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CAN : Rabat ou la foire aux nerfs, chronique d’un sabotage ordinaire* par Malick BA

CAN : Rabat ou la foire aux nerfs, chronique d’un sabotage ordinaire* par Malick BA Spécial

À Rabat, la CAN a pris des airs de mauvais polar africain, version low-cost, où l’organisation se joue à pile ou face et où le fair-play est resté coincé à la douane. À mesure que la finale approche, le décor se fissure, le vernis craque, et derrière les sourires protocolaires, l’odeur du sabotage devient tenace.

Inadmissible. Voilà le mot. Inadmissible ce qui s’est produit à l’arrivée des Lions à la gare de Rabat. Zéro sécurité. Nada. Le néant. Comme si accueillir les champions d’Afrique relevait d’un détail logistique secondaire, au même rang qu’un retard de train régional. Les Gaïndés débarquent, seuls, exposés, livrés à l’improvisation, pendant que la CAF regarde ailleurs et que le Maroc hôte joue à l’innocent surpris.

Mais le sabotage ne s’arrête pas là. Les billets ? Introuvables. Évaporés. Dissous dans une opacité digne des grandes traditions bureaucratiques africaines. Le terrain d’entraînement ? Toujours pas. À la veille d’une finale continentale. Une farce. Une gifle. Une provocation.

Car ne soyons pas naïfs : tout cela n’est pas une suite de “malheureux dysfonctionnements”. C’est une stratégie de tension, une guerre des nerfs menée à coups de désorganisation savamment entretenue. Faire douter. Épuiser. Agacer. Tester la patience des Lions, espérant fissurer leur mental avant même le coup d’envoi.

Mais ils se trompent d’adversaire.

Nous sommes des Gaïndés. On peut tenter de nous fatiguer, de nous isoler, de nous humilier par le chaos logistique. Mais une chose est claire : “On nous tue, mais on ne nous déshonore pas.”

Heureusement, la Fédération sénégalaise de football a haussé le ton, publié un communiqué pour riposter, rappeler que le Sénégal n’est ni un figurant ni un invité de dernière minute. Un communiqué comme un carton jaune adressé à la CAF et à l’organisation marocaine : assez de mépris, assez de bricolage, assez de petits jeux.

Et pendant ce temps, la CAF, grande prêtresse des discours creux, continue de vendre une CAN “professionnelle”, “moderne”, “au standard international”. Un storytelling en carton-pâte qui s’effondre à la première gare, au premier bus manquant, au premier terrain fantôme.

Oui, c’est cela l’Afrique du football, malheureusement : des stades flambants neufs, mais une organisation qui trébuche sur l’essentiel. Des hymnes grandiloquents, mais des pratiques mesquines. Des slogans d’unité, mais des coups bas en coulisses.

Qu’ils sachent une chose : le sabotage n’a jamais fait trembler un lion. Il ne fait que réveiller sa rage.

Dimanche, quoi qu’ils tentent, quoi qu’ils sabotent, les Lions entreront sur le terrain avec ce qu’aucune CAF, aucun hôte, aucune manœuvre ne pourra leur retirer : la dignité, le mental et l’honneur.

Et ça, messieurs les saboteurs, ça ne s’achète pas.

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