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La rédaction

La rédaction

L’Union des panafricanistes du Sénégal (UPS) est montée au créneau pour appeler à la retenue, au sens des responsabilités et au recentrage du débat national autour de l’essentiel : la construction du Sénégal et le soutien stratégique à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies.

Dans un contexte international marqué par de profondes recompositions géopolitiques, l’UPS estime que cette candidature dépasse les clivages partisans et revêt une importance stratégique majeure, non seulement pour le Sénégal, mais pour l’Afrique et pour l’avenir du système multilatéral.

Un monde en mutation, un multilatéralisme fragilisé car selon l’organisation panafricaniste, le monde traverse une phase de fragmentation inédite : rivalités accrues entre grandes puissances, conflits persistants, crise climatique devenue existentielle, aggravation des inégalités Nord-Sud et remise en cause du multilatéralisme.

« Les Nations Unies ne peuvent plus se limiter à une fonction administrative. L’institution a besoin d’un leadership politique fort, capable d’incarner une vision, d’arbitrer les tensions et de réconcilier les fractures contemporaines », souligne l’UPS.

Pour le mouvement, le prochain Secrétaire général devra conjuguer trois exigences fondamentales : légitimité morale fondée sur la Charte des Nations Unies, expérience politique avérée et vision stratégique capable d’anticiper les mutations du monde.

Une candidature africaine à portée géopolitique car L’UPS insiste sur la nécessité pour l’Afrique de passer du statut d’objet de gouvernance internationale à celui d’acteur central des décisions mondiales. Avec plus d’un milliard d’habitants, une jeunesse dynamique et un poids stratégique croissant dans les équilibres climatiques, sécuritaires et économiques, le continent ne peut plus rester en marge des centres de décision.

Soutenir un candidat africain crédible au poste de Secrétaire général de l’ONU ne relève ni d’un réflexe identitaire ni d’un acte symbolique, affirme l’organisation. Il s’agit d’un « choix géopolitique rationnel » dans un monde multipolaire où l’inclusivité du multilatéralisme devient une condition de sa survie.

L’UPS met en avant le profil de Macky Sall, ancien président du Sénégal pendant douze ans, élu à deux reprises et ayant respecté la limitation constitutionnelle des mandats. Une trajectoire que le mouvement qualifie de « légitimité démocratique incontestable », essentielle pour diriger une organisation fondée sur le droit international.

L’organisation rappelle également son rôle à la tête de l’Union africaine, où il a porté les revendications du continent sur la réforme du Conseil de sécurité, la justice climatique, la restructuration de la dette africaine et la prise en compte des enjeux sécuritaires du Sahel et de la Corne de l’Afrique.

Dans un monde polarisé, cette capacité de dialogue avec les grandes puissances comme avec les pays émergents constituerait, selon l’UPS, un atout majeur pour la fonction.

Face aux débats et aux critiques suscités par cette candidature, l’Union des panafricanistes du Sénégal appelle à la retenue et à la responsabilité collective.

« Le pluralisme d’opinion est légitime. Mais l’autofragmentation affaiblirait une opportunité historique pour le Sénégal et pour l’Afrique », avertit l’organisation.

L’UPS invite ainsi les acteurs politiques, la société civile et les leaders d’opinion à élever le débat, à éviter les polémiques stériles et à privilégier l’intérêt stratégique national.

« Une Afrique prête à assumer ses responsabilités mondiales »

Pour l’UPS, cette candidature incarne une Afrique qui ne demande plus seulement à être entendue, mais qui entend contribuer activement à la gouvernance mondiale.

« Soutenir Macky Sall, c’est soutenir une Afrique influente, défendre un ordre mondial plus équilibré et affirmer que notre continent est prêt à participer pleinement à la construction de la paix, de la justice et de la coopération internationale », conclut le mouvement.

En appelant au retour à l’essentiel – l’unité, la stabilité et la construction nationale – l’UPS positionne cette candidature comme un enjeu stratégique dépassant les intérêts partisans, au service du Sénégal et du continent africain.

Mamadou Touré 

Changer un régime n’est pas nécessairement renverser un système. Le Sénégal en fait aujourd’hui l’expérience brute. Si le sommet de l’État a changé de visage, l’ossature du pouvoir, elle, demeure largement intacte. Le système hérité de Macky Sall reste solidement enraciné dans l’administration, tapi dans les circuits décisionnels, protégé par une justice hésitante et entretenu par une bureaucratie devenue experte dans l’art du ralentissement stratégique.

Il ne s’agit plus d’une simple survivance du passé. Il s’agit d’une résistance organisée.

Dans les ministères, les directions et les agences, le Projet se heurte à une inertie méthodique. Les dossiers s’empilent, les procédures s’allongent, les arbitrages se perdent dans des labyrinthes administratifs soigneusement entretenus. Ce n’est pas de l’incompétence : c’est une culture. Une culture de sabotage passif, héritée de longues années durant lesquelles servir le système comptait davantage que servir l’État.

Plus préoccupant encore est le rôle de la justice. Pilier théorique de la République, elle apparaît aujourd’hui comme l’un des verrous majeurs de la transformation. Une justice à géométrie variable, rapide quand il s’agit des faibles, prudente à l’excès lorsqu’elle touche aux puissants. Une justice qui invoque son indépendance mais pratique trop souvent l’attentisme, transformant la procédure en refuge et le temps en stratégie.

C’est dans ce contexte que le Projet tente d’avancer.

Ousmane Sonko l’a reconnu sans détour : le combat est frontal avec un système profondément enraciné, difficile à déloger, solidement installé jusque dans les étages supérieurs de l’État. Mais cette lucidité ne s’accompagne d’aucune résignation. Au contraire. Car ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement une alternance politique classique.

Nous sommes face à un moment historique.

Le Projet ne se résume pas à un programme gouvernemental. Il porte une ambition de rupture avec des décennies de pratiques clientélistes, de compromissions institutionnelles et de confiscation de l’intérêt général. Il vise à transformer un État longtemps perçu comme un butin politique en un véritable outil de service public.

C’est précisément cette ambition qui provoque la crispation du système.

Depuis toujours, celui-ci prospère sur une idée dangereuse : faire croire que tous les dirigeants se valent et que toute lutte est vaine. Cette résignation organisée est son principal carburant. Tant que le peuple doute, le système survit. Tant que la fatigue gagne, il consolide ses positions.

Mais reculer aujourd’hui serait une faute historique. Reculer, ce serait valider les sacrifices consentis pour rien. Reculer, ce serait offrir une seconde vie aux mécanismes qui ont asphyxié la République. Reculer, ce serait trahir l’espoir né dans les urnes et dans la rue.

Les promesses faites au peuple ne seront pas accordées gracieusement par un système habitué à l’impunité. Elles devront être imposées par la volonté politique et soutenues par une vigilance citoyenne permanente.

Le Projet ne peut réussir seul. Il exige un peuple éveillé, exigeant, conscient que chaque concession faite à l’ancien ordre est une réforme différée. Car un système, aussi enraciné soit-il, ne résiste jamais longtemps à une société qui a cessé d’avoir peur.

L’histoire est en marche. Reste à savoir si les institutions suivront, ou si elles choisiront de rester du mauvais côté du changement.

Nous avons appris avec une profonde émotion le décès tragique de l'étudiant Abdoulaye BA à I'Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, survenu dans un contexte de tensions sur le campus. Ce drame bouleverse toute la communauté universitaire.

Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à ses camarades.

Nous exprimons également notre vive préoccupation face aux arrestations d'étudiants, notamment de présidents d'amicales, intervenues dans ce climat tendu. Les représentants étudiants jouent un rôle essentiel de médiation et de dialogue. Leur interpellation risque d'aggraver les tensions au lieu de favoriser l'apaisement.

Nous appelons à la retenue, à la libération des étudiants arrê tés dans le respect du droit, ainsi qu'à l'ouverture d'un dialogue responsable pour préserver I'université comme un espace de savoir, de sécurité et de liberté.

Toute la lumière doit être faite sur les circonstances du décès à travers une enquête indépendante et transparente. L'éducation demeure un droit fondamental qui doit s'exercer dans la dignité et la paix.

Le Président Papa Tahirou SARR

Fait à Dakar, le 1/02/2026

C’est avec une profonde peine et un réel regret que le mouvement PROGRÈS a appris les affrontements survenus entre les forces de défense et de sécurité et les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

De tels événements sont inadmissibles dans un espace universitaire qui devrait demeurer un sanctuaire du savoir, du dialogue intellectuel et de la formation citoyenne. À ce titre, le mouvement PROGRÈS condamne fermement et sans réserve toute forme de violence dans l’espace universitaire, quelle qu’en soit l’origine.

En effet, l’université ne saurait être assimilée à un champ de confrontation ou à un lieu de répression. Elle constitue avant tout un pilier fondamental de la République, un espace de réflexion critique et un levier essentiel du développement national. Par conséquent, toute atteinte à son intégrité porte gravement préjudice non seulement aux étudiants, mais également à l’avenir de la Nation. Une jeunesse, en particulier la jeunesse estudiantine, doit être accompagnée et encadrée avec intelligence, sagesse, retenue et patience, car elle incarne l’espoir, la relève et la capacité d’innovation du pays.

Par ailleurs, l’histoire politique et sociale récente du Sénégal démontre que les réponses exclusivement sécuritaires aux revendications universitaires ont souvent conduit à des crises plus profondes et durables. L’absence de dialogue, le refus de traiter les causes structurelles des tensions et le recours systématique à la force ne peuvent qu’aggraver les incompréhensions et fragiliser davantage la cohésion nationale. Comme le rappelle une évidence historique, les mêmes causes produisent inévitablement les mêmes effets.

Dans ce contexte, le mouvement PROGRÈS appelle solennellement le Président de la République, en sa qualité de garant des institutions et de l’unité nationale, à assumer pleinement ses responsabilités. Cela suppose, d’une part, l’identification rigoureuse des commanditaires des actes survenus en 2026 et, d’autre part, l’application de sanctions justes et conformes à l’État de droit. Toutefois, ces mesures doivent impérativement s’accompagner d’une volonté politique claire visant à restaurer un dialogue sincère, permanent et inclusif entre l’État, les autorités universitaires et les étudiants.

Enfin, le mouvement PROGRÈS rappelle que le Sénégal a parcouru un long chemin dans la consolidation de la paix sociale, de la stabilité institutionnelle et du respect des libertés académiques. Les événements récents montrent cependant que ces acquis demeurent fragiles. Il est donc urgent de tirer toutes les leçons du passé, de préserver l’espace universitaire de toute violence et, surtout, de ne pas porter atteinte aux étudiants, car en les touchant, c’est l’avenir même du Sénégal qui est compromis.

Mouvement PROGRÈS

Le Président, Djibril Ba


Au Sénégal, l’université devrait être un sanctuaire du savoir, un espace de rigueur intellectuelle et d’élévation sociale. Pourtant, les scènes de violences récurrentes qui y sont observées ternissent cette noble mission et fragilisent l’avenir de toute une génération. Rien, absolument rien, ne peut justifier que des lieux dédiés à la formation de l’élite nationale deviennent des foyers de confrontation, de dégradation du bien public et de mise en danger des étudiants eux-mêmes.

Il est essentiel de condamner fermement ces violences, non seulement pour leurs conséquences immédiates, mais aussi pour le signal qu’elles envoient à la société : celui d’une rupture du dialogue et d’une banalisation de la force comme mode d’expression. Une nation qui aspire au progrès ne peut tolérer que ses universités deviennent des espaces d’instabilité permanente.

Dans ce contexte, il convient également de reconnaître avec lucidité les efforts de réforme engagés par les nouvelles autorités. Les mesures visant à améliorer la gestion des bourses, à rationaliser leur attribution et à renforcer la transparence constituent des avancées attendues depuis longtemps. De même, la réorganisation du cadre académique, social et infrastructurel des campus répond à une nécessité structurelle : celle d’adapter l’université sénégalaise aux exigences contemporaines de qualité, d’efficacité et de responsabilité.

Toutefois, il est frappant de constater que la question des bourses, bien qu’importante, est souvent érigée en priorité absolue dans le débat estudiantin, au détriment de problématiques plus profondes. La qualité de l’encadrement pédagogique, l’adéquation des formations avec les besoins du marché, la recherche scientifique, la gouvernance universitaire, les conditions de vie et d’étude, ou encore l’intégration du numérique et de l’innovation ; autant d’enjeux structurants qui conditionnent véritablement l’avenir des étudiants et du pays.

Réduire la crise universitaire à la seule question des bourses, c’est risquer de traiter le symptôme plutôt que la cause. Le défi réel est celui de la transformation globale de l’université sénégalaise : une université plus performante, plus responsable, mieux organisée et tournée vers le développement national.

En tant que société, nous devons encourager une culture du dialogue constructif, de la responsabilité collective et de l’engagement citoyen. Les étudiants, futurs cadres du Sénégal, ont un rôle historique à jouer : défendre leurs droits, certes, mais aussi porter une vision exigeante et durable de l’institution universitaire.

La réforme de l’université ne peut réussir ni dans la violence ni dans la confusion des priorités. Elle exige lucidité, discipline et volonté commune. C’est à ce prix que l’université sénégalaise redeviendra pleinement ce qu’elle doit être : un moteur de transformation sociale et un pilier du développement national.

 

 

Meissa Thiam

Consultant en Organisation et Gestion des Entreprises Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le lundi 09 février 2026 restera gravé comme un jour de profonde tristesse pour toute la communauté éducative nationale et internationale, suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ, consécutif à une descente des forces de l’ordre dans le campus social.

Cette énième bavure vient allonger la liste déjà trop longue des journées sombres vécues par nos universités et des étudiants tombés sous différents régimes. Elle constitue un signal d’alerte majeur qui devrait amener le Gouvernement du Sénégal à reconsidérer en profondeur sa démarche dans la gestion des crises universitaires.

Depuis le début de l’année universitaire 2025/2026, la question du paiement des bourses reste un point de tension récurrent entre les autorités et les amicales d’étudiants. Les retards et les nouvelles modalités de paiement introduites de manière unilatérale par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, sans concertation préalable avec les bénéficiaires, ont provoqué des mouvements de contestation régulièrement réprimés par des interventions policières.

Informé de cette réforme jugée impopulaire et socialement lourde de conséquences, le SAEMSS avait pourtant alerté les autorités, les invitant à préserver les acquis des étudiants et à tenir compte de la dimension sociale des bourses, qui constituent souvent leur unique moyen de subsistance.

Malheureusement, le Gouvernement a choisi l’épreuve de force, aboutissant aujourd’hui à cette tragédie.

Le SAEMSS condamne avec la plus grande fermeté les violences répétées observées dans les campus universitaires ainsi que les violations des franchises universitaires. L’espace universitaire doit demeurer un sanctuaire du savoir, et non un théâtre d’affrontements.

Pour un retour immédiat au calme et à l’apaisement, le SAEMSS invite le Gouvernement du Sénégal à :

● Retirer sans délai les forces de l’ordre de l’espace universitaire ;

● Procéder au paiement immédiat de tous les arriérés de bourses ;

● Ouvrir une enquête indépendante afin d’identifier les responsables du décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ et appliquer des sanctions exemplaires ;

● Réouvrir immédiatement les restaurants du campus social.

Le SAEMSS présente ses condoléances attristées à la famille du défunt, à ses camarades, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative nationale et internationale.

Il prie pour le repos de l’âme du jeune Abdoulaye Bâ, arraché à l’affection des siens à la fleur de l’âge.

Que la terre de Matam lui soit légère.

Le Secrétaire général national: 

El Hadji Malick YOUM

L’ONG Action Humaine pour le Développement Intégré au Sénégal (AHDIS) exprime sa profonde consternation et sa vive émotion à la suite du décès tragique d’un étudiant de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Ce drame, survenu dans un contexte de fortes tensions et de dysfonctionnements persistants au sein de l’espace universitaire, met une fois de plus en lumière la crise profonde que traverse le système universitaire sénégalais. Il interpelle l’ensemble des acteurs — autorités étatiques, administrations universitaires, communautés éducatives et organisations estudiantines — sur l’urgence d’agir de manière responsable et concertée.

Face à cette situation alarmante, l’ONG AHDIS appelle à la prise de mesures urgentes d’apaisement, à la protection de la vie et de la dignité des étudiants, ainsi qu’à l’ouverture d’un chantier de réformes structurelles et profondes visant à améliorer durablement les conditions d’études, de gouvernance et de sécurité dans les universités publiques du Sénégal.

L’AHDIS présente ses sincères condoléances à la famille de l’étudiant disparu, à ses camarades, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire, et réaffirme sa disponibilité à contribuer à toute initiative de dialogue et de réforme allant dans le sens de la paix sociale et du progrès du système éducatif national.

Amacodou DIOUF:

Président ONG Action Humaine pour le Développement Intégré au Sénégal (AHDIS)

L'actualité nationale reste fortement polluée par l'arrestation des présumés hommosexuels et la révolte des étudiants de l'UCAD qui a coûté, ce lundi 9 février 2026, la vie à l'étudiant en médecine, Abdoulaye Bâ. Le parti Union Patriotique(UP/Beug Sa Rëw s'en émeut et demande à l'État d'agir pour situer toutes les responsabilités:"Notre pays amorce une pente savonneuse et il est grand temps d'agir. Les relations contre-nature est l'expression d'une déliquescence de nos valeurs. Sur ce, j'invite les autorités étatiques à prendre des mesures hardies pour stopper ce mal. Dans un pays de croyance(s) comme le Sénégal, il est honteux que des faits pareils envahissent le débat.", tonne le Serigne Modou Guèye, Président de l'UP/Beug Sa Rëw. Le guide religieux chef de parti, d'interpeller:"Il est temps de criminaliser l'homosexualité au Sénégal. Cela ne doit plus prospérer dans notre cher pays. C'est une question d'honneur et de dignité. Aucune religion révélée n'a cautionné les LGBT. Menons la croisade contre ces dérives a-religieuses".

Parlant de la révolte des étudiants, le leader de l'UP/Beug Sa Rëw dira:"Je déplore cette crise qui sévit à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar(UCAD) et qui a coûté la vie à Abdoulaye Bâ. Une belle fleur vient de se faner. L'État doit tout faire pour satisfaire les doléances de ces jeunes pousses de l'intelligentsia. Les responsabilités doivent aussi être situées. Il ya trop de politique dans ce lieu où la recherche du savoir doit prédominer. Le Directeur Général du COUD doit aussi être démis par ce qu'il n'est pas à la hauteur. Non à l'impunité", a lancé,furax, Serigne Modou Guèye.

Dakar a abrité, du 10 au 12 février 2026, l’atelier d’orientation pour l’élaboration du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique du Sénégal (2026-2030). La cérémonie officielle d’ouverture s’est tenue ce mardi 10 février, sous la présidence effective de Monsieur Amadou Ba, ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, en présence de Monsieur Bacary Sarr, Secrétaire d’État à la Culture, aux Industries créatives et au Patrimoine historique.

La rencontre a également enregistré la participation de Monsieur Germain Coly, Directeur de la Cinématographie et de l’Audiovisuel, de Monsieur Moussa Sène Absa, cinéaste et président du comité scientifique, ainsi que de nombreux acteurs du cinéma, de l’audiovisuel, de la création numérique, des experts, des institutions de formation et des journalistes.

La production et la diffusion d’images figurent aujourd’hui parmi les secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale, portées par la transformation numérique. Selon le rapport de l’UNESCO (2021) intitulé Défis et tendances du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique, ces secteurs génèrent environ 5 milliards de dollars de revenus et 5 millions d’emplois sur le continent, un chiffre jugé modeste au regard du potentiel réel.

Le rapport estime qu’avec des infrastructures adaptées, un financement structuré, une formation renforcée et des politiques publiques cohérentes, l’Afrique pourrait générer jusqu’à 20 milliards de dollars par an et créer des millions d’emplois supplémentaires.

Au Sénégal, plusieurs signaux positifs témoignent d’un renouveau du secteur :

■ les succès des cinéastes sénégalais dans les grands festivals africains et internationaux ;

■ la mise en œuvre progressive des décrets d’application de la loi n°2002-18 sur la cinématographie ;

■ l’appui de l’État à travers le FOPICA ;

la reprise du circuit des salles de cinéma, avec une vingtaine de salles actives et des unités mobiles ;

■ le développement de filières de formation dans les universités et écoles spécialisées.

Malgré ces avancées, plusieurs défis majeurs demeurent :

● la révision et l’amélioration du Code de la cinématographie ;

● la création d’infrastructures modernes ;

●le renforcement du capital humain ;

● la diversification des mécanismes de financement 

● la sauvegarde et la valorisation du patrimoine cinématographique et audiovisuel.

À cela s’ajoutent les mutations liées au numérique et à l’intelligence artificielle, désormais perçues comme des leviers d’innovation et de compétitivité.

L’atelier s’articule autour de quatre grandes thématiques :

■ Formation, recherche, transmission et patrimoine

■ Financement, législation, fiscalité et coopération

■ Production, exploitation et diffusion des œuvres

■Gouvernance, structuration et développement de l’industrie

Les travaux visent à formuler des recommandations opérationnelles, directement applicables, afin de structurer une véritable industrie du 7ᵉ art au Sénégal.

Dans son allocution, le ministre Amadou Ba a rappelé que le cinéma sénégalais est un vecteur majeur de rayonnement culturel, citant les figures emblématiques comme Ousmane Sembène et les nombreuses distinctions remportées par les créateurs sénégalais dans les festivals internationaux.

Il a souligné le rôle du cinéma comme outil d’éducation, de conscience citoyenne et de transmission des valeurs, appelant à une meilleure intégration du numérique et de l’intelligence artificielle, tout en insistant sur l’urgence de la formation, du financement et de la décentralisation des infrastructures culturelles.

Le président du comité scientifique a insisté sur l’importance du récit cinématographique comme fondement de l’identité et de la souveraineté culturelle.

 Il a plaidé pour :

● une industrie cinématographique structurée ;

● une formation solide des jeunes talents ;

● la création d’une Cité du cinéma au Sénégal ;

● un plan stratégique chiffré, réaliste et orienté vers l’action.

À l’issue des trois jours de travaux, une synthèse consolidée sera produite et servira de base à l’élaboration du Plan stratégique quinquennal 2026-2030. Un comité de suivi et d’évaluation sera mis en place pour garantir l’application effective des recommandations.

Cette initiative s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050 et marque une étape décisive vers la construction d’une industrie cinématographique et audiovisuelle durable, inclusive et compétitive.

Moussa Diba

Depuis plusieurs années, le système de rémunération de la fonction publique sénégalaise repose sur un régime indemnitaire profondément inégalitaire, marqué par l’opacité et la discrimination. Cette dérive structurelle pénalise gravement les enseignants, pourtant piliers de la formation du capital humain et du développement économique et social du pays.

Il ne s’agit ni d’une perception ni d’un discours corporatiste. Dès 2014, une étude officielle commanditée par le Ministère de la Fonction publique et conduite par le cabinet *MGP-Afrique* établissait un constat sans appel : *le régime indemnitaire est devenu l’un des principaux facteurs de désarticulation du système de rémunération dans l’administration publique*.

Le rapport révélait une inflation incontrôlée de primes et d’indemnités, souvent attribuées sans lien objectif avec les grilles indiciaires, les qualifications, les responsabilités ou la pénibilité des fonctions. Dans certains corps, ces avantages peuvent égaler, voire dépasser, le salaire de base, tandis que d’autres notamment les enseignants restent durablement marginalisés dans le partage des ressources publiques.

Cette situation consacre une injustice structurelle difficilement défendable. Hautement qualifiés, investis d’une mission stratégique et confrontés à des conditions de travail souvent éprouvantes, les enseignants figurent paradoxalement parmi les agents publics les moins bien traités sur le plan indemnitaire. L’absence de règles claires et harmonisées a installé une hiérarchie artificielle entre les corps de la fonction publique, nourrissant frustration, démotivation et profond sentiment de déconsidération au sein du système éducatif.

Pourtant, les solutions sont connues depuis plus d’une décennie : rationaliser et harmoniser les indemnités, les adosser aux grilles indiciaires, instaurer des critères transparents, moderniser la gouvernance salariale et renforcer l’encadrement juridique. L’ambition était claire : bâtir un système de rémunération équitable, cohérent et porteur de stabilité sociale.

Mais plus de dix ans après, l’inaction persiste. Dès lors, la question n’est plus celle du diagnostic, mais bien celle du courage politique. Maintenir un tel déséquilibre revient à institutionnaliser l’injustice et à fragiliser durablement l’école publique.

Réformer le régime indemnitaire n’est ni une faveur ni une concession. C’est une exigence de justice, un impératif de reconnaissance envers celles et ceux qui façonnent l’avenir de la Nation, et une condition indispensable pour restaurer la motivation, la dignité professionnelle et la performance du système éducatif.

Le temps des constats est révolu. Celui des décisions doit s’ouvrir.

*Aliou Diouf Secrétaire général national du CUSEMS*

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