Si le Premier ministre Ousmane Sonko n’a effectivement pas contresigné le décret portant création de la Fondation des Premières Dames, la question de la portée de ce geste ou de cette omission mérite d’être posée, tant sur le plan juridique que politique.
Dans le fonctionnement institutionnel, le contreseing du Premier ministre n’est pas un simple acte administratif. Il engage la responsabilité du gouvernement et atteste de la conformité d’un décret avec les orientations de l’exécutif. Dès lors, l’absence de cette signature peut être interprétée de deux manières.
D’un côté, certains y verront une faute institutionnelle. En effet, si le décret relevait du champ de compétence gouvernementale, ne pas le contresigner pourrait traduire un dysfonctionnement dans la coordination de l’action publique. Une telle situation pourrait fragiliser la lisibilité de la décision étatique et ouvrir la voie à des contestations juridiques ou politiques.
D’un autre côté, cette absence peut également être perçue comme un choix délibéré. Dans ce cas, elle traduirait une volonté de prise de distance vis-à-vis de la création de cette fondation, souvent sujette à débat dans l’opinion publique. Les fondations liées aux Premières Dames, bien que généralement orientées vers des actions sociales, sont parfois critiquées pour leur statut hybride, à mi-chemin entre initiative publique et engagement personnel.
Ainsi, le non-contreseing pourrait être interprété comme un signal politique, voire une posture de prudence institutionnelle. Cela reviendrait à éviter d’engager formellement le gouvernement dans une structure dont la légitimité ou l’opportunité peut être discutée.
Au-delà de cette situation particulière, le débat met en lumière une question plus large : celle de l’encadrement des initiatives para-étatiques et du rôle exact des institutions dans leur validation. Entre exigence de transparence, rigueur juridique et responsabilité politique, l’affaire révèle les tensions inhérentes à la gouvernance contemporaine.
En définitive, faute ou avantage stratégique, l’absence de contreseing du Premier ministre reste un acte lourd de sens, qui appelle des clarifications afin de préserver la cohérence de l’action publique et la confiance des citoyens.
Kémo DAFFÉ, citoyen Sénégalais engagé pour des causes
