La rédaction
KREPIN DIATTA, LE CHAMPION DE L'OMBRE : HOMMAGE A UN HEROS DISCRET DE LA CAN.
À quelques minutes du coup d’envoi de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, le Sénégal a été frappé par un coup dur aussi inattendu que cruel. Krépin Diatta, titulaire indiscutable depuis le début de la compétition, pilier de l’équilibre collectif, est déclaré forfait. La raison invoquée : une maladie soudaine, une gêne qui l’empêche de prendre part au rendez-vous ultime.
Lorsque le Sénégal s’impose avec autorité et célèbre, dans une allégresse légitime, le sacre continental tant attendu, une évidence s’impose pourtant : cette victoire porte aussi l’empreinte indélébile de Krépin Diatta. Car on ne saurait fêter le triomphe sans penser à ceux qui, dans l’ombre ou dans l’adversité, ont tout donné pour rendre ce rêve possible.
Engagé, déterminé, d’un professionnalisme exemplaire, Krépin Diatta a incarné tout au long de cette CAN l’esprit de sacrifice et de devoir. Match après match, il a répondu présent, infatigable, aussi précieux dans l’animation offensive que rigoureux dans le repli défensif. Son engagement n’était jamais spectaculaire, mais toujours essentiel. Il considérait le maillot national non comme un simple honneur, mais comme une responsabilité sacrée.
Le sort, parfois injuste, s’est montré une nouvelle fois implacable. Absent de l’édition 2022 pour cause de blessure, le destin l’a encore privé de la finale, au moment précis où il croyait toucher du doigt son rêve d’enfant : soulever le trophée continental pour son pays. Cette absence, au cœur des images de fête et de gloire, laisse un goût amer, celui de l’inachevé.
Voir le Sénégal célébrer sans Krépin Diatta sur la pelouse relève du coup du sort. Car sans bruit ni éclat, il s’était imposé comme un maillon central de l’équilibre collectif des Lions. Un homme de l’ombre, mais un acteur majeur du succès.
Aujourd’hui, au-delà des médailles et des projecteurs, une pensée de profonde reconnaissance, de sympathie et de sollicitude lui est due. Le Sénégal champion d’Afrique n’oublie pas Krépin Diatta. Il est de ceux dont l’engagement, le courage et l’abnégation honorent le football et la nation.
Car certains champions soulèvent le trophée, et d’autres, tout aussi grands, l’ont déjà gagné par leur dévouement.
ALIOUNE AW
Keur Massar Nord
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Il doit être sacré champion de la CAN 2025 au Maroc : Claude le Roy est ''roi'' ( Par Meissa Thiam)
Il est des gestes qui dépassent le cadre du sport et s’inscrivent durablement dans la mémoire collective. Celui de Claude Le Roy, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, en fait incontestablement partie.
Alors que la décision malencontreuse de l’arbitre; ce penalty pour le moins contesté ; risquait de faire basculer la finale dans la confusion et la tension, Claude Le Roy a su faire preuve d’une grandeur d’âme rare. Par son sage conseil adressé à Sadio Mané, l’invitant à reprendre le jeu et à garder son sang-froid, il a contribué à préserver l’essence même du football : le fair-play, la dignité et le respect du jeu.
J’ai suivi cette finale avec enthousiasme, mais au-delà du résultat sportif, Claude Le Roy a, lui aussi, gagné sa finale. Son attitude responsable et apaisante a évité que l’Afrique ne donne au monde l’image d’une compétition ternie par une fin en queue de poisson. Dans un contexte aussi électrique, ce choix de la sagesse a été déterminant.
Il y a des détails que l’histoire ne doit jamais oublier. Ce geste en fait partie. Il rappelle que le football n’est pas seulement une affaire de trophées, mais aussi de valeurs, de transmission et d’exemplarité.
Ce moment prouve, une fois encore, combien Claude Le Roy porte le Sénégal dans son cœur, héritage vivant de son passage à la tête de l’équipe nationale. Son attachement, son respect et son sens élevé de l’éthique continuent de rayonner bien au-delà de son rôle d’entraîneur.
Oui, Claude Le Roy a gagné sa Coupe d’Afrique, celle de l’honneur et de la sagesse.
Chapeau Le Roy. Aujourd’hui encore, tu es Roi.
Meissa THIAM
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Paris le 17 janvier 2026. REMISE DU TROPHÉE MYRIAM MAKEBA par Maître Ciré Clédor Ly Avocat
Le trophée Miriam Makeba est une distinction honorifique, dédiée à des hommes et à des femmes qui ont marqué leur époque et qui méritent que l'on se souvienne d'eux.
Ce trophée a été pensé et décidé par l'association des journalistes africains qui regroupe plus de 200 membres, et le choix des hommes et des femmes est certes un choix sélectif et démocratique, mais sans aucune connotation politique et sans être guidé par aucune quelconque affiliation ou affinité politique.
Son objectif est d'être et de rester une mémoire du continent : le continent africain.
Son but est de rappeler aux générations présentes et futures, les hommes et les femmes d'Afrique qui auraient renoncé à leur propre existence pour consacrer toute leur vie à la lutte pour l'existence des autres, pour le mieux-être et le meilleur devenir des autres.
Le professeur Cheikh Anta Diop était de ces hommes, ou plutôt ! Il est l'un de ces hommes, puisqu'il est toujours parmi nous, pour avoir vécu et lutté, et pour avoir prouvé l'essentialisme et l'existentialisme africain.
Né en 1923 dans un village perdu d'un pays perdu dans le monde, le village de Thiayetou au Sénégal, il a vécu peu, mais utilement, et assez pour provoquer un choc des civilisations
L'unité culturelle de l'Afrique noire, nation Nègre et culture, la Datation du Carbone 14, le Bloc des Masses Sénegalaises,<<SIGGI>>et <<TAXAW>>suffisent comme ollustrations de la vie, de l'oeuvre et de la dimension du Professeur et Maître de conférences.
Le professeur Cheikh Anta Diop n'était pas seulement un homme de culture, c'était aussi un homme d'action. Il avait compris que la pensée n'est que chimère si elle ne se traduit pas en action pour exister, et l'existentialisme n'est que misère si elle n'est pas action et humanisme
C'est ce qui explique que le Professeur se soit engagé dans les luttes du mouvement étudiant en France et, en 1950, l'Association des Étudiants du Rassemblement Démocratique Africain (AERDA) vit le jour en France et il en fut le premier secrétaire général.
Cette association se démarquait aussi bien du Rassemblement Démocratique.
Le trophée que jai l'honneur de recevoir pour lui, restera un symbole de l'homme, un homme qui n'est pas un mythe, mais une réalité universelle. Il sera placé dans le musée des civilisations noires au Sénégal.
Ce choix est la meilleure façon de rendre hommage à l'homme, à toute l'Afrique pour laquelle il avait un grand dessein, à son pays le Sénegal qui lui doit encore des hommages posthumes.
Je rends hommage à l'homme, à ses compagnons de lutte, à Kwamé KRUMAH qui fut de sa génération et avec lequel il eut un compagnonnage dans la lutte anticolonialiste, à ceux qui se sont battus à ses côtés pour ses pensées et idéaux panafricains(pour ne citer parmi ces derniers que l'honorable professeur Théophile Obenga), aux scientifiques qui continuent de défendre son oeuvre ( la datation du carbone 14 qui prouve l'antériorité de la civilisation noire et qui donne toujours et encore, du grain à moudre), à ses parents, à tous ses proches et à tous ceux qui sont ici présents et pensent encore à lui.
Il a fait ses études primaires, comme moi, à l'école régionale de Diourbel. Son peuvre est immense, reste encore inestimable et son apport en sociologie, en anthropologie, à la culture africaine, à la science avec la création du premier laboratoire de datation par le carbone 14 à l'Institut Fondamental d'Afrique Noire de l'Université de Dakar rebaptisé Université Cheikh Anta DIOP.
L'homme était nationaliste, souverainiste, panafricaniste. Il a le mérite d'être honoré.
Le journal qu'il avait créé au Sénégal avait pour nom "SIGGi", qui signifie "redresser la tête avec fierté et dignité".
Ce nom « siggi » était aussi une vision qui est devenue un commandement pour tous ceux qui sont encore épris de paix et de justice.
"AFRIQUE, SIGGIL"! siggi Jotna !
Afrique de Miriam Makeba et de Cheikh Anta Diop, redresse-toi ! Il est temps !
Sédhiou : les populations de Diongher saluent l’accompagnement de la DER/FJ
Dans la commune de Sansamba, région de Sédhiou, les populations du village de Diongher ont exprimé leur satisfaction à la suite de l’appui de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ), jugé déterminant pour le développement économique local.
Les habitants du village de Diongher, situé dans la commune de Sansamba (région de Sédhiou), ont salué l’accompagnement de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ). Cet appui a permis le financement de leur Groupement d’Intérêt Économique (GIE) et la mise en place d’un magasin-boutique dénommé « Ak DER Tiono Diexna ».
Le dispositif mis en place est doté de denrées alimentaires de première nécessité ainsi que de matériels de transformation et de production. Il s’agit notamment de moulins à mil et à riz, de batteuses d’arachide et de tricycles destinés au transport des récoltes et des marchandises. Cette initiative vise à soutenir les activités économiques locales, à réduire la pénibilité du travail en milieu rural et à améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Selon les bénéficiaires, cet investissement constitue un levier important pour la valorisation des productions agricoles locales et le renforcement de l’autonomisation économique, en particulier celle des femmes, fortement impliquées dans les activités de transformation et de commercialisation.
Toutefois, après l’installation des équipements, une machine a présenté des dysfonctionnements. La DER/FJ a rapidement pris la situation en charge. Les machines étant neuves et couvertes par une garantie, le fournisseur s’est engagé à procéder au remplacement de l’équipement défectueux dans les meilleurs délais.
Les populations de Diongher ont ainsi tenu à remercier la DER/FJ et sa déléguée générale, Mme Aïda Mbodji, pour cet appui qu’elles considèrent comme un facteur clé du développement local et de la dynamisation de l’économie communautaire.
Retour au pays : les émigrés sénégalais s’organisent pour faire entendre leur voix
Les émigrés sénégalais de retour au pays franchissent une étape décisive dans leur structuration. Réunis au centre Amadou Malick Gaye (ex Centre Bopp), ils ont tenu l’assemblée générale constitutive de l’Organisation Sénégalaise des Émigrés de Retour (OSER), une association apolitique, non confessionnelle et à but non lucratif, dédiée à la valorisation de l’expérience et du savoir-faire des Sénégalais revenus de l’étranger.
En amont de cette rencontre fondatrice, les membres ont mis en place un groupe WhatsApp afin de préparer efficacement l’événement et de fédérer les différentes sensibilités concernées par la question du retour au pays. Cette dynamique collective traduit une volonté claire : sortir de l’invisibilité un segment de la population souvent oublié dans les débats sur la diaspora.
Élu à l’issue de l’assemblée générale consultive de l’Internationale Sénégalaise des Émigrés de Retour, Amari Ayassal souligne l’importance de cette initiative.
« Quand on parle de la diaspora, on met souvent en avant ceux qui sont à l’extérieur, mais on oublie ceux qui sont rentrés. Pourtant, nous avons vécu l’expérience migratoire, parfois par choix, parfois par contrainte, et nous avons beaucoup à apporter. »
L’Internationale Sénégalaise des Émigrés de Retour, dont OSER constitue une émanation nationale, vise à rassembler les Sénégalais revenus au pays, mais aussi ceux qui envisagent de rentrer ou dont l’expérience migratoire n’a pas abouti. Présents dans divers secteurs d’activité, ces hommes et ces femmes souhaitent mutualiser leurs compétences, s’entraider et faciliter leur réinsertion socio-économique.
Parmi les objectifs majeurs de l’organisation figurent le networking, la formation, l’éducation, la mobilisation et la mutualisation des ressources, ainsi que le partage d’expériences. Une démarche qui, selon les initiateurs, permettra non seulement une meilleure intégration des émigrés de retour, mais aussi une contribution concrète au développement du Sénégal.
« Mettre le savoir-faire, le savoir-être, le vécu et l’expertise des émigrés de retour à la disposition de la communauté nationale, de la diaspora et du pays, voilà notre ambition », insiste Amari Ayassal.
L’OSER entend également jouer un rôle de plaidoyer auprès des autorités publiques. Les émigrés de retour appellent l’État sénégalais à une meilleure prise en compte de leurs réalités et à une approche plus inclusive des politiques migratoires.
« Nous ne parlons pas par théorie, mais par expérience vécue. Ce que nous attendons de l’État, c’est la reconnaissance de notre place et de notre rôle dans les politiques liées à la migration et au développement », conclut-il.
Avec la tenue de cette assemblée générale constitutive, l’Organisation Sénégalaise des Émigrés de Retour pose les bases d’un cadre structuré, porteur d’espoir pour des milliers de Sénégalais revenus au pays et désireux de participer pleinement à son avenir.
Mamadou Touré
Ndiayène Bagana : le vol de bétail plonge les habitants dans la peur et la précarité
Ndiayène Bagana, village situé dans la commune de Diamal, département de Mbirkilane, région de Kaffrine, est confronté à une recrudescence inquiétante du vol de bétail. En l’espace de deux ans, pas moins de 142 animaux ont été dérobés, selon les habitants. La majorité des bêtes volées sont des petits ruminants, notamment des chèvres et des moutons, qui constituent une ressource essentielle pour les familles.
Dans ce village rural, l’élevage représente bien plus qu’une simple activité économique : il est au cœur de la survie des ménages. Mais aujourd’hui, cette source de revenus est sérieusement menacée.
Les vols surviennent le plus souvent en pleine nuit, plongeant les populations dans une peur permanente. Ibrahima Diagne, victime récente, raconte une scène traumatisante. « Des assaillants ont fait irruption chez moi vers 2 h 15 du matin. Ils ont emporté quatre moutons. Quand je suis sorti, ils ont tiré une première balle sur la porte de ma chambre. En les poursuivant, ils ont tiré une deuxième balle », témoigne-t-il. Depuis cet incident, il vit dans l’angoisse, comme beaucoup d’autres habitants du village. Pour eux, ces attaques ne sont plus de simples vols, mais de véritables agressions qui mettent en danger des vies humaines.
Les femmes du village sont également très touchées par cette situation. Pour elles, le petit élevage constitue une forme d’autonomie financière. Fatou Salane en fait partie. « J’avais deux chèvres, mais elles ont été volées. Je suis sûre qu’elles n’auraient pas tenu deux semaines sans avoir de petits. Toutes les femmes du village vivent la même situation », explique-t-elle.
Elle ajoute que ces animaux leur permettaient de soutenir leurs familles : « Nous avions du bétail que nous pouvions vendre pour aider nos maris à subvenir aux besoins des enfants. Parfois, nous les utilisions aussi lors des cérémonies familiales ou pour soutenir nos proches. »Aujourd’hui, ces femmes se retrouvent démunies, sans ce petit capital qui les aidait à faire face aux dépenses quotidiennes.
Dès la tombée de la nuit, le village est plongé dans l’obscurité totale, facilitant les déplacements des malfaiteurs. Les habitants affirment vivre dans une insécurité permanente, craignant aussi bien pour leurs biens que pour leurs vies. Face à cette situation alarmante, les populations lancent un appel pressant aux autorités administratives et sécuritaires. Elles demandent le renforcement de la sécurité, l’électrification du village et la mise en place de stratégies efficaces pour lutter contre le vol de bétail.
En attendant, à Ndiayène Bagana, chaque nuit est synonyme d’angoisse, et chaque bruit suspect réveille la peur d’être la prochaine victime.
Mamadou Ndiaye
Cheikh Ahmet Tidiane Samb lance l’industrialisation des motos électriques au Sénégal : un pari audacieux pour l’emploi des jeunes et la transition écologique
Entrepreneur visionnaire et figure montante de l’innovation sénégalaise, Cheikh Ahmet Tidiane Samb, fondateur de Tiak Tiak et cofondateur de Tiaak Tiak Énergies, s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs clés de la mobilité durable au Sénégal. Avec l’annonce de l’ouverture prochaine d’une usine de montage de motos et tricycles électriques dans la zone économique spéciale de Diass, il franchit une étape décisive vers l’industrialisation verte et la création d’emplois pour les jeunes.
Initialement connue comme une plateforme de livraison et de VTC 100 % sénégalaise, Tiak Tiak a opéré, il y a un an et demi, un virage stratégique vers l’électrique. Résultat : l’intégralité de sa flotte est désormais électrique, faisant de l’entreprise un pionnier de la mobilité propre dans le pays.
Parmi les innovations présentées figure un tricycle électrique destiné au transport de personnes, capable de transporter deux passagers sur une distance allant jusqu’à 80 kilomètres, pour un coût de recharge inférieur à 500 francs CFA. Une solution à la fois économique, écologique et parfaitement adaptée au contexte urbain sénégalais.
Mais l’ambition de Cheikh Ahmet Tidiane Samb va bien au-delà. Son entreprise développe également des tricycles électriques spécialisés : bennes à ordures, tricycles frigorifiques pour la chaîne du froid, ainsi que des modèles destinés au secteur agricole. Une diversification qui répond à des besoins concrets tout en réduisant l’empreinte carbone.
Le projet phare reste toutefois la future usine de montage à Diass, implantée sur un hectare octroyé par l’APIX. Cette infrastructure industrielle vise non seulement à réduire les coûts d’importation, mais surtout à créer des emplois durables pour la jeunesse sénégalaise, tout en favorisant le transfert de compétences et le développement d’un savoir-faire local.
Sur le plan institutionnel, l’entrepreneur a déjà bénéficié de l’accompagnement de structures comme l’ADEX (ex-AIEX) et le FONJIP, et des discussions sont en cours avec l’État sénégalais. Il plaide pour un soutien plus structurant afin de faire émerger de véritables champions nationaux, capables de porter la transition énergétique et industrielle du pays.
À l’international, des échanges sont également engagés avec des partenaires autour des fonds verts, compte tenu de l’impact environnemental positif du projet. « C’est un projet ambitieux, aligné avec les enjeux climatiques mondiaux. Les opportunités de financement vert sont réelles », souligne-t-il.
En conclusion, Cheikh Ahmet Tidiane Samb lance un double appel : aux Sénégalais, pour qu’ils téléchargent et utilisent l’application Tiak Tiak, symbole d’une innovation locale réussie ; et aux autorités comme aux partenaires, pour soutenir une initiative qui allie emploi, écologie et souveraineté économique.
Avec cette usine de motos électriques, Tiak Tiak ne se contente plus de livrer des colis ou de transporter des passagers : l’entreprise trace la voie d’un Sénégal plus vert, plus industriel et plus inclusif pour sa jeunesse.
Mamadou Touré
AFCON 2026 : Quand l’organisation trahit l’esprit du football africain
Il est profondément regrettable qu’au 21ᵉ siècle, l’organisation d’une compétition continentale majeure comme la Coupe d’Afrique des Nations 2026 continue de susciter autant d’incompréhensions, de frustrations et de soupçons d’iniquité. Ce qui se passe actuellement au Maroc, pays hôte de la CAN, notamment dans le cadre de la finale devant opposer le Sénégal, interpelle et mérite d’être dénoncé avec force et responsabilité.
Comment peut-on concevoir qu’une sélection nationale, appelée à disputer une finale continentale, soit confrontée à des difficultés aussi élémentaires que celles liées à la sécurité des joueurs, au transport, à l’hébergement hôtelier, à l’octroi de billets d’accès au stade, à la mise à disposition de terrains de préparation adéquats, ou encore aux conditions générales d’accueil ? Ces manquements ne sont pas de simples détails logistiques : ils portent atteinte à l’équité sportive et à l’intégrité même de la compétition.
Une CAN moderne se doit de respecter des standards internationaux, comparables à ceux de la FIFA, où le fair-play, la neutralité organisationnelle et le respect des équipes engagées sont des principes non négociables. L’organisation d’un tel événement ne doit en aucun cas devenir un instrument de pression psychologique, de déséquilibre compétitif ou de favoritisme, explicite ou implicite.
Ces pratiques, ou du moins ces insuffisances répétées, donnent malheureusement l’image d’un football africain qui peine encore à se hisser pleinement au niveau de ses ambitions. Elles révèlent non pas un manque de talents ; car l’Afrique regorge de joueurs et d’équipes d’exception ; mais une faiblesse institutionnelle et organisationnelle, doublée parfois d’un sous-développement des mentalités en matière de gouvernance sportive.
Le football africain mérite mieux. Il mérite des compétitions crédibles, équitables et dignes, où la victoire se joue uniquement sur le terrain, et non dans les coulisses. Pour l’honneur du sport roi en Afrique, la CAF, les organisateurs de l’AFCON 2026 et le pays hôte doivent prendre leurs responsabilités, corriger ces dérives et garantir à toutes les équipes, sans exception, des conditions conformes aux exigences du football moderne.
L’Afrique ne doit plus accepter l’approximation, l’injustice ou le deux poids deux mesures. Elle doit s’imposer, à elle-même d’abord, les standards qu’elle réclame du monde.
Meissa THIAM
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Rentrée solennelle de la JCI Sénégal : le mandat 2026 placé sous le sceau de l’autonomisation des jeunes
La Jeune Chambre Internationale (JCI) Sénégal a organisé sa rentrée solennelle, couplée à la cérémonie d’ouverture du mandat 2026 de sa nouvelle Présidente nationale, Dr Maïmouna Sidibé, dans une atmosphère empreinte de solennité, d’engagement et d’espoir.
La cérémonie a également été marquée par un hommage à feu Abdoul Sow, Président national de la JCI Sénégal pour le mandat 1994–1995, figure emblématique du leadership jeune au Sénégal.
Placée sous le thème :
« L’autonomisation des jeunes par le développement de compétences et l’entrepreneuriat innovant »,
la rencontre a réuni de nombreuses personnalités nationales et internationales ainsi que des membres de la JCI venus de plusieurs régions.
L’événement s’est déroulé en présence de Dr Bacary Thioye, Conseiller technique à la Santé du Premier ministre Ousmane Sonko, Parrain du mandat 2026, et du Professeur Ndeye Fatou Ngom, Directrice du CTA à l’Université Alioune Diop de Bambey, Marraine du mandat 2026.
Plusieurs responsables de la JCI aux niveaux national, africain, moyen-oriental et mondial, ainsi que des invités institutionnels et partenaires, ont honoré la cérémonie de leur présence.
Organisation mondiale à but non lucratif, la Jeune Chambre Internationale (JCI) rassemble des jeunes citoyens actifs âgés de 18 à 40 ans, engagés dans le développement du leadership, de l’entrepreneuriat et de la responsabilité sociale.
À travers des projets locaux et internationaux alignés sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, la JCI agit dans quatre domaines majeurs : communauté, business, développement personnel et international.
Dans son discours inaugural, la nouvelle Présidente nationale, Dr Maïmouna Sidibé, a exprimé son émotion et son sens des responsabilités :
« C’est avec une immense émotion, une profonde gratitude et un sens élevé des responsabilités que je me tiens devant vous aujourd’hui pour lancer officiellement le mandat 2026 de la JCI Sénégal. Recevoir votre confiance est un honneur, mais surtout une mission. »
Elle a décliné la vision de son mandat autour du slogan « Inspirer – Impacter – Innover » :
● Inspirer, pour réveiller les vocations,
● encourager l’audace et révéler le potentiel des jeunes ;
● Impacter, à travers des projets concrets, mesurables et durables pour les membres et les communautés ;
● Innover, en intégrant le numérique, l’intelligence artificielle, ● l’entrepreneuriat innovant et les modèles durables.
« En 2026, nous voulons que la JCI Sénégal ne soit pas seulement une organisation qui agit, mais une organisation qui marque. Une histoire d’impact réel, de compétences solides et d’entrepreneuriat innovant. »
Elle a insisté sur un leadership de terrain, formateur, connecteur et transformateur, appelant les membres à faire de ce mandat le mandat d’une génération de leaders audacieux et responsables.
Acceptant son rôle de parrain, Dr Bacary Thioye a salué l’engagement constant de la JCI en faveur de la formation de leaders responsables :
« L’Afrique dispose d’un trésor inestimable : sa jeunesse, nombreuse, dynamique et ambitieuse. Mais cette richesse doit être accompagnée et orientée pour devenir un véritable moteur de développement. »
Il a souligné que l’entrepreneuriat innovant, fondé sur l’éthique, l’innovation et l’ancrage local, constitue un puissant levier de création d’emplois, de cohésion sociale et de transformation économique.
« Vous n’êtes pas simplement une organisation de jeunes. Vous êtes une pépinière de leadership, un laboratoire d’idées et une école de citoyenneté active. »
Réaffirmant son soutien à la JCI Sénégal, il a exhorté les jeunes leaders à cultiver la discipline, l’audace, l’humilité et l’innovation, concluant :
« Le Sénégal compte sur vous, l’Afrique vous regarde, le monde vous entend. Soyez à la hauteur de cette espérance. »
De son côté, la Marraine du mandat 2026, le Professeur Ndeye Fatou Ngom, a livré un message profond et inspirant axé sur le leadership responsable et l’entrepreneuriat comme moteurs d’autonomie :
« L’autonomisation ne se limite pas aux moyens financiers. Elle repose d’abord sur les compétences, le savoir, l’éthique et la confiance en soi. »
Elle a insisté sur l’importance du travail en équipe, de la formation continue, de la résilience face à l’échec et de l’innovation adaptée aux réalités locales
« Derrière chaque besoin non satisfait se cache une opportunité d’entreprendre.
L’innovation, ce n’est pas seulement la haute technologie, c’est aussi une nouvelle manière de résoudre un problème ancien. »
Encourageant les jeunes à transformer les défis en opportunités, elle a conclu :
« Vous avez le droit d’être indignés face aux injustices, mais vous avez surtout le devoir de transformer cette colère en énergie créatrice. Votre avenir est maintenant. »
À travers cette rentrée solennelle, la JCI Sénégal a donné le ton d’un mandat 2026 résolument orienté vers l’action, l’impact durable et l’innovation, au service de la jeunesse et du développement du pays.
Un mandat qui ambitionne de former des leaders compétents, des entrepreneurs innovants et des citoyens engagés, capables de façonner l’avenir du Sénégal et de l’Afrique.
Moussa Diba
CAN : Rabat ou la foire aux nerfs, chronique d’un sabotage ordinaire* par Malick BA
À Rabat, la CAN a pris des airs de mauvais polar africain, version low-cost, où l’organisation se joue à pile ou face et où le fair-play est resté coincé à la douane. À mesure que la finale approche, le décor se fissure, le vernis craque, et derrière les sourires protocolaires, l’odeur du sabotage devient tenace.
Inadmissible. Voilà le mot. Inadmissible ce qui s’est produit à l’arrivée des Lions à la gare de Rabat. Zéro sécurité. Nada. Le néant. Comme si accueillir les champions d’Afrique relevait d’un détail logistique secondaire, au même rang qu’un retard de train régional. Les Gaïndés débarquent, seuls, exposés, livrés à l’improvisation, pendant que la CAF regarde ailleurs et que le Maroc hôte joue à l’innocent surpris.
Mais le sabotage ne s’arrête pas là. Les billets ? Introuvables. Évaporés. Dissous dans une opacité digne des grandes traditions bureaucratiques africaines. Le terrain d’entraînement ? Toujours pas. À la veille d’une finale continentale. Une farce. Une gifle. Une provocation.
Car ne soyons pas naïfs : tout cela n’est pas une suite de “malheureux dysfonctionnements”. C’est une stratégie de tension, une guerre des nerfs menée à coups de désorganisation savamment entretenue. Faire douter. Épuiser. Agacer. Tester la patience des Lions, espérant fissurer leur mental avant même le coup d’envoi.
Mais ils se trompent d’adversaire.
Nous sommes des Gaïndés. On peut tenter de nous fatiguer, de nous isoler, de nous humilier par le chaos logistique. Mais une chose est claire : “On nous tue, mais on ne nous déshonore pas.”
Heureusement, la Fédération sénégalaise de football a haussé le ton, publié un communiqué pour riposter, rappeler que le Sénégal n’est ni un figurant ni un invité de dernière minute. Un communiqué comme un carton jaune adressé à la CAF et à l’organisation marocaine : assez de mépris, assez de bricolage, assez de petits jeux.
Et pendant ce temps, la CAF, grande prêtresse des discours creux, continue de vendre une CAN “professionnelle”, “moderne”, “au standard international”. Un storytelling en carton-pâte qui s’effondre à la première gare, au premier bus manquant, au premier terrain fantôme.
Oui, c’est cela l’Afrique du football, malheureusement : des stades flambants neufs, mais une organisation qui trébuche sur l’essentiel. Des hymnes grandiloquents, mais des pratiques mesquines. Des slogans d’unité, mais des coups bas en coulisses.
Qu’ils sachent une chose : le sabotage n’a jamais fait trembler un lion. Il ne fait que réveiller sa rage.
Dimanche, quoi qu’ils tentent, quoi qu’ils sabotent, les Lions entreront sur le terrain avec ce qu’aucune CAF, aucun hôte, aucune manœuvre ne pourra leur retirer : la dignité, le mental et l’honneur.
Et ça, messieurs les saboteurs, ça ne s’achète pas.
