Le Musée des Civilisations Noires (MCN) a célébré ce week-end son 7ᵉ anniversaire lors d’une cérémonie empreinte d’émotion, marquée par le vernissage de sa nouvelle exposition phare : « L’Art d’être Femme Noire ». Un hommage puissant, politique et esthétique aux créatrices africaines et afro-descendantes, dont le rôle essentiel dans la construction des récits culturels continue encore trop souvent d’être invisibilisé.
La soirée a réuni un large éventail de représentants culturels et diplomatiques, parmi lesquels des émissaires de la CEDEAO, de la République Populaire de Chine, de la France, ainsi que de nombreuses figures artistiques et institutionnelles.
Le directeur du musée, M. Lee, a ouvert la cérémonie en rappelant l’importance de cette exposition dans un Sénégal « qui avance, se transforme et s’ouvre à un nouveau chapitre de son histoire ».
Une programmation annuelle dédiée aux femmes noires car cette exposition est l’aboutissement d’une année entière consacrée aux puissances créatives féminines, au cœur d’une programmation riche comprenant :
Six expositions majeures, dont Hawaï Gillian Africa, Inertion de Awotensa Abu Dhabadi, ou encore Si le Malikane m’était conté ;
Des panels thématiques sur les femmes dans les musées, les prêtresses ou encore le colorisme ;
Des projections cinématographiques centrées sur les parcours féminins ;
Des performances, concerts, et dédicaces littéraires ;
La parution d’un numéro spécial du magazine La Casemarque, entièrement consacré à la place des femmes dans l’art.
Cette diversité d’activités illustre la volonté du MCN de « réparer des silences et faire émerger de nouveaux récits », selon les mots de son directeur.
Commissaire de l’exposition, Muzia Katé, artiste et collectionneuse franco-sénégalaise, a livré un discours chargé d’émotion. Elle rappelle que l’art est un espace vital où s’expriment la résilience, la dignité et les combats des femmes noires.
L’exposition présente des œuvres rarement vues du public, notamment celles de Madeleine Senghor, Adam Hargoy, Germaine Antaguay, et de grands maîtres sénégalais tels qu’Issa Migai.
Elle juxtapose les regards d’artistes femmes et hommes, permettant de saisir l’évolution des représentations du féminin dans l’art africain moderne et contemporain.
Les différentes interventions de la soirée ont rappelé une évidence : si les femmes noires sont les gardiennes des traditions, des récits et des savoirs, elles restent encore trop souvent absentes des institutions artistiques et de l’histoire officielle.
L’exposition se veut donc un acte de reconnaissance, mais aussi une revendication. Elle affirme que :
« Les femmes noires n’attendent pas d’être représentées : elles sont l’art, depuis toujours.
Au-delà de sa dimension artistique, « L’Art d’être Femme Noire » symbolise une nouvelle dynamique au Musée des Civilisations Noires : renforcer la valorisation des artistes femmes, préserver les collections en danger, et inscrire le musée dans une perspective résolument contemporaine et inclusive.
Le MCN annonce d’ailleurs l’acquisition de plusieurs œuvres remarquables issues de la dernière Biennale de Dakar, intégrées spécifiquement pour enrichir cette exposition anniversaire.
M. TOURÉ
