs.

 

À travers cette table ronde, les organisateurs entendent contribuer à l’amélioration de la transparence dans les pratiques commerciales et à la consolidation du dialogue entre les institutions publiques, les entreprises et les citoyens sur des questions qui impactent directement le quotidien des Sénégalais.

Mamadou Touré

Un collectif de 143 personnalités universitaires, écrivains, juristes, artistes vient d’appeler les députés à adopter sans délai la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution. Leur tribune, intitulée « Assemblée nationale, au nom de la démocratie, il est temps de décider », est empreinte d’une conviction sincère. Nous la respectons. Mais la sincérité d’une conviction ne suffit pas à établir sa justesse juridique. Et sur le terrain du droit, les arguments de ce manifeste appellent une réponse ferme, structurée, et point par point.

Nous ne contestons pas le fond des réformes souhaitées. Nous contestons la méthode. Car en matière constitutionnelle, la méthode n’est pas un détail procédural elle est l’essence même de la légitimité.

I. « Un processus de vingt ans » : l’argument de la maturité est un habillage rhétorique

Les 143 signataires affirment que le Sénégal arrive au terme d’un long processus nourri par les Assises nationales de 2009, la CNRI de 2013, les Assises de la Justice de 2024 et le Dialogue national de 2025. L’argument est séduisant. Il est juridiquement sans portée.

Voici pourquoi. Ces dialogues ont produit des recommandations consensuelles. Or, la proposition de loi n°17/2026 n’est pas la traduction fidèle de ces recommandations. C’est un texte déposé par quelques députés du groupe Pastef, qui s’en inspirent partiellement mais s’en écartent substantiellement sur plusieurs points notamment en ce qui concerne le renforcement des prérogatives du Premier ministre (article 42 révisé) et la composition de la nouvelle Cour constitutionnelle, dont trois membres sur neuf seraient désignés sur proposition du Président de l’Assemblée nationale, poste qu’occupe aujourd’hui Ousmane Sonko.

Dire que ce texte est l’héritier de vingt ans de dialogue, c’est confondre l’inspiration et l’identité. Un texte peut s’inspirer d’un consensus sans en être l’expression fidèle. Et en l’espèce, les amendements adoptés en commission ont substantiellement modifié le texte initial au point que le propre porte-parole de la présidence de la République, a qualifié le résultat de « totalement méconnaissable par rapport à sa version initiale ».

On ne saurait invoquer la légitimité d’un consensus de vingt ans pour valider un texte amendé en cinq jours de commission.

II. « La tentation de l’immobilisme » : qualifier les opposants pour éviter de les réfuter

Le manifeste des 143 raille ceux qui demandent davantage de concertation en les accusant de céder à « la tentation de l’immobilisme ». C’est une figure rhétorique commode : elle disqualifie l’adversaire sans réfuter ses arguments.

Or, les voix qui demandent un référendum ou une concertation élargie ne sont pas immobilistes. Ce sont notamment le collectif citoyen « Aar Sunu Constitution », le mouvement Y’en a Marre, une partie de la coalition présidentielle elle-même, et le gouvernement de la République, représenté par son Garde des Sceaux, qui a solennellement déclaré devant la Commission des lois que « de telles réformes ne sauraient être abordées sans une réflexion approfondie et une large concertation nationale ».

Appeler « immobilisme » la position du gouvernement de la République sur la révision de la Constitution de ce même gouvernement, c’est une posture de tribun, pas un argument juridique.

III. L’argument démocratique retourné : la démocratie ne se résume pas à la majorité arithmétique

L’argument central du manifeste est simple : la majorité parlementaire a le droit de réviser la Constitution, le texte réunit les 3/5e requis, donc il est démocratique d’agir. Cet argument est formellement exact et substantiellement insuffisant.

La démocratie constitutionnelle n’est pas la démocratie majoritaire pure. Elle repose sur un équilibre entre la légitimité de la majorité et la protection des droits de la minorité et, s’agissant de la Constitution, la protection du droit du peuple à être consulté sur les règles fondamentales qui le gouvernent.

Ce n’est pas une vision minoritaire de la démocratie. C’est précisément ce qu’a rappelé le Conseil constitutionnel du Sénégal dans sa jurisprudence : la Constitution n’est pas la propriété de la majorité parlementaire du moment. Elle est l’expression de la volonté du peuple souverain, qui peut et devrait être associé à sa révision quand celle-ci touche à l’architecture fondamentale des pouvoirs.

Or, la proposition n°17/2026 ne touche pas à des détails. Elle modifie 29 articles, restructure le pouvoir exécutif, crée une juridiction constitutionnelle nouvelle, et réécrit le préambule lui-même. Ce n’est pas une révision technique. C’est une refondation partielle. Et pour une refondation, la voie de la démocratie directe, le référendum n’est pas un obstacle à la réforme. C’est la garantie de sa légitimité durable.

IV. La question du contexte politique : la Constitution ne peut pas être l’instrument d’un rapport de forces

Ce point, les 143 signataires refusent de l’aborder. Ils ont tort.

La proposition n°17/2026 naît d’un contexte précis : la rupture entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, limogé le 22 mai 2026 et repositionné à la tête de l’Assemblée nationale. C’est désormais Sonko qui contrôle la majorité parlementaire. C’est lui qui pilote la réforme constitutionnelle.

Or, parmi les dispositions phares de la réforme figure le renforcement significatif des prérogatives du Premier ministre poste qu’il vient de quitter et la désignation de trois membres de la future Cour constitutionnelle sur proposition du Président de l’Assemblée nationale poste qu’il occupe désormais.

Un juriste sérieux ne peut ignorer cette concomitance. Le droit constitutionnel comparé a développé un principe : nemo judex in causa sua, nul ne peut être juge dans sa propre cause. Une révision constitutionnelle rédigée et adoptée par celui qui bénéficie directement de ses dispositions souffre d’un vice de légitimité que l’habillage rhétorique ne peut effacer.

Ce n’est pas de l’immobilisme que de le dire. C’est de la rigueur.

V. Le déficit de sécurité juridique : un texte adopté en urgence sur la loi fondamentale

Le Professeur Meissa Diakhaté, dans ses observations publiées, a relevé des défauts légistiques sérieux dans la rédaction de la proposition n°17/2026 : problèmes de présentation formelle, articles modifiés sans respect des normes de bonne légistique prescrites par la circulaire du 6 octobre 2015, incohérences de numérotation, et fait notable l’ajout en commission de l’article 57 qui ne figurait pas dans le texte initial soumis à l’avis du Président de la République.

Ce dernier point mérite d’être souligné avec force : l’article 103 de la Constitution impose que l’avis du Président de la République soit recueilli sur le texte de la proposition de révision. Or, si des amendements substantiels y ont été ajoutés en commission après la réception de cet avis, la régularité procédurale de l’ensemble du processus est sujette à caution.

On n’improvise pas une révision de 29 articles de la Constitution en cinq jours de commission. Le fait que l’on puisse relever de tels défauts dans un texte destiné à devenir la loi suprême du pays est en lui-même révélateur de la précipitation qui préside à cette réforme.

 

VI. Ce que nous demandons : non pas l’immobilisme, mais la légitimité

Nous ne disons pas que la Constitution du Sénégal n’a pas besoin d’être réformée. Elle en a besoin, et depuis longtemps. La création d’une Cour constitutionnelle, l’incompatibilité entre la présidence et la direction d’un parti, le renforcement du contrôle parlementaire sur les ressources naturelles ces orientations sont justes dans leur principe.

Mais une bonne réforme adoptée dans de mauvaises conditions reste une réforme fragile. Elle sera contestée, elle sera utilisée politiquement, elle alimentera des crises futures.

Ce que nous demandons, avec le gouvernement de la République, avec le collectif Aar Sunu Constitution, et avec le bon sens démocratique, c’est une de ces trois voies :

Première voie : le référendum populaire, seul chemin permettant d’ancrer une révision de cette ampleur dans une légitimité incontestable.

Deuxième voie : une concertation nationale élargie à l’opposition et à la société civile, débouchant sur un texte de consensus, avant tout vote parlementaire.

Troisième voie : à tout le moins, la scission du texte entre ses dispositions techniques et consensuelles qui peuvent être adoptées rapidement et ses dispositions structurellement litigieuses, qui méritent un traitement séparé et plus approfondi.

La Constitution sénégalaise n’appartient qu’au peuple sénégalais. 

Que les signataires du manifeste, dont nous respectons la stature intellectuelle, se demandent sincèrement pourquoi le gouvernement lui-même s’oppose à la méthode de cette révision. La réponse à cette question vaut mieux que toute invocation de l’anti-immobilisme.

Papis TRAORE

Citoyen

Le Front pour la Défense de la République (FDR), section Pikine, a tenu un important rassemblement ce samedi 27 juin afin de réclamer la libération des personnes qu'il considère comme des détenus politiques. La manifestation a réuni des responsables du FDR, des militants de l'Alliance pour la République (APR) ainsi que de nombreux sympathisants.

Prenant la parole devant les participants, Malal Diallo Piithe a dénoncé les arrestations de plusieurs leaders politiques et d'opinion, qu'il estime contraires aux principes de l'État de droit. Il a appelé les autorités à privilégier le dialogue et à garantir une justice équitable pour tous les citoyens.

Au cours de son intervention, Malal Diallo Piithe a également adressé ses remerciements au président Macky Sall pour son engagement à la tête de l'APR, tout en félicitant les responsables du parti ainsi que les organisateurs pour la réussite de cette mobilisation à Pikine.

S'adressant ensuite au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, il a lancé un appel en faveur d'une justice impartiale et a demandé la libération de l'ensemble des personnes que le FDR qualifie de détenus politiques.

 Selon lui, cette mesure contribuerait à renforcer l'apaisement du climat politique et à consolider la démocratie sénégalaise.

À travers ce rassemblement, le FDR de Pikine réaffirme sa volonté de poursuivre son combat pour le respect des libertés publiques, des droits fondamentaux et de l'expression démocratique, tout en appelant les autorités à ouvrir un dialogue inclusif afin de préserver la stabilité du pays.

Réunis à Dakar dans le cadre du Forum sénégalais sur la Gouvernance de l’Internet (SNFGI) et du Forum sénégalais des Points d’Échange Internet (SNPIF), les acteurs du numérique ont plaidé pour un Internet plus souverain, inclusif et accessible à tous. Placée sous le thème : « Internet souverain : gouvernance, IXP et IA au service du Sénégal pour un écosystème numérique durable, inclusif et innovant », cette édition a permis de jeter les bases d’une collaboration renforcée entre les différentes composantes de l’écosystème numérique national.

Cette une nouvelle édition du Forum sénégalais sur la Gouvernance de l’Internet (SNFGI) couplée au Forum sénégalais des Points d’Échange Internet (SNPIF), un rendez-vous majeur réunissant pouvoirs publics, acteurs techniques, organisations de la société civile, opérateurs, chercheurs et partenaires au développement autour des enjeux stratégiques du numérique.

Président du chapitre sénégalais d’Internet Society (ISOC Sénégal), Ahmad Bamba Mbacké a souligné l’importance de cette rencontre qui vise à renforcer le dialogue multipartite sur l’avenir de l’Internet au Sénégal. Selon lui, Internet Society représente la voix des internautes dans la gouvernance mondiale du réseau et œuvre depuis près de vingt-cinq ans à promouvoir un Internet ouvert, accessible et bénéfique pour tous.

« La gouvernance de l’Internet ne concerne pas uniquement les structures techniques ou les institutions. Elle concerne avant tout les citoyens, qui doivent pouvoir participer aux décisions qui façonnent l’avenir du numérique », a-t-il expliqué.

L’événement, organisé en partenariat avec le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, la GIZ ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers, a permis de réunir l’ensemble des acteurs du secteur afin de réfléchir aux défis liés à la connectivité, à l’interconnexion des réseaux, à la souveraineté numérique et à l’intelligence artificielle.

L’un des temps forts du forum a été la signature d’une convention-cadre entre Internet Society Sénégal et le Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT). Cette collaboration vise à mutualiser les efforts en faveur d’un accès plus démocratique, plus sécurisé et plus utile à Internet pour les populations.

Pour Ahmad Bamba Mbacké, Internet est désormais un service essentiel au même titre que l’eau ou l’électricité. « Aujourd’hui, l’accès aux services passe par Internet. Ce troisième réseau doit être accessible à tous les citoyens, où qu’ils se trouvent sur le territoire national », a-t-il affirmé.

Les discussions ont également porté sur les défis de l’accès universel à la connectivité, le développement des contenus numériques locaux, l’inclusion numérique et l’aménagement du territoire. Des problématiques qui s’inscrivent pleinement dans les ambitions du New Deal Technologique porté par l’État du Sénégal.

À travers cette convention-cadre, les parties entendent mettre en place un cadre stratégique permettant le développement futur de projets concrets dans les domaines de la connectivité, de l’inclusion numérique, du renforcement des infrastructures et de l’accompagnement des usages.

Dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation digitale, les participants ont insisté sur la nécessité de consolider les infrastructures Internet nationales, notamment les points d’échange Internet (IXP), afin de renforcer la résilience, la performance et la souveraineté du réseau sénégalais.

À l’issue des travaux, un consensus s’est dégagé sur l’importance d’une gouvernance collaborative associant l’État, le secteur privé, la société civile et les communautés techniques pour bâtir un écosystème numérique durable, innovant et inclusif au service du développement économique et social du Sénégal.

Mamadou Touré

L’article 103 de la Constitution du 22 janvier 2001 dispose que l’initiative de la révision appartient concurremment au Président de la République et aux membres de l’Assemblée nationale, mais que le peuple reste, en dernière instance, le seul pouvoir constituant légitime. Ce texte — sobre dans sa formulation, exigeant dans son esprit — constitue la boussole institutionnelle que la majorité parlementaire semble aujourd’hui vouloir court-circuiter. En tant que citoyen attaché à la démocratie sénégalaise, je ne saurais me taire.

I.La Constitution : un pacte entre les générations, non un instrument de conquête du pouvoir

Une Constitution n’est pas un simple règlement intérieur que les majorités successives remodellent à leur convenance. Elle est, selon la formulation classique du droit constitutionnel, la « norme des normes », le texte fondateur qui surplombe l’ensemble de l’ordre juridique et engage la Nation dans son intégralité présente et à venir. Le Préambule de la Constitution sénégalaise l’affirme avec force : le peuple du Sénégal souverain proclame ses droits et ses principes dans un engagement qui transcende les mandatures.

C’est pourquoi la doctrine constitutionnelle distingue classiquement le pouvoir constituant originaire celui du peuple fondateur du pouvoir constituant dérivé, qui ne peut s’exercer que dans des conditions de forme et de fond strictement encadrées. La majesté du texte constitutionnel tient précisément à cette exigence de solennité. Réviser la Constitution à la va-vite, par la seule force d’une majorité parlementaire homogène, sans concertation nationale préalable, c’est trahir l’esprit même du contrat social qui fonde toute République digne de ce nom.

II. La leçon de 2016 : quand la majorité s’incline devant le peuple

Il faut ici rendre un hommage objectif à une pratique institutionnelle qui mérite d’être rappelée. Lors de la révision constitutionnelle du 20 mars 2016, le président Macky SALL disposait d’une majorité parlementaire confortable qui lui aurait permis de faire adopter le texte à l’Assemblée nationale sans recourir au peuple. Il a néanmoins choisi la voie référendaire.

Ce choix n’était pas anodin. Il procédait d’une conception exigeante de la légitimité démocratique : lorsque l’on touche au texte fondamental, on ne peut se satisfaire de la seule arithmétique parlementaire. On doit consulter la source première du pouvoir le peuple lui-même. Cette tradition sénégalaise, qui remonte aux grandes consultations constitutionnelles de l’ère Senghor, constitue un héritage précieux que les générations successives se sont transmis comme un bien commun de la démocratie nationale.

Que penser, dès lors, d’une majorité qui s’en affranchirait ? La régression est manifeste. Avoir la majorité des sièges ne confère pas une légitimité constituante. Les députés représentent la Nation ; ils ne la remplacent pas.

III. Une réforme à haut risque institutionnel

La proposition de loi n°17/2026, déposée par le groupe parlementaire Pastef et examinée en commission le 24 juin 2026, porte sur la révision de vingt-neuf articles de la Constitution. Son contenu renforcement des prérogatives du Premier ministre, création d’une Cour constitutionnelle, élargissement des pouvoirs de contrôle du Parlement n’est pas en soi irrecevable sur le fond. Certaines dispositions répondent même à des préoccupations légitimes de modernisation institutionnelle.

Mais le fond ne saurait absoudre la forme. En droit constitutionnel, la procédure n’est pas un détail : elle est la garantie substantielle que les droits des citoyens seront respectés. Une réforme adoptée sans débat national inclusif, sans concertation avec l’opposition, sans soumission au jugement populaire, souffre d’un déficit de légitimité qui hypothèque sa pérennité et fragilise l’architecture institutionnelle qu’elle prétend consolider.

Par ailleurs, le contexte politique dans lequel s’inscrit cette initiative mérite d’être nommé avec franchise. Cette révision constitutionnelle est née de la rupture entre le Président de la République et son ancien Premier ministre, désormais président de l’Assemblée nationale. Que la Constitution devienne l’enjeu d’un rapport de forces interne au pouvoir est précisément ce que les pères fondateurs des démocraties modernes ont voulu prévenir en rendant la révision constitutionnelle délibérément difficile. La difficulté n’est pas un obstacle à contourner ; elle est la protection même que le constituant a conçue pour préserver l’équilibre des pouvoirs.

IV. L’exigence référendaire : un impératif démocratique

Le collectif citoyen « Aar Sunu Constitution » Protégeons notre Constitution a lancé une pétition exigeant la voie référendaire. Je m’y associe sans réserve. Non par conservatisme ou par attachement idéologique à l’ordre établi, mais parce que la démocratie ne se limite pas à la comptabilité des sièges parlementaires. Elle exige que les décisions qui engagent l’avenir de tous soient prises avec tous.

Le référendum n’est pas une procédure encombrante qu’il conviendrait d’éviter pour des raisons de commodité politique. C’est l’expression la plus haute de la souveraineté populaire. C’est le moment où le peuple véritable détenteur du pouvoir constituant parle en son nom propre, sans intermédiaire. Y renoncer sans nécessité impérieuse, c’est confisquer la parole des Sénégalais au profit d’une majorité circonstancielle.

Le Président Bassirou Diomaye FAYE dont l’initiative constituante relève également des prérogatives présidentielles, a aujourd’hui l’opportunité de trancher : soit il valide une révision adoptée dans la précipitation et la division, soit il rappelle, comme son prédécesseur en 2016, que la Constitution n’appartient pas à ceux qui gouvernent — mais à ceux qui ont élu.

Conclusion

Le Sénégal a bâti, sur plus de six décennies, une réputation démocratique que bien des nations africaines lui envient. Cette réputation ne tient pas seulement aux alternances réussies de 2000, 2012 et 2024 ; elle tient également à la qualité du débat constitutionnel, à la capacité des institutions à se réformer sans se déformer. Ne la dilapidons pas.

Une Constitution révisée dans le consensus et la transparence est une Constitution qui dure. Une Constitution révisée dans la hâte et le rapport de forces est une Constitution qui divise. Le choix appartient, en dernière instance, à ceux que la Constitution protège : le peuple sénégalais.

 

Papis TRAORE

Citoyen

 

C'est un grand ouf de soulagement que les supporters de Guédiawaye Football Club vont sans doute pousser. Leur équipe est parvenue à se maintenir en ligue 1. 

Un moindre mal pour qui connait les difficultés majeures auxquelles elle était confrontée, lesquelles avaient fait craindre le pire. Une descente aux enfers par une relégation en ligue 2. Les obstacles majeurs qui ont fait que l'équipe ait alterné le bon et le moins bon sont désormais rangés dans le tiroir des vieux souvenirs.

Des arriérés de salaire des dirigeants et des joueurs ont tout bonnement été épongés par Mouhammad Dieng, à la satisfaction générale des inconditionnels du club phare de Guédiawaye. Nul doute que l'atmosphère de soulagement et de satisfaction qui prévaut se poursuivra pour donner lieu à des performances sportives agréablement surprenantes.

À l'occasion de la Journée internationale des Gens de Mer, célébrée chaque année le 25 juin sous l'égide de l'Organisation maritime internationale (OMI), Ndeye Aby Gueye, capitaine de navire, fondatrice de l'Association des Femmes Marins du Sénégal et représentante des professionnels de la mer, a lancé un appel en faveur d'une meilleure reconnaissance des risques auxquels sont confrontés les marins.

Prenant la parole au nom des associations de marins du commerce, de la pêche et de l'offshore, Ndeye Aby Gueye a rappelé le rôle essentiel que jouent les gens de mer dans le fonctionnement de l'économie mondiale. Le thème retenu cette année, « Transporter le commerce mondial, supporter les risques », met en lumière les nombreux défis auxquels les marins sont quotidiennement confrontés.

Selon elle, les risques varient selon les secteurs d'activité. Dans le domaine de la pêche, les professionnels doivent souvent faire face à des conditions de travail difficiles, à de longues heures en mer et à des rémunérations parfois insuffisantes. Dans le transport maritime commercial, les marins sont régulièrement exposés aux aléas météorologiques et aux contraintes liées à la navigation. Quant au secteur offshore, les exigences en matière de sécurité demeurent particulièrement élevées en raison de la nature sensible des opérations.

« Le but est de rappeler les risques que subissent les gens de mer et de promouvoir le respect des normes de sécurité afin que chaque marin puisse rentrer sain et sauf auprès de sa famille », a déclaré Ndeye Aby Gueye.

Capitaine de remorqueur de profession, elle œuvre depuis plusieurs années pour la promotion des métiers maritimes et la valorisation de la place des femmes dans un secteur historiquement dominé par les hommes. À travers l'Association des Femmes Marins du Sénégal, elle milite également pour l'amélioration des conditions de travail, le respect des réglementations internationales et le renforcement de la sécurité maritime.

Cette Journée internationale des Gens de Mer constitue ainsi une occasion de rendre hommage à ces femmes et ces hommes qui assurent le transport du commerce mondial, l'exploitation des ressources marines et les activités offshore, souvent au prix de sacrifices importants et dans des conditions parfois éprouvantes.

Alors que plus de 80 % du commerce mondial transite par voie maritime, les acteurs du secteur rappellent la nécessité de renforcer la protection, la reconnaissance et le bien-être des gens de mer, véritables piliers de l'économie mondiale.

Mamadou Tourè 

 

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