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Forcing pour un 3ème mandat, besoin de rayonnement de la démocratie, âge trop avancé, désir de changement … Pourquoi Alpha Condé ne sera pas réélu le week-end prochain

Forcing pour un 3ème mandat, besoin de rayonnement de la démocratie, âge trop avancé, désir de changement … Pourquoi Alpha Condé ne sera pas réélu le week-end prochain Spécial

Alpha Condé est-il en train de vivre ses derniers jours à la tête de l’Etat Guinéen ? Tout porte à le croire au regard des indices significatifs et évocateurs recueillis depuis quelques temps et qui pourraient donner des tendances sur les résultats du scrutin du 18 octobre 2020 qui le laisseraient loin derrière les potentiels adversaires dont le profil de gagneur est beaucoup plus perceptible.

On ne devrait pas compter sur les Guinéens pour élire un président qui marcherait avec le bâton à l’aube d’une ère nouvelle qui voit leur pays doté d’une richesse naturelle insolente. A 84 ans, on n’est pas loin de la sénilité, mais Alpha Condé, né le 4 mars 1938 à Boké en Basse-Guinée, refuse de quitter le pouvoir après son deuxième et dernier quinquennat, quid à forcer les barrages. Pour l’élection du week-end prochain, il va, anticonstitutionnellement, ‘’re-re-briguer’’ le suffrage de ses compatriotes pour qui, la date du 18 octobre 2020, marquera inéluctablement la fin d’une époque et le début d’une ère nouvelle en Guinée voisine du Sénégal.

En effet, quand le 22 septembre 2019, depuis New York où il se trouvait, le Président Condé a appelé les Guinéens à se préparer à un référendum et à des élections, accréditant la thèse qu’il veut se maintenir au pouvoir malgré la détermination manifeste de ses concitoyens, le monde entier venait d’être averti des intentions manifestes d’un autocrate aux ambitions démesurées. Ainsi, plusieurs mouvements étaient créés pour s'opposer au projet d'Alpha, mais, beaucoup d’entre eux ont été interpellés lors de manifestations émaillées d'incidents, avant d'être relaxés par la justice. Le 7 novembre dernier, à Conakry, d’autres acteurs de la société civile et des partis politiques, avec leur drapeau national, ont manifesté à Conakry contre le troisième mandat du président guinéen. Il est clair que, tous,  ne lui pardonneraient jamais le forcing orchestré pour valider une 3ème candidature. Et certainement cela se traduira par un vote massif et se concrétisera dans les urnes pour simplement sanctionner l’homme fort de ce pays friand de démocratie. En ce début d’octobre 2019 et jusqu’au mois de février 2020, un autre collectif plus balèze avait lancé la mobilisation contre le désir fou M. Condé. Cette forfaiture signifiait à leurs yeux une porte ouverte à une possibilité de présidence à vie. Résultat des courses poursuites, au moins 30 civils et un gendarme sont tués.

Mais, dans une de ses interventions recueillies par les médias, le principal opposant du régime, potentiel candidat à la succession de Condé, Cellou Dalein Diallo, déclare : «Alpha Condé a trahi son serment, il a violé la constitution, il n’a pas plus les capacités physiques et intellectuelles pour diriger ce pays. Même pour tenir une réunion de plus de 2h, la vision conférence semble être sa nouvelle formule ». Ce qu’il faut comprendre dans cette sortie, c’est qu’en fait, l’heure de la retraite a sonné depuis longtemps pour celui qui, au soir du 18 octobre de ce mois, sera certainement considéré comme le désormais ex-président de la Guinée. Maintenant, pour amorcer la dynamique d’un changement en profondeur de la Guinée et faire rayonner sa démocratie, le peuple dans sa majorité attend qu’il quitte tout simplement, surtout que dans son propre fief, des voix se sont élevées pour le disqualifier.

Quoi qu’il en soit, cette élection reste difficile pour Alpha Condé qui semble avoir des difficultés dans son propre fief au point de présenter publiquement des excuses auprès de son plus fidèle bastion électoral de Sigiri en ces termes : « Si vous êtes fâchés, je mets mes deux bras au dos pour vous demander pardon ». Au même moment Me Ibrahima Fofana, membre fondateur du parti d’Alpha Condé demandait à son vieux compagnon de parti de quitter le pouvoir dans l’intérêt de la Guinée. Ce sentiment d’abandon commence à atteindre tous les rangs du parti au pouvoir avec les vagues de démission en masse enregistrées récemment : deux poids lourds viennent troubler le sommeil d’Alpha Condé dans son fief ; d’une part Dr Ousmane Kaba, un candidat très sérieux et dont le parti a fait d’énormes progrès dans le cadre de son implantation dans la région (Haute Guinée). Maitre Abdoul Kabélé Camara, ancien bâtonnier et plusieurs fois ministre et originaire de Coyah, dans la périphérie de Conakry (Basse Guinée) est aussi venu grignoter dans l’électorat d’Alpha Condé. Récemment, des vidéos circulent où l’homme fort du régime envoie des coups de poing à un de ses proches collaborateurs. Ce dernier, surpris par l’attitude de son chef, évite ces directs violents, avant de livrer un petit cinquante mètres afin de s’échapper carrément de la furie de son président, une scène qui a émerveillé le monde entier, tout comme l’autre vidéo vue dans les réseaux sociaux où Condé, devant une foule de personnalités, contredisait un haut dignitaire en tirant de force sur sa barbe. Ce sont ces genres de scène qui irritent les guinéens au point qu’ils ne veulent plus d’un autocrate violent.

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