La rédaction
Washington 2026 : le FAISE ouvre de nouvelles perspectives pour les investisseurs sénégalais
Le Fonds d'Appui à l'Investissement des Sénégalais de l'Extérieur - FAISE a eu l’honneur de prendre part au SelectUSA Investment Summit, tenu du 02 au 06Mai 2026 à Washington, aux côtés de la délégation d’entrepreneurs sénégalais conduite par l’Ambassade des États-Unis à Dakar.
Une présence stratégique à ce rendez-vous mondial dédié à l’investissement et au développement des partenariats économiques internationaux.
Cette participation a été une occasion de promouvoir la destination Sénégal, de renforcer les relations diplomatiques et économiques entre le Sénégal et les États-Unis, mais également de créer des opportunités concrètes pour les investisseurs, les entrepreneurs et les acteurs du développement au niveau de la Diaspora.
A travers cette mission, le FAISE réaffirme son engagement à accompagner la dynamique de transformation économique du Sénégal, en parfaite cohérence avec les orientations des autorités et la vision Sénégal Horizon 2050.
Le développement passe aujourd’hui par une diplomatie économi
‘’LE FILS DE SYMBIL’’ DE FATIME RAYMONNE HABRE: Un puissant plaidoyer contre le racisme dans le monde arabe
Prolongement de son précédent ouvrage ‘’Symbil et le décret royal’’ - qui a obtenu le Grand Prix Ken Bugul du livre féminin 2024 au Sénégal - ‘’Le fils de Symbil’’ est le nouveau chef d’œuvre romanesque de l’ex-Première Dame du Tchad, Fatimé Raymonne Habré, juriste de formation.
Edité par le Carré culturel, joyau culturel créé et dirigé par Mme Habré sis aux Almadies, cet ouvrage, écrit avec rage, est un fort plaidoyer et un véritable cri du cœur contre le racisme, plus particulièrement dans le monde arabe.
‘’Est-il possible d’être noir et arabe à la fois aujourd’hui ?’’. C’est sans conteste la question centrale que pose le nouveau livre de Fatimé Raymonne Habré qui, avec sa plume alerte et très engagée, narre une histoire bouleversante et livre un combat contre l’oubli. Pour elle, le silence autour de cette traite arabo-musulmane dans les pays africains ne doit plus prospérer, surtout que le simple fait d’avoir du sang noir peut vous ramener à la condition d’esclave de vos ancêtres d’il y a plusieurs siècles.
Dans ‘’Le fils de Symbil’’, Fatimé Raymonne Habré raconte une histoire poignante, celle de Sharif Al Walid, un homme né dans un harem - où sa mère a passé toute sa vie - devenu ambassadeur, doit faire face à une société où les arabes qui ont du sang noir sont victimes d’ostracisme et de de discrimination. Surtout lorsqu’il tombe éperdument amoureux d’une jeune femme de la haute société arabe du nom de Noor.
Touché dans son amour-propre après le refus d’une partie de la famille de sa bienaimée de bénir son union avec Noor, parce qu’il est asmer (noir, esclave), le diplomate banni, mais surprotégé en même temps du fait de son sang royal, va sonner la révolte. Il décide de croiser le fer avec ses pourfendeurs, mais surtout d’aller à la quête de sa véritable identité et de ses racines, avec le soutien de Naïm, un eunuque qui a vécu avec sa mère dans le harem et qui l’avait déposé dans un orphelinat après sa naissance.
On lui avait fait croire que ses parents étaient décédés dans un accident. Toute son histoire avait été effacée. Au niveau des Renseignements généraux, son histoire faisait l’objet d’une notice rouge.
A force d’abnégation et d’opiniâtreté, Sharif Al Walid - qui réussira à décrocher un poste prestigieux - finira par renverser la vapeur. Il retrouvera sa mère se fera accepter par l’ensemble de la famille de Noor.
Une acceptation de raison pour ses contempteurs qui durent s’incliner devant le pouvoir et la puissance de l’argent.
Pour l’autrice, il était important de faire un plaidoyer contre le racisme dans le monde arabe. D’autant plus qu’elle indique, dans l’émission littéraire ‘’L’Entretien’’ sur 2STV, que les récits de l’histoire africaine ‘’ont été amputés de toute cette partie très importante et qui a des répercussions jusqu'à aujourd'hui’’.
‘’Ce sont des sujets qui m'interpellent et qui font donc l'objet de tous ces écrits et qui expriment ainsi mon engagement et surtout informer notre jeunesse, susciter un éveil de conscience, pour que les gens s'engagent à écrire tout ce qu'ils vivent. C'est l'un des engagements du Carré culturel. Notre vision, c'est vraiment promouvoir, susciter des écrits sur tous nos événements politiques, économiques, sociaux, culturels, pour que les Africains eux-mêmes aient leur regard sur leur histoire et pour la souveraineté narrative de notre vécu’’, explique clairement Fatimé Raymonne Habré.
Toujours selon la juriste de formation, ‘’cette amnésie collective des pays africains sur une partie importante de leur histoire, elle désarme intellectuellement nos jeunes et même des adultes pour pouvoir réagir face à ce qu'ils subissent au quotidien, un racisme parfois brutal, violent. Et donc, à partir de ce moment-là, je pense que les gens devraient prendre conscience de ça et essayer d'armer intellectuellement nos jeunes par un récit national complet pour qu'ils puissent déconstruire les racines de ce racisme’’.
(Vox Populi)
LA FINALE DE LA CAN ET SES PERIPETIES
L’analyse de Fatimé Raymonne Habré
Autrice et éditrice, Fatimé Raymonne Habré est aussi passionnée de football. Dans l’émission littéraire ‘’L’Entretien’’ sur la 2STV, l’ex-Première Dame du Tchad livre son analyse sur dernière finale de la Coupe d’Afrique des Nations et ses différentes péripéties.
Pour la juriste de formation, ce qui s’est passé lors de la finale de la CAN ‘’est extrêmement grave’’.
‘’Pour comprendre un peu ce qu'il y a derrière cette affaire, et qui explique l'attitude du Maroc, c'est qu'aujourd'hui, le football, ce n'est plus un divertissement. Le football est devenu un élément de stratégie pour un rayonnement international pour le Maroc. Ce pays a organisé cette CAN, avec des investissements massifs, avec des infrastructures, avec aussi tout un récit national qui a été écrit, autour d'une grosse propagande, autour de l'idée que le Maroc est la locomotive de l'Afrique, en Afrique régionale, sur le plan des banques, sur le plan économique, sur le plan de la diplomatie religieuse aussi’’, indique Fatimé Raymonne Habré.
‘’Le refus du prince marocain de remettre le trophée à l'équipe de Sadio Mané, est l'acte 1 de la crise diplomatique’’
Et d’ajouter : ‘’Donc cela veut dire que le Maroc a construit une histoire qui était de dire qu'il y a un sentiment d'exceptionnalisme, une espèce d'invincibilité, et que nous allons gagner. Et ce jour-là, le Maroc, quand il arrive sur le terrain, le Sénégal est arrivé pour jouer la finale et prendre le trophée. Mais le Maroc, ce n'est pas seulement le trophée. Le Maroc est venu pour dérouler et valider son statut de géant africain et arabe. Donc il y a eu toute cette histoire qui est derrière, et qui fait que ce sentiment d'exceptionnalisme et d'invincibilité a été heurté, ce récit-là, national, s’est heurté à la réalité du terrain. Il ne s'agit plus de sport, ce n'est plus un divertissement. Donc la réalité du terrain les rattrape, et ils sont battus, écrasés’’.
A son avis, ‘’le refus du prince marocain de prendre le trophée et de le remettre à l'équipe de Sadio Mané, est l'acte 1 de la crise diplomatique’’.
‘’C'est incroyable, parce que cet homme, c'est un prince. Ça veut dire que dès l'âge de 6 ans, il est éduqué à respecter le protocole. Il est formaté pour ça. Toute sa vie, c'est le protocole. Ses relations avec sa famille, ses relations avec son entourage, avec le personnel. Toute sa vie, c'est le protocole. Et le voilà qui arrive et qui refuse d'exécuter ce protocole. Moi, je trouve que cet acte était un acte très violent et devant 60 000 supporters marocains et devant les caméras du monde entier. 180 pays ont suivi la CAN’’, assène Mme Habré.
Avant de se dire choquée par la question des supporters sénégalais. ‘’L'arbitre siffle et le Sénégal gagne. Les supporters, qu'est-ce qu'ils font ? Tout le monde saute et danse. Eux, ils ne sont pas dans la bagarre, ils n'ont rien à faire dans la bagarre. Eux, ils chantent, ils dansent, ils jubilent, tout simplement. Mais quand les gens voient la plus haute autorité du pays sur le terrain qui dit ‘je ne donne pas la coupe, je refuse’. Ça pose problème. Le prince rejette immédiatement et totalement cette défaite. Les 60 000 supporters marocains le voient. Donc, ils disent ‘notre prince a rejeté, nous aussi, on manifeste, nous aussi, on attaque’. C'est Dieu qui les a sauvés. On a vu des photos extraordinaires où tu as des gaillards qui leur donnent des coups de poings. Ces gaillards-là sont des éléments de la sécurité’’, souligne l’autrice du roman ‘’Le fils de Symbil’’.
Pour Mme Habré, ‘’le Maroc n'était pas venu pour jouer simplement la coupe. Il voulait valider son statut de locomotive du continent, de la sous-région. Et donc, ça veut dire que la défaite a été rejetée’’.
‘’Pour les Marocains, leur défaite face au Sénégal est une anomalie politique à corriger. C'est ça qui explique tout cet investissement, ce lobbying médiatique, ces recours juridiques auprès du Tribunal arbitraire du sport. Vous savez, moi, je ne crois ni au droit dans ce monde d'aujourd'hui ni à la vérité ni à la justice. Je sais que c'est un monde du pouvoir de l'argent, un monde de lobbies, de réseaux, un monde de la diplomatie souterraine. Vous savez que si le Maroc est allé chercher la coupe-là, pour la récupérer deux mois après, auprès de la CAF, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils savent que le Sénégal, qui s'est battu corps et âme pour prendre cette coupe sportivement sur le terrain, n'allait pas rester tranquille, dormir, parce qu'ils avaient toute la légitimité de contester cette action. J'ai même regardé la jurisprudence du tribunal arbitral. Ils n'ont jamais géré ce genre d'affaire’’, affirme l’écrivaine.
Et elle ne manque pas de pointer ‘’la défaillance totale de la CAF’’. Pour Mme Habré, ‘’il y a eu trois précédents très dangereux’’.
‘’Le premier précédent dangereux, c'est la première fois qu'un pays gagne une coupe sportivement et qu'on fasse des recours administratifs pour pouvoir récupérer une coupe deux mois après. Ça, c'est du jamais vu. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, maintenant, l'arbitre n'est plus le maître du terrain. C'est-à-dire que, demain, la coupe du monde, on pourra aussi encore aller chercher une coupe deux mois après, dans un recours administratif. C'est un dangereux précédent. Et là, on n'a pas entendu la CAF. Autre dangereux précédent, c'est le fait de prendre en otage des supporters. Mais, demain, le Maroc va se déplacer aussi, non ? Donc, le Maroc, s'il se déplace maintenant, il montre quoi ? Vous êtes pays organisateur. Vous avez la responsabilité de la sécurité des gens, mais vous laissez les débordements. Votre plus haute autorité, c'est elle qui déclenche les hostilités. Et maintenant, vous prenez les jeunes-là en otage’’, déclare-t-elle.
Le troisième grave précédent, selon elle, ‘’c'est le refus d'exécuter le protocole’’.
(Vox Populi)
Transition énergétique au Sahel : les médias appelés à sortir du silence
Au Sénégal et dans plusieurs pays du Sahel, moins de 2 % des contenus médiatiques traitent des énergies renouvelables. Un déficit d’information jugé préoccupant par les experts réunis à Dakar lors d’un atelier organisé par Africa Climate Insights et Teranga Lab.
La transition énergétique avance au Sahel, mais son traitement médiatique reste largement insuffisant. C’est le principal constat dressé lors d’un atelier organisé à Dakar par l’Africa Climate Insights, en partenariat avec l’Teranga Lab, autour du thème : « Le traitement médiatique des énergies renouvelables au Sahel ».
Réunissant journalistes, chercheurs, organisations de la société civile et acteurs du secteur énergétique, la rencontre a permis de présenter les résultats d’une étude menée au Sénégal, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso et au Niger sur la couverture médiatique des questions liées à la transition énergétique.
Le diagnostic est sans appel : les sujets portant sur les énergies renouvelables occupent une place marginale dans les médias sahéliens.
« Il est regrettable de constater qu’on est à peine à 1 % de couverture médiatique autour de la transition énergétique », a alerté Awa Trawaré. Selon elle, ce faible intérêt médiatique constitue un frein majeur à l’émergence d’un débat public éclairé sur des enjeux pourtant décisifs pour l’avenir énergétique de la région
Face à l’urgence climatique et à la nécessité d’assurer un accès universel à l’énergie, plusieurs pays sahéliens multiplient les investissements dans les infrastructures vertes : centrales solaires, parcs éoliens ou encore projets hydroélectriques. Pourtant, ces transformations restent peu expliquées au grand public.
Pour Awa Trawaré, les médias doivent jouer un rôle central dans l’appropriation citoyenne de ces politiques publiques.
« On ne peut pas imaginer un débat public solide sans un journalisme de qualité capable d’expliquer les enjeux de la transition énergétique », a-t-elle insisté.
L’étude révèle également que les contenus publiés se limitent souvent à des comptes rendus institutionnels, sans analyse critique ni vulgarisation accessible. Une situation qui réduit la capacité des citoyens et des organisations de la société civile à participer aux débats sur les choix énergétiques nationaux.
Pour Alexandre Guberlet, cette faible couverture s’explique aussi par les priorités éditoriales dominantes dans les médias.
« Le narratif dominant dans nos contenus médiatiques reste la politique, parfois le sport ou les faits sensationnels. Les questions climatiques et environnementales sont perçues comme trop techniques ou trop sérieuses », analyse-t-il.
Le responsable de Teranga Lab estime toutefois que les rédactions gagneraient à diversifier leurs formats journalistiques afin de rendre ces sujets plus attractifs et engageants.
Il plaide notamment pour le développement du journalisme de solutions, une approche qui permet d’évaluer concrètement l’impact des politiques et projets énergétiques sur les populations.
« Le compte rendu est aujourd’hui le format dominant, mais il reste souvent plat et insuffisant pour restituer toute la complexité des enjeux », souligne-t-il.
Chercheur en médias et environnement, Birame Faye met en avant une autre difficulté : le conservatisme des lignes éditoriales.
Selon lui, de nombreux médias continuent de privilégier des rubriques traditionnelles comme la politique, les faits divers ou le sport, au détriment des enjeux climatiques et énergétiques.
« Les lignes éditoriales n’ont pratiquement pas évolué depuis plusieurs décennies, alors que les enjeux de société ont profondément changé », regrette-t-il.
L’étude montre également que 97 % des contenus analysés relèvent du simple compte rendu et que les principales sources citées restent les autorités institutionnelles, limitant ainsi la diversité des points de vue.
Parmi les obstacles identifiés figurent également :
le manque de formation spécialisée des journalistes ;
les difficultés de financement ;
l’accès limité aux sources d’information ;
l’absence de rubriques environnementales permanentes dans les rédactions.
Pour tenter de combler ce déficit, Africa Climate Insights affirme avoir engagé plusieurs initiatives depuis 2023, notamment des sessions de formation destinées aux journalistes spécialisés en environnement.
L’organisation a également mis en place un consortium de journalistes francophones dédié aux questions de transition énergétique afin de créer une dynamique de collaboration durable entre experts et professionnels des médias.
Les participants à l’atelier ont enfin insisté sur la nécessité d’institutionnaliser davantage le traitement des questions environnementales dans les rédactions africaines, à travers la création de desks spécialisés et de rendez-vous éditoriaux réguliers.
Dans un contexte marqué par les débats autour du pétrole, du gaz et des énergies renouvelables au Sénégal et dans l’espace sahélien, les organisateurs estiment qu’une information de qualité constitue désormais un enjeu démocratique majeure
Mamadou Touré
Forum international de Dakar : l’Afrique de l’Ouest et du Centre face aux défis urgents de la transition écologique
La capitale sénégalaise a abrité, ce mercredi 6 mai 2026, la quatrième édition du Forum international de Dakar sur l’environnement, l’économie verte et le climat, une initiative de Actions Citoyennes sur le Climat (ACC), en collaboration avec plusieurs partenaires techniques et financiers.
Placée sous le thème « Transition écologique, finance verte, sécurité alimentaire, pastoralisme et gouvernance climatique : quels défis pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre ? », cette rencontre d’envergure a rassemblé plus de 500 participants venus d’horizons divers, notamment des institutions publiques, du secteur privé, des ONG, du monde académique ainsi que de la société civile
Dans un contexte marqué par une aggravation des effets du changement climatique, les intervenants ont dressé un constat préoccupant : l’Afrique de l’Ouest et du Centre fait face à une convergence de crises environnementales, économiques et sociales. La dégradation des ressources naturelles, la perte de biodiversité, l’insécurité alimentaire et la fragilisation du pastoralisme constituent autant de défis urgents à relever.
Le forum a ainsi offert un cadre d’échanges pour mieux comprendre ces enjeux, identifier des solutions locales et promouvoir une approche intégrée du développement durable.
Prenant la parole, le président de l’ACC, Ousmane Kandé, a souligné l’importance de fédérer l’ensemble des acteurs autour de la transition écologique.
Selon lui, ce forum constitue un espace scientifique et citoyen visant à sensibiliser, mobiliser et proposer des réponses concrètes face aux impacts du changement climatique. Il a insisté sur la nécessité de repenser les modèles de développement, en favorisant une transition écologique juste, inclusive et adaptée aux réalités africaines.
Il a également rappelé que les pays africains restent confrontés à un déficit de financement climatique, malgré les opportunités offertes par la finance verte, les marchés carbone et les partenariats publics-privés.
Dans une intervention engagée, Khady Camara, écoféministe et présidente de l’Association Vacances Vertes, a mis en lumière les inégalités face aux impacts climatiques.
Elle a rappelé que les femmes, particulièrement en milieu rural, sont en première ligne face aux effets du changement climatique, tout en étant des actrices clés de la résilience communautaire.
Plaidant pour une approche écoféministe, elle a appelé à :
● Une meilleure accessibilité des financements climatiques pour les femmes
● La promotion de l’agroécologie
● Le soutien aux circuits courts
● L’intégration des femmes dans les politiques climatiques
« La transition écologique doit être juste, sinon elle ne sera ni viable ni durable », a-t-elle martelé.
Représentant le ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique, Malick Ba a mis en avant le rôle stratégique de la formation dans la transition écologique.
Il a souligné que les métiers verts constituent une opportunité majeure d’insertion professionnelle pour les jeunes, à travers :
■ L’intégration des compétences vertes dans les programmes de formation
■ Le développement de filières liées à l’économie circulaire et à l’agroécologie
■ La digitalisation des parcours de formation.
Pour lui, la transition écologique représente non seulement un impératif environnemental, mais aussi une opportunité économique et sociale pour le Sénégal et le continent africain.
Au-delà des échanges, le forum a mis en évidence la nécessité de renforcer la gouvernance climatique, encore jugée fragile et insuffisamment inclusive.
Les participants ont plaidé pour :
● Une meilleure coordination régionale
● Une implication accrue des jeunes et des femmes
● Des institutions plus fortes et transparentes
● Des politiques publiques intégrant les solutions locales
Cette quatrième édition du Forum international de Dakar confirme la volonté des acteurs africains de reprendre l’initiative face aux défis climatiques.
Au terme des travaux, un consensus se dégage : l’Afrique ne doit plus subir les effets du changement climatique, mais devenir un acteur majeur de la transition écologique mondiale, en s’appuyant sur ses ressources, ses savoirs et sa jeunesse
Moussa Diba
AFRICAINES DE LA DIASPORA : CES FEMMES QUI FAÇONNENT L’AFRIQUE DE DEMAIN
Le 6 mai, la Salle Averroès accueillera bien plus qu’une simple table ronde. Ce rendez-vous s’annonce comme un moment fort de réflexion, de partage et d’engagement autour d’un enjeu majeur : la place des femmes africaines de la diaspora dans la transformation du continent.
Intitulée « Enjeux culturels et économiques – Africaines du Monde : voix, féminisme décolonial et leviers d’une Afrique nouvelle », cette rencontre réunira des profils d’exception, portés par une même ambition : penser et construire une Afrique souveraine, moderne et inclusive.
Quand la diaspora féminine devient force de transformation car chercheuses, entrepreneures, artistes, responsables politiques ou encore figures d’influence… Ces femmes ont en commun des parcours riches, souvent façonnés entre plusieurs cultures. Si certaines ont quitté leur terre natale, d’autres ont grandi entre deux mondes, mais toutes partagent une volonté forte : contribuer activement au rayonnement et au développement de l’Afrique.
À travers leurs expériences, elles incarnent une nouvelle dynamique : celle d’une diaspora engagée, qui ne se contente plus d’observer, mais agit concrètement sur les réalités économiques, culturelles et sociales du continent.
Des voix fortes pour repenser les modèles car a la table ronde réunira des personnalités influentes telles que Najat Vallaud-Belkacem, Aminata Sonko et Danielle France Engolo, avec une modération assurée par Taoufik Boubker.
Au-delà des parcours individuels, c’est une vision collective qui se dessine : celle d’un féminisme africain décolonial, ancré dans les réalités locales, affranchi des schémas imposés et résolument tourné vers l’avenir.
Le message est clair : construire une Afrique forte passe nécessairement par la reconnaissance et la valorisation du rôle des femmes.
Longtemps perçue comme un simple relais culturel ou économique, la diaspora africaine s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique majeur.
Par leurs compétences et leurs réseaux internationaux, ces femmes contribuent à :
transformer les systèmes éducatifs,
promouvoir les cultures africaines,
stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat,
renforcer la diplomatie culturelle,
influencer les politiques publiques.
Leur impact dépasse largement les discours : il façonne les imaginaires, inspire les jeunes générations et redéfinit les perspectives du continent.
Des parcours inspirants, entre défis et résilience car derrière chaque réussite se cachent des combats souvent invisibles : discriminations, barrières culturelles, sacrifices personnels… Pourtant, ces femmes transforment les obstacles en leviers de réussite.
Leurs témoignages constituent une source d’inspiration essentielle pour une jeunesse africaine en quête de repères authentiques et de modèles accessibles.
Raconter ces trajectoires, c’est aussi transmettre de l’espoir. car au-delà de l’événement, une question centrale se pose : quelle place accorder aux femmes africaines dans la construction de l’Afrique de demain ?
La réponse se construit déjà à travers :
la reconnaissance des compétences,
l’accès aux sphères de décision,
l’émancipation économique,
la valorisation des savoirs africains,
la réappropriation des récits historiques et culturels.
À travers cette initiative, un message fort émerge : celui d’une Afrique qui innove, qui pense, qui crée et qui ose.
Une Afrique portée par ses talents. Une Afrique portée par sa diaspora. Et surtout, une Afrique portée par ses femmes.
M. Touré
les Agri-Innovation Hubs, nouveau moteur de la souveraineté agricole
Le Sénégal franchit une étape stratégique dans la transformation de son agriculture et de son élevage. À travers le lancement des Agri-Innovation Hubs et le renforcement des coopératives communautaires, les autorités misent sur un modèle structurant pour moderniser durablement le secteur primaire et renforcer la souveraineté alimentaire.
Au cœur de cette dynamique, le projet de Dahra Agro-Innovation Hub se positionne comme une plateforme intégrée dédiée au développement agro-pastoral dans la zone du Djolof. Pensé comme un pôle d’excellence, ce hub combine production agricole maîtrisée, services à l’élevage, formation technique, innovation, stockage et exploitation des données.
L’initiative repose sur plusieurs axes majeurs : la sécurisation des ressources en eau, l’inclusion des jeunes et des femmes dans les chaînes de valeur, le renforcement des compétences, ainsi que l’intégration du numérique et de l’agriculture de précision.
Dans cette perspective, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a récemment tenu une réunion stratégique avec les équipes de l’organisation Stockholm Food Initiative. Objectif : poser les bases d’un partenariat public-privé pour la mise en œuvre du premier Agri-Innovation Hub à Dahra.
Ce projet ambitionne de former une nouvelle génération d’agriculteurs et d’éleveurs capables d’intégrer les outils numériques et les pratiques agroécologiques. Il vise également à améliorer la performance des chaînes de valeur, de la production à la commercialisation, en passant par la transformation et la logistique.
Cette initiative s’inscrit dans la vision portée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, qui font de l’autosuffisance alimentaire un pilier du développement national.
Trois objectifs structurent cette stratégie : la mise en place de hubs territoriaux opérationnels, le renforcement des dispositifs de formation et d’innovation, et l’appui aux organisations de producteurs, notamment les coopératives agricoles.
Malgré un potentiel important, le secteur sylvo-pastoral reste confronté à plusieurs défis, notamment la fragmentation des marchés, l’accès limité aux services et la faible valorisation des productions. Le modèle des Agri-Innovation Hubs entend répondre à ces contraintes en favorisant une agriculture plus productive, mieux organisée et orientée vers la création de valeur.
Conçu comme un modèle modulaire et réplicable, le projet pourrait être étendu à d’autres régions du pays. Pour les autorités, il s’agit d’un levier clé pour faire de l’agriculture et de l’élevage des moteurs de croissance, d’emploi et de résilience.
Avec ce programme, le Sénégal pose les bases d’une agriculture moderne, inclusive et tournée vers l’avenir, ancrée dans les territoires et portée par l’innovation.
Fonds politiques : Le juge Dème va saisir la justice de la CEDEAO
Ibrahima Hamidou Dème va saisir la Cour de justice de la CEDEAO dans les prochains jours.
Cette décision intervient suite au rejet par la Cour Suprême de sa requête contre Ousmane Sonko, Premier ministre, Cheikh Diba, Ministre des Finances et du Budget et l’État du Sénégal au sujet des fonds spéciaux, communément appelés « fonds politiques ».
Le Sénégal à l’heure du repositionnement diplomatique et économique.
Pour le Sénégal, Pays de la Teranga, Terre de démocratie et de stabilité institutionnelle, l’heure est venue de restaurer pleinement son image et son attractivité sur la scène internationale à travers une diplomatie plus résiliente, plus crédible et davantage orientée vers les enjeux économiques.
Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude économique, la recomposition des alliances géopolitiques et la forte concurrence entre nations pour capter les investissements directs étrangers, le Sénégal se doit de projeter une image de stabilité, de cohérence institutionnelle et de maturité politique. Cela suppose la mise en place d’une gouvernance apaisée, inclusive et fédératrice, portée par un gouvernement d’union nationale composé de personnalités reconnues pour leur maturité politique et leur solide expertise.
Le choix d’hommes et de femmes d’Etat présentant un background institutionnel et économique de premier ordre constituerait un signal fort envoyé aux partenaires internationaux (bailleurs de fonds, investisseurs, etc). La confiance des marchés repose avant tout sur la prévisibilité, la stabilité réglementaire et la qualité de la gouvernance publique. Sans ces fondamentaux, les flux d’investissement ralentissent, le coût du financement augmente et la compétitivité nationale s’affaiblit.
Le Sénégal doit ainsi retrouver sa position de référence en Afrique de l’Ouest, en réaffirmant son statut de place forte diplomatique, de hub économique régional et de destination privilégiée pour les capitaux internationaux. Il en va de notre crédibilité souveraine, mais également de notre capacité à soutenir durablement la croissance, l’emploi et la transformation structurelle de notre économie.
Par ailleurs, à titre personnel et en toute modestie, je recommanderais à l’Etat d’initier un dialogue stratégique avec le secteur privé, principal moteur de la création de richesse et de la valeur ajoutée nationale. Une attention particulière devrait être accordée au secteur industriel dans toute sa diversité, véritable levier de souveraineté économique, de compétitivité et de résilience productive, sans pour autant oublier le secteur des services, qui représente environ 60 % du PIB.
Aujourd’hui, un climat d’incertitude et d’anxiété économique persiste au sein du tissu entrepreneurial national. Les industriels, les PME, les investisseurs locaux ainsi que les acteurs financiers ont besoin de visibilité, de stabilité fiscale, de sécurité juridique et d’un cadre réglementaire rassurant pour engager durablement leurs capitaux. Sans confiance, il n’y a ni investissement massif, ni création d’emplois soutenue, ni industrialisation effective.
Un dialogue structuré et orienté vers des solutions concrètes permettrait de désamorcer les tensions, de restaurer la confiance et de repositionner le partenariat public-privé comme pilier central de la relance économique nationale. La croissance durable ne peut être portée uniquement par l’Etat ; elle repose nécessairement sur une synergie forte entre action publique et initiative privée.
Face aux tensions persistantes dans la sous-région, notamment autour de la situation au Mali, le retour progressif de notre pays frère au sein de la CEDEAO constitue un enjeu majeur pour l’équilibre sécuritaire et économique régional.
Dans cette perspective, le Sénégal, en raison de son positionnement diplomatique et de son rôle traditionnel de médiateur, pourrait utilement contribuer aux efforts de stabilisation, au renforcement du dialogue régional ainsi qu’à la préservation des intérêts communs de l’espace communautaire.
Alassane LY - B&F
SANTÉ : un nouveau bloc chirurgical à l’hôpital Abbas Ndaw, hommage vibrant à Feu Armet Sakr
L’Hôpital Abbas Ndao a inauguré un nouveau complexe chirurgical moderne, fruit d’un partenariat exemplaire avec la famille Sakr. Ce bâtiment, véritable bijou architectural et médical, porte désormais le nom de Feu Armet Sakr, en hommage à cet homme décrit comme généreux et profondément engagé pour le bien-être des populations.
La cérémonie, empreinte d’émotion et de reconnaissance, s’est déroulée en présence du personnel médical, administratif et de nombreux invités. Le directeur de l’établissement a salué une collaboration née d’une rencontre fortuite mais décisive avec M. Sakr, qui a conduit à la réalisation rapide de cette infrastructure essentielle.
« Ce projet est le résultat d’une volonté commune de servir la population sénégalaise », a-t-il déclaré, rappelant que l’hôpital, fort de ses 90 ans d’existence, fait face à une forte demande en soins spécialisés.
Le nouveau bloc chirurgical permettra de désengorger les installations existantes, jusque-là insuffisantes face au nombre croissant de patients. Avec seulement quelques blocs opératoires pour de nombreux chirurgiens, les délais d’intervention pouvaient compromettre la prise en charge de certains cas urgents.
Grâce à cette nouvelle infrastructure, les équipes médicales pourront améliorer significativement la qualité des soins et réduire les délais d’attente. « C’est un soulagement pour nous et pour les patients », a confié un membre du personnel soignant.
Au-delà de l’aspect technique, cette inauguration a été marquée par un moment de recueillement. Une minute de silence a été observée en mémoire d’Armet Sakr, disparu récemment, dont l’engagement continue d’inspirer. « Les morts ne sont pas morts », a rappelé un intervenant, soulignant que son héritage vivra à travers ce bâtiment.
La famille Sakr, désormais liée à l’histoire de l’hôpital, a réaffirmé son attachement au Sénégal et son désir de contribuer au développement du système de santé. « Ce n’est qu’un début », a déclaré un représentant, promettant de poursuivre les actions en faveur des populations.
Ce projet illustre l’importance des partenariats public-privé dans le renforcement des infrastructures sanitaires. Il témoigne également de la force des initiatives individuelles au service de l’intérêt général.
Avec cette nouvelle réalisation, l’Hôpital Abbas Ndaw franchit une étape importante dans sa modernisation et confirme son ambition d’offrir des soins de qualité accessibles à tous.
M Touré
PARIS: Un partenariat stratégique scellé pour réaliser un pôle industriel à Thiès
En marge de la première édition du Forum Price 2026 tenu à Paris, un moment d’une portée stratégique s’est discrètement imposé comme l’un des jalons majeurs d’une ambition industrielle portée par des acteurs engagés entre l'Afrique et l'Europe.
En effet, c'est dans une atmosphère empreinte de deresponsabilité et de projection vers l’avenir, Mamadou Faye, Directeur Général de la Banque Nationale de Développement Économique, Catherine Faure, consultante et architecte de projets structurants, Mayoro Mbaye, opérateur économique chevronné, et Bulgarelli, représentant de Caseitaly, ont procédé à la signature d’un mémorandum d’entente ouvrant la voie à la création d’un pôle industriel dédié à la production de matériaux et d’équipements de construction.
Ce geste, loin d’être protocolaire, s’inscrit dans une dynamique beaucoup plus profonde, celle d’une volonté affirmée de transformer structurellement les économies africaines en réduisant leur dépendance aux importations dans un secteur aussi stratégique que celui du bâtiment. Le projet trouve un écho particulier dans les réflexions portées autour de la Citadelle Industrielle de Thiès, une initiative qui ambitionne de repositionner le Sénégal comme un acteur industriel capable de produire localement les intrants essentiels à son développement urbain et social . Dans un contexte marqué par une croissance démographique soutenue et une pression constante sur le logement, la mise en place d’une industrie locale des matériaux de construction apparaît comme une réponse à la fois économique, sociale et politique.
La présence de la Banque Nationale de Développement Économique dans cette signature n’est pas anodine. Elle traduit une volonté claire d’accompagner financièrement des projets structurants capables de générer de la valeur ajoutée locale et de stimuler l’emploi. De son côté, l’expertise de Catherine Faure, fortement impliquée dans la conception de projets industriels intégrés, apporte une dimension technique et stratégique essentielle, en lien direct avec les orientations définies dans les politiques d’industrialisation durable. Quant à Mayoro Mbaye, son expérience dans la conduite de projets et sa capacité à mobiliser des réseaux économiques internationaux renforcent la crédibilité opérationnelle de l’initiative, tandis que l’implication de Caseitaly à travers son représentant Bulgarelli ouvre la voie à un transfert de savoir-faire et à une coopération technologique déterminante.
Au-delà de la signature elle-même, c’est toute une vision qui se dessine, celle d’un écosystème industriel ca pable d’intégrer production, formation et innovation. Le projet ne se limite pas à la fabrication de matériaux, il ambitionne de structurer une chaîne de valeur complète, allant de la transformation des ressources locales à la mise à disposition d’équipements modernes pour le secteur du BTP. Une telle approche permet non seulement de réduire les coûts de construction, mais également de favoriser l’émergence d’une main-d’œuvre qualifiée, apte à répondre aux exigences d’un marché en mutation.
Dans cette perspective, le futur pôle industriel apparaît comme un levier puissant pour la création d’emplois et la montée en compétences des jeunes, répondant ainsi à des enjeux sociaux majeurs. Il s’inscrit également dans une logique de souveraineté économique, en permettant au pays de produire ce qu’il consomme et de valoriser ses propres ressources. L’ambition est claire, transformer une contrainte structurelle en opportunité durable, en faisant de l’industrialisation un moteur de croissance et de stabilité.
Ce mémorandum d’entente, signé dans un cadre international, symbolise ainsi la convergence d’intérêts entre acteurs publics, privés et partenaires étrangers autour d’un objectif commun, celui de bâtir les fondations d’un développement endogène, résilient et tourné vers l’avenir. Il marque le début d’un processus qui, s’il est mené avec rigueur et constance, pourrait redéfinir durablement les contours du secteur de la construction en Afrique de l’Ouest et offrir un modèle reproductible à l’échelle continentale.
