La rédaction
Santé et action sociale : les syndicats And Gueusseum–SATSUS marchent à Thiès et interpellent le Président Diomaye Faye
La capitale du rail a été mardi dernier le théâtre d’une marche nationale pacifique organisée par la Jonction des luttes And Gueusseum – SATSUS, regroupant plusieurs syndicats autonomes de la santé et de l’action sociale. À travers un mémorandum solennel adressé au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, les travailleurs du secteur dénoncent la dégradation persistante du climat social et exigent l’application immédiate des accords signés avec l’État.
Une mobilisation syndicale fondée sur le droit et les engagements de l’État car dans leur manifeste, les organisations syndicales rappellent que le Sénégal est signataire des conventions 87 et 98 de l’OIT relatives à la liberté syndicale et à la négociation collective, et que le droit à la santé est garanti par la Constitution ainsi que par plusieurs engagements internationaux. Elles s’appuient également sur le référentiel stratégique « Sénégal Horizon 2050 », qui érige la santé et l’action sociale en piliers du développement humain durable.
Pourtant, selon la Jonction des luttes, ces principes sont quotidiennement mis à mal par l’inexécution d’accords gouvernementaux, des violations répétées du Code du travail et une gestion jugée défaillante du secteur.
Accords non respectés et dérives institutionnelles dénoncées car les syndicats pointent du doigt de graves dysfonctionnements à l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), dénonçant des pratiques opaques et une attitude jugée laxiste du ministère de la Santé, notamment dans l’affaire dite SOFTCARE, considérée comme un risque sanitaire majeur.
Ils fustigent également une tentative de démantèlement des Centres Nationaux de Réinsertion Sociale (CNRS) par voie administrative, ainsi que l’inaction de plusieurs ministères clés, dont la Fonction publique, la Santé et les Finances, accusés d’atermoiements et de manœuvres dilatoires.
Parmi les principales revendications figurent :
l’intégration des Techniciens Supérieurs de Santé (TSS) dans la hiérarchie A2 ;
la signature des plans de carrière de plusieurs corps de la santé et de l’action sociale ;
la délivrance immédiate de diplômes retenus depuis plus de dix ans ;
la revalorisation des pensions de retraite et la possibilité de travailler jusqu’à 65 ans.
Les syndicats exigent également le paiement intégral de l’indemnité de logement, dénonçant des discriminations persistantes entre agents, ainsi que le recrutement immédiat de 5 000 agents contractuels et communautaires déjà en activité.
La plateforme revendicative accorde une place particulière à la région de Thiès, avec des demandes urgentes telles que :
le relèvement de l’Hôpital Ahmadou Sakhir Ndiéguène au niveau 3 ;
la réhabilitation de l’Hôpital Mame Abdoul Aziz Sy de Tivaouane ;
l’ouverture effective de l’Hôpital El Hadji Malick Sy, toujours fermé ;
la création d’un Centre régional de régulation des urgences (CRU) ;
et une augmentation substantielle des fonds de dotation alloués à la santé.
Une vigilance maintenue malgré quelques avancées car la Jonction des luttes se félicite toutefois de certaines avancées récentes, notamment l’adoption en Conseil des ministres du projet de décret portant intégration des TSS et la signature du décret n°2606 du 7 janvier 2026 relatif à l’indemnité de logement. Elle insiste néanmoins sur la nécessité d’un paiement effectif sans délai.
En conclusion, And Gueusseum–SATSUS affirme rester mobilisée, vigilante et déterminée, tenant le Gouvernement pour responsable de toute dégradation du climat social ou rupture de service sanitaire résultant du non-respect de ses engagements.
Autres titres possibles (au choix) :
Thiès : les syndicats de la santé haussent le ton et exigent l’application des accords signés
Marche nationale à Thiès : And Gueusseum–SATSUS interpelle l’État sur la crise du secteur de la santé
Santé au Sénégal : les travailleurs réclament justice sociale et respect des engagements de l’État
M. Touré
VISA VIEWING PARTIES : Une expérience signée VISA au cœur de la victoire des Lions
Dans la grande salle de cinéma de Seanema au Sea Plaza, « Salle Azure », les supporters du Sénégal étaient très nombreux à suivre le match Égypte – Sénégal (0-1), comptant pour la première demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).
Pour l’occasion, VISA, à l’initiative de ces « Viewing Parties », a transformé le lieu en une véritable fan-zone, offrant aux douzièmes Gaïndés un cadre idéal pour vivre, dans les meilleures conditions, cet alléchant duel. Une expérience immersive rendue possible avec la participation de Sunu Bank, ex-BICIS, en qualité de partenaire invité, tous deux fortement visibles aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la salle. La rencontre s’est finalement soldée par une victoire des « Lions », synonyme de qualification pour la finale prévue le dimanche 18 janvier prochain.
D’ailleurs, deux supporters interrogés à la fin de la rencontre n’ont pas manqué de saluer la qualité de la retransmission. « Non seulement l’animation battait son plein, mais les organisateurs nous ont également gratifiés de maillots de l’équipe nationale, d’écharpes, de casquettes et de nombreux autres lots. Nous les remercions et prions pour qu’ils poursuivent sur cette lancée lors de la finale », s’est réjouie une fan de Sadio Mané, auteur de l’unique but de la rencontre.
Aliou, un autre supporter arborant la tunique aux couleurs vert, jaune et rouge, a lui aussi exprimé sa satisfaction : « Je suis doublement content. D’abord pour cette belle victoire du Sénégal face à l’Égypte, dominée du début à la fin du match. Ensuite, pour l’aisance avec laquelle nous avons suivi la rencontre. Ce que je peux dire, c’est que l’organisateur de cette fan-zone doit savoir que les produits financiers que nous avons vus aujourd’hui portent chance à l’équipe. Nous leur demandons de continuer à nous accompagner lors des prochaines compétitions. »
Chambre de commerce - Réseau des femmes entrepreneures de Dakar: un partenariat pour le développement des initiatives
En marge de la tenue de la foire économique ou foire de l'Appel qui se tient du 7 au 16 janvier à Camberene, une journée est dédiée à la Chambre de Commerce de Dakar. L'objectif, selon Mme Fall Dialé Tall, présidente du reseau, 'c'est de réitérer la volonté des femmes à s'ouvrir à la Chambre de Commerce pour un accompagnement dans la formalisation, la formation, le développement des partenariats et l'entreprenariat''.
C'est M. Doudou Sarr, représentant le maire de Camberene, M. Doune Pathé Mbengue, qui a accueilli les principaux participants à cette importante activité. Pour Mamadou Bâ qui conduisait la Délégation de la Chambre de Commerce, au nom du Président Abdoulaye Sow empêché, ''nous osons espérer que cet événement va durer sur le temps et devenir une foire sous-régionale qui va impliquer d'autres acteurs économiques des pays voisins. Mais ce qu'il y a lieu de dire, c'est que ce jour sera marqué dans l'histoire, en ce sens qu'une foire économique est organisée sur la terre sainte de Camberene en cette veille de l'Appel du vénéré Seydina Limamou Laye''.
Comme quoi le spirituel et le temporel sont alliés dans cette terre bénite pour le développement inclusif des populations à travers le réseau des femmes entrepreneures de Dakar.
La délégation consulaire a ,pour sa part, montré toute sa disponibilité accompagner les femmes entrepreneures dans leurs principales économiques.
Cette rencontre entre ces deux nouveaux partenaires a vu la présence des foiristes, des actrices économiques qui excellent dans le commerce, et d'autres porteurs de projet dans des domaines variés.
Une séance de questions réponses a été ouverte pour permettre aux participantes de poser des questions relatives à la mise en place d'une unité de production et des techniques de gestion financière. Comme quoi, soutient Mme Fall Dialé Tall, ''nous sommes toutes conscientes qu'il nous faut ces préalables, pour identifier les besoins de développement, c'est à dire la formalisation, la formation et le développement des partenariats''.
La délégation de la chambre est composée, entre autres, de
Mamadou Bâ, Mme Dia Khadidiatou Ndiaye, Mme Ndao, Mme Thérèse Sambou, M. Macodou, Cheikh Tidiane Cissé.
Hommage à Mouhyidine Ahmad Bachir KOUNTA
Chaque peuple, chaque nation, chaque communauté éprouve, à un moment donné de son histoire, le besoin de s’identifier à un mythe, à un rythme ou à une figure tutélaire.
Mouhyidine Ahmad Bachir KOUNTA fut de celles-là.
Bachir KOUNTA incarne un héritage intellectuel et spirituel dont l’influence demeure intacte et continue d’inspirer. Parler de lui est sans doute un exercice périlleux, tant il fut brutalement arraché à l’affection des Sénégalais le 17 janvier 2019. L’homme était complexe, cultivé, d’une envergure intellectuelle inestimable. Et ce devoir de mémoire qui lui est dû, il s’y est lui-même plié tant et tant de fois, veillant à ce que l’amnésie ne triomphe jamais.
Profondément attaché à ses familles — professionnelle comme religieuse —, Bachir puisait sa foi et son inspiration dans la lumière de Cheikh Bou Mouhamed KOUNTA. Fils de Mame Sidy Aly, il savait apaiser les cœurs par des chœurs, soigner les maux par des mots dont on percevait immédiatement la justesse et la profondeur, même lorsqu’on ne les avait jamais entendus auparavant.
Bachir possédait un talent exceptionnel pour l’écriture, bien qu’il n’ait jamais fréquenté l’université. Il était d’ailleurs rare de le prendre en défaut dans le maniement de la langue française, pourtant si exigeante. Son wolof de Naar-Naar, qu’il assumait pleinement, avait une saveur particulière et une résonance unique.
Son intérêt premier allait aux sciences religieuses, qu’il enrichissait par la philosophie, l’histoire, la géopolitique ou encore le sport. Héritier de foi et de sagesse, Bachir fut un véritable guide pour les générations.
Lorsqu’il évoquait l’histoire politique ou la vie de l’Élu des hommes, son homonyme le Prophète Mouhamed (PSL), il se faisait livre ouvert, illuminé de mille anecdotes. La matière ne lui aurait jamais manqué pour rédiger un mémoire tant son vécu et son savoir étaient immenses.
Ce Sénégal, dont il considérait tous les citoyens comme des fils, petits-fils ou neveux, est aujourd’hui orphelin d’un doyen qui avait su faire tomber les barrières intergénérationnelles.
Bachir KOUNTA, homme de la lignée du Prophète Mouhamed (PSL), neveu d’Elimane Bocar KANE de Dimat, défenseur et vivificateur de l’islam — comme en témoignait Serigne Abdoul Ahad Mbacké — s’en est allé. Mais son souvenir restera longtemps vivace, tel la lumière d’une étoile déjà éteinte, dont l’éclat persistant continue d’illuminer les paroles des hommes et les mystérieux cieux de Dieu.
Préparatifs de la Khadaratoul Jummah populaire de Guediawaye: un CDD organisé ce mardi rassure sur les mesures de sécurité
Tenue annuellement au stade Amadou Barry à la veille de chaque ramadan, la Hadaratoul Jummah populaire initiée par Abnaa-ul Hadaratit Tijaaniyati a organisé un CDD ce 13 janvier dans l'enceinte de la Préfecture de Guediawaye. Sous la présidence du Préfet, cette rencontre a vu la présence des autorités administratives, municipales, religieuses, de la Brigade des Sapeurs Pompiers, et des principaux acteurs concernés. L'objectif, souligne le Président Khalifa Sylla deA bna-u Hadarati Tijaaniyati, ''c'est de faire en sorte que l'organisation de cette activité, qui draine des milliers de pèlerins, connaisse un franc succès''.
En l'absence de Serigne Fattah Sarr, le Comité d'organisation a rappelé aux participants à cette grande Hadara populaire de ne menager aucun effort pour venir tôt à cette séance de recueillement, et en prenant soin de s'habiller si possible en blanc afin de respecter les mesures prises par l'organisation, comme le rappelait le vénéré Serigne Abdoul Aziz Sy Al Ibn.
Pour Khalifa Fall, le Coordonnateur national de Abnaa-ul Hadarati Tijaaniyati, ''il y a lieu, au sortir de ce CDD, de se féliciter des mesures fortes prises par le Préfet et l'accompagnement dont il fait montre. Déjà les autres commissions (Santé, sécurité, etc.) sont à pied d'oeuvre pour une parfaite réussite de cette édition, tout comme les services de la Police, du Service d'hygiène, la Sonatel pour faciliter la connexion, etc. Mais dans tous les cas, il convient de rassurer tous les participants sur les bonnes dispositions prises par le Comité d'organisation''.
FARBA NGOM, DÉTENU … MAIS JAMAIS HORS RÉSEAU* par Malick BA
Il faut rendre hommage au génie de notre système : réussir à transformer une prison en hub international sans jamais passer par un appel d’offres. Farba Ngom, officiellement détenu, officieusement opérateur télécom, prouvait chaque jour qu’au Sénégal la privation de liberté n’est qu’un concept théorique, une posture morale, une décoration administrative. Derrière les murs, la cellule était équipée non pas de silence et de discipline, mais de deux téléphones portables, outils de travail indispensables pour continuer à gouverner, commercer, manœuvrer, intriguer, négocier, influencer, rassurer, menacer et surtout rester au centre du jeu. La prison n’était qu’un décor. Le pouvoir, lui, n’a jamais été incarcéré.
Selon ce que le ministère de la Justice dit avoir découvert et qu’il faut bien croire puisque les relevés téléphoniques ont cette vilaine habitude de ne pas voter, le détenu Farba Ngom appelait plus de pays qu’un ministre des Affaires étrangères en tournée d’adieux. Maroc, Mali, Autriche, Bangladesh, États-Unis : la cellule fonctionnait en roaming permanent. Pendant que le citoyen ordinaire recharge son crédit avec anxiété, le prisonnier VIP gérait des affaires, suivait des chantiers, organisait des flux financiers, comme si la détention n’était qu’un open space un peu plus mal ventilé. À ce stade, ce n’est plus une violation du règlement pénitentiaire, c’est une démonstration de souveraineté parallèle.
Mais un tel miracle logistique ne se fait jamais seul. Deux téléphones en prison ne tombent pas du ciel comme la pluie ou les promesses électorales. Ils passent par des mains, des regards détournés, des contrôles absents, des complicités silencieuses. L’administration pénitentiaire, censée garder, a surtout laissé faire. Le laxisme n’est plus une faiblesse, c’est une méthode. On n’a pas seulement enfermé un homme, on a libéré un système de connivences où chacun ferme les yeux tant que le téléphone ne sonne pas trop fort.
Le plus édifiant reste la sociologie du carnet d’adresses. Avocats en série, anciens ministres, responsables politiques, journalistes, patrons de presse, directeurs de publication : toute la faune de la République défilait au bout du fil. La cellule n’était pas isolée, elle était connectée au cœur battant du pouvoir médiatico-politique. Pendant que certains faisaient mine de s’indigner publiquement, ils décrochaient en privé. Pendant que d’autres invoquaient l’État de droit, ils participaient à son contournement. Le téléphone n’était pas un outil de communication, c’était un révélateur : celui d’un pays où l’on peut être détenu sans jamais être seul, poursuivi sans jamais être coupé, accusé sans jamais être réduit au silence.
Et puis il y a ce détail obscène, presque trop parfait pour la satire : Les téléphones auraient servi à transmettre des documents judiciaires confidentiels, des procès-verbaux, des pièces sensibles. La justice en PDF, livrée en cellule, service premium.
Et parce que la satire se nourrit du malaise : des contenus pornographiques, des vidéos obscènes auraient aussi circulé. Des échanges intimes, dit-on, avec un avocat. À ce stade, la défense pénale frôle la défense… corporelle. Le secret professionnel en nuisette.
Pendant ce temps-là, une partie de la presse, toujours prompte à confondre information et apitoiement stratégique, évoquait la maladie, la fragilité, l’incompatibilité avec la détention. Une maladie étrange, apparemment, qui permet une activité téléphonique frénétique, des centaines d’échanges, des discussions politiques soutenues et une vie numérique plus intense que celle de nombreux citoyens libres. Ce n’est pas Farba Ngom qui était trop malade pour la prison, c’est la prison qui était trop faible pour lui. La pathologie n’était pas physique : elle était systémique.
Ce scandale n’est pas celui d’un homme rusé ayant contourné les règles. C’est celui d’un État qui applique la loi à géométrie variable, d’une justice qui enferme les corps mais laisse circuler les réseaux, d’une presse qui s’indigne le matin et compose le numéro le soir, d’avocats qui défendent parfois le droit et parfois l’indéfendable, sans toujours voir la frontière. C’est l’histoire d’un pays où la détention n’interrompt pas le pouvoir, elle le déplace simplement derrière des murs poreux.
La vraie question n’est donc pas de savoir combien de téléphones ont été trouvés, mais combien n’ont jamais été découverts. Combien de cellules servent encore de bureaux politiques. Combien de réseaux continuent de fonctionner sous la protection d’un silence organisé. Tant que la prison restera un simple changement d’adresse pour les puissants, tant que le téléphone primera sur la loi, tant que le laxisme sera confondu avec la paix sociale, l’État pourra bien promettre la fermeté : il continuera surtout à produire de l’impunité.
Ici, on n’a pas affaire à une faille du système.
On a affaire au système lui-même, pris la main dans le portable.
Mouhyidine Ahmad Bachir KOUNTA en était un. Bachir KOUNTA représente un héritage intellectuel et spirituel qui continue d’inspirer.
Chaque peuple, chaque nation, chaque communauté, à un moment donné de son histoire, a besoin de s’identifier à un mythe, à un rythme ou à une personne.
Parler de Bachir KOUNTA est sans doute un exercice périlleux, car brutalement arraché à l’affection des Sénégalais le 17 janvier 2019. L’homme était complexe, cultivé et d’une envergure intellectuelle inestimable. Et puis, ce devoir de mémoire qu’on lui doit légitimement, il s’y est plié tant et tant de fois pour que l’amnésie ne triomphe pas.
Bachir, littéralement attaché à ses familles tant professionnelle que religieuse, puisait sa source et sa foi dans la lumière de Cheikh Bou Mouhamed KOUNTA.
Fils de Mame Sidy Aly, Bachir savait apaiser les cœurs par des chœurs, les maux par des mots dont on devinait le sens et la justesse, même si on ne les avait jamais entendus auparavant.
Bachir avait un immense talent, même sans jamais accéder à l’université, pour l’écriture, et il était très difficile de le prendre en défaut dans le maniement de la langue française, si compliquée à bien des égards.
Son wolof de Naar-Naar, qu’il était, avait une saveur particulière et une résonance typique. Bachir avait avant tout un intérêt pour les sciences religieuses, qu’il complétait par la philosophie, l’histoire, la géopolitique ou le sport.
Bachir, héritage de foi et de sagesse, guide pour les générations.
Et lorsqu’il se mettait à parler de l’histoire politique ou de l’élu des hommes, son homonyme le prophète Mouhamed (PSL), c’était un merveilleux livre ouvert, ponctué de mille anecdotes. Ce n’est pas la matière qui lui aurait manqué pour rédiger un mémoire après une telle expérience.
Ce Sénégal, dont il ne comptait que des fils, petits-fils et neveux, est orphelin d’un doyen qui a su faire tomber les barrières intergénérationnelles.
Bachir, l’homme de la lignée du prophète Mouhamed, neveu d’Elimane Bocar KANE de Dimat, défenseur et vivificateur de l’islam, comme en attestait Serigne Abdoul Ahad Mbacké, s’en est allé. Mais pour longtemps encore, son souvenir restera vivace, telle la lumière d’une étoile déjà morte, dont la clarté résiduelle continue d’illuminer les paroles des uns et des autres, ainsi que les mystérieux cieux de Dieu.
Concurrence étrangère déloyale au Sénégal : l’affaire Softcare, un signal d’alarme pour la santé publique et l’économie nationale
Sous couvert d’investissements et de création d’emplois, certaines entreprises étrangères implantées au Sénégal sont aujourd’hui accusées de pratiques illégales susceptibles de porter gravement atteinte à l’économie nationale, aux droits des travailleurs et à la santé des populations. L’affaire dite Softcare apparaît désormais comme le révélateur d’un problème structurel plus profond : de graves insuffisances dans le contrôle industriel, sanitaire et social.
Depuis plusieurs années, des organisations professionnelles et des associations de défense des consommateurs, dont l’Association des Commerçants et Industriels du Sénégal (ACIS), alertent les autorités sur les dérives de certains opérateurs étrangers. Les accusations sont récurrentes : concurrence déloyale, non-respect des cahiers des charges, marginalisation de la main-d’œuvre nationale et violations répétées des normes sanitaires en vigueur.
L’affaire Softcare vient confirmer ces préoccupations. Elle soulève de sérieux soupçons concernant le non-respect des exigences de qualité et de sécurité sanitaire, ainsi que les conditions dans lesquelles certaines autorisations auraient été accordées à des entreprises étrangères opérant dans des secteurs hautement sensibles, notamment celui de la santé.
Atteintes aux droits des travailleurs sénégalais
Selon plusieurs témoignages concordants, certaines unités industrielles étrangères installées sur le territoire national privilégieraient une main-d’œuvre étrangère au détriment des travailleurs sénégalais. Lorsque ces derniers sont recrutés, ils seraient confrontés à des conditions de travail précaires, à des licenciements abusifs et à une absence de sanctions effectives à l’encontre des employeurs en infraction.
Ces pratiques constituent une violation manifeste du droit du travail sénégalais et fragilisent davantage un tissu économique local déjà soumis à de fortes pressions.
Plus préoccupant encore, des accusations graves font état de l’utilisation de produits périmés, de l’importation illégale de produits finis présentés comme fabriqués localement, ainsi que de la mise sur le marché de marchandises non homologuées.
Des pratiques extrêmement dangereuses ont également été signalées, notamment le recyclage de déchets plastiques issus de la décharge de Mbeubeuss pour l’emballage de denrées alimentaires ou la fabrication de conduites et de réservoirs destinés à l’eau potable. De telles pratiques exposent les consommateurs à des risques sanitaires majeurs.
Au-delà de la concurrence économique déloyale, ces dérives représentent une menace directe pour la santé publique. La prolifération de produits médicaux non autorisés et de structures de soins étrangères insuffisamment contrôlées suscite de vives inquiétudes, notamment dans un contexte marqué par l’augmentation de maladies chroniques graves, dont le cancer.
Un problème systémique et des appels urgents à l’État car pour de nombreux observateurs, l’affaire Softcare ne constitue pas un cas isolé, mais révèle des failles profondes dans le système de surveillance sanitaire, de régulation industrielle et de protection des consommateurs.
Face à cette situation, plusieurs revendications majeures sont aujourd’hui portées par les organisations professionnelles et la société civile :
le renforcement immédiat des contrôles sur les produits et services de santé importés ou fabriqués localement ;
l’application rigoureuse des lois relatives à la concurrence déloyale et au droit du travail ;
une transparence totale sur l’affaire Softcare, à travers des enquêtes indépendantes et des sanctions exemplaires en cas de responsabilités établies ;
la protection et la valorisation des acteurs économiques nationaux respectant les normes sanitaires, sociales et environnementales.
Pour l’ACIS et les organisations à l’origine de cette alerte, un principe fondamental doit guider l’action publique : la santé des populations ne peut être sacrifiée au profit d’intérêts économiques.
Les autorités, la société civile et les médias sont ainsi appelés à se mobiliser afin que des mesures urgentes, concrètes et durables soient prises. Car au-delà des chiffres et des investissements annoncés, ce sont des vies humaines qui sont en jeu.
Mamadou Touré.
Retour au pays du Khalife Thierno Madani Mountaga Tall : un voyage spirituel et mémoriel sous le signe de la fidélité et de la transmission
Après deux mois et vingt jours de séjour en France, Thierno Madani Mountaga Tall, Serviteur de la Communauté oumarienne, est de retour au Sénégal. Un retour empreint d’émotion et de recueillement, qui coïncide avec le jour du rappel à Dieu de son père, le Cheikh Thierno Mountaga Tall, figure spirituelle majeure dont l’œuvre de dignité, de mémoire et de transmission continue d’éclairer les générations.
Ce séjour en France s’est inscrit dans une démarche spirituelle et communautaire profonde. Il a permis au Khalife d’aller à la rencontre des communautés africaines et musulmanes de la diaspora, d’écouter leurs préoccupations, de renforcer les liens de fraternité et de rappeler, par la parole apaisée, les valeurs de paix, de droiture et de responsabilité qui fondent l’héritage oumarien.
Durant cette tournée, marquée par des étapes symboliques à Cergy, au Havre et à Bruxelles, le Khalife a porté un message constant : celui d’une foi vécue dans la dignité, le respect des lois du pays d’accueil et l’engagement positif au service du vivre-ensemble.
Il a également poursuivi le dialogue autour de la valorisation du patrimoine d’El Hadj Oumar Foutiyou Tall, rappelant que manuscrits, objets et archives ne sont pas de simples vestiges, mais une mémoire vivante à transmettre aux générations futures.
Le retour du Khalife intervient à une date hautement symbolique. En ce jour de commémoration du rappel à Dieu de Thierno Mountaga Tall, ce voyage prend une dimension de continuité spirituelle. Il résonne comme un hommage silencieux à l’œuvre d’un père qui a consacré sa vie à la restauration de la dignité des ancêtres, à la quête de justice mémorielle et au renforcement des liens entre l’Afrique et le reste du monde.
Pour la Communauté oumarienne, ce retour n’est pas seulement la fin d’un déplacement. Il marque la transmission d’un flambeau, la fidélité à une voie faite de patience, de sagesse et de service. Il rappelle que la mission spirituelle s’inscrit dans le temps long, nourrie par la mémoire, la prière et l’engagement au quotidien.
La Communauté oumarienne, au Sénégal comme dans la diaspora, accueille ce retour avec recueillement et gratitude, priant pour que Dieu accorde Sa miséricorde au Cheikh Thierno Mountaga Tall, raffermisse la foi de son Khalife et continue de guider ses pas au service de la paix, de l’unité et de la dignité des peuples.
Paix et bénédictions sur les âmes des justes. Paix et continuité sur le chemin de la transmission.
Présentation du nouvel opus de Casy MC à Fatick: la culture sérère à l'honneur
La salle de conférence du Conseil départemental de Fatick a abrité, ce week-end, une cérémonie culturelle d’envergure consacrée à la promotion et à la valorisation de la culture sérère. À cette occasion, l’artiste Siaka Sarr, ambassadeur et conservateur de la culture sérère, a présenté son nouvel opus intitulé « Cosaan Nu Sérère », extrait de son prochain album.
Cet événement a réuni un large public varié, composé, notamment, d’autorités administratives et locales, d’artistes, d’acteurs culturels, de proches de l’artiste ainsi que de passionnés de patrimoine culturel. Ils sont venus assister à la présentation officielle et à la projection exclusive de ce nouveau projet artistique.
La rencontre a été marquée aussi par une conférence-
débat sur le thème:«La culture sérère face aux menaces de la modernité». La communication a été assurée par Monsieur Faye avec la modération de l’Imam Faye. Ainsi,les échanges ont mis en exergue les défis liés à la préservation des valeurs culturelles sérères dans un contexte de mutations sociales et technologiques accélérées.
La cérémonie s’est achevée par une prestation live de Casy Mc, saluée par le public, confirmant l’engagement de l’artiste à faire de la musique un vecteur de sauvegarde, de transmission et de promotion de l’identité culturelle sérère.
