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Ce qu’on n’a pas encore dit sur la crise du coronavirus… Des perspectives économiques sombres pour le second mandat de Macky

Ce qu’on n’a pas encore dit sur la crise du coronavirus… Des perspectives économiques sombres pour le second mandat de Macky Spécial

La crise sanitaire provoquée par le coronavirus s'apparente pour les économies africaines et les marchés financiers à une perspective noire, à savoir un choc externe imprévu et majeur. Au Sénégal, après des manifestations contre la hausse des factures d’électricité, les grèves des enseignants et des étudiants pour des indemnités  à percevoir ou des bourses qui tardent à être payées, les paysans qui n’ont pas encore fini d’épiloguer sur la campagne d’arachide, ou même des chômeurs en quête perpétuelle et vaine d’emploi, voilà qu’on a un invité de marque, le coronavirus qui n’est certes pas le bienvenu, mais qu’on va véritablement prendre en charge dans les grosses dépenses, faussant du coup toute prévision économique.

Apparue mi-décembre en Chine, l'épidémie qui s'est propagée à une cinquantaine de pays, a entraîné des changements profonds. En Chine, n’en parlons pas, mais ailleurs comme au Sénégal, déjà avec plus de 1000 milliards FCFA transférés par les émigrés, des montants qui suscitent une grande bouffée d’oxygène pour les familles et pour l’économie nationale, il n’y a aucune raison, sauf miracle bien sûr, ou sauf si les premiers barils de pétrole commençaient à sortir de mer, d’espérer de grands changements positifs, surtout pour les économies extraverties et tournées vers l’extérieur. En filigrane, et en prévision, ce ne serait pas une surprise si l’on annonce une baisse du taux de croissance de l'économie. Et là, le coronavirus aura forcément bon dos !

La crise du coronavirus, qui secoue les marchés depuis quelques jours, doit être comprise comme un choc externe de type "chat noir", c'est-à-dire exceptionnel, sans précédent. Personne ne peut évaluer aujourd'hui précisément l'évolution de l'épidémie, sauf les aventuriers dans la spéculation. Et comme on compte beaucoup sur l’extérieur, du moins, nos productions alimentaires sont généralement complétées par les importations, il y a lieu, pour nos autorités de parer à toute éventualité. Il faut le dire et le répéter: Dès lors que personne ne peut prévoir la fin de l’épidémie, dont les conséquences sont telles qu’aujourd’hui, les grands pays producteurs ferment leurs frontières et leurs produits avec, l’Etat sénégalais devait rapidement mettre en place une structure de veille et d’alerte sur les produits à consommer et l’évolution et la disponibilité des stocks. De la même manière qu’on met en place des structures sanitaires de prise en charge, on devrait aussi par la même occasion, utiliser des milliers de jeunes sans emploi, les former en deux ou trois jours dans la sensibilisation auprès des ménages, dans les écoles, les daaras, les lieux de fréquentation de masse. C’est l’occasion aussi, et là c’est un vœu, pour les enseignants, de mettre à profit les jours de débrayage et de grève pour se mettre à la disposition de la société qui les a formés, recrutés, entretenus. En quoi faisant, en portant la communication du gouvernement par les séances de sensibilisations aux populations sur les mesures de prévention, d’hygiène, de prise en charge de certains aspects liés à l’hôte du Sénégal qui est le Covid 19.

En définitive, l’Etat doit inviter les populations à se baser sur les risques d’évolution du coronavirus, avec toutes les conséquences qui pourraient être produites, et dire, de manière claire, ce qu’il convient de faire dans les domaines de l’économie en période d’épidémie mondiale. Le nombre de nouvelles contaminations paraît ralentir en Chine mais ne fait que commencer sa phase d'accélération dans nos pays. ‘’Cette période est susceptible de durer au moins jusqu'à ce que la trajectoire de la contamination hors de Chine passe elle-même à sa phase de décélération", écrit Didier Saint-Georges, membre du comité stratégique d'investissement de Carmignac. "Sur le plan économique, cette période qui voit les gouvernements invités par l'opinion publique à prendre des mesures conservatoires fortes peut avoir un impact immédiat sensible sur la demande mondiale", renchérit-il.

Youssouf NDIONGUE                                    

 

 

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